‹ Dernieres chansons 1834 a 1854 de P.J. de BerangerChapitre 55 sur 133 · PUIS D’OISEAUX · texte numérisé non relu

PUIS D’OISEAUX

POI1R MON ANMVERSAIRi:

Aui : Ainsi jadis un grand proplirlo.

Je cultiviiis un coin de terre Dont les ombrages m'enchantaient.

Là, (|iiand je rimais solitaire,

Dans mes vers mille oiseaux chantaient.

Me voilà vieux ; plus rien n’éveille Ces bosquets jadis si peuplés.

En vain l’écho prête l’oreille :

Tous les oiseaux sont envolés.

()uel est, dites-vous, ce domaine?

Eh ! mes amis, c’esl la chanson,

Où mon vieil esprit, hors d'haleine, Court battre en vain chaque buisson.

De mes ans sur l’cmclos modeste Les frimas sont accumulés;

Pas un roitelet ne me rest«*.

Tous les oiseaux sont envolés.

Que le riche été se couronne Des épis que nous attendons ;

Qu'à nos yeux roiigisse l’automne.

Plus d’oiseaux pour chanter leurs dons.

UE BÉRA.NCEIl.

lit"

En vain le prinlemps ressuscite Les fleurs sur nos bords consolés ;

Lorequ'à clianter l’amour invite,

Tous les oiseaux sont envolés.

L’est mon hiver qui les etfraye;

Ils ne reviendront plus au nid.

J’en juge aux vers que je l)égaye Quand l’amitié nous réunit.

Antiei’, toi que mieux elle inspire,

Chante nos beaux jours écoulés;

Trompe l’écho prêt à redire :

Tous les oiseaux sont envolés.

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