DE B É H A N G E H
ST
Combien de brillants jeunes hommes!
Qu’ils laissent d’amours «à Paris!
Nous, paysannes que nous sommes, N’aurons point de si beaux maris! »
Devant Rose, brune élancée,
Un jeune officier fiasse alors :
« Amis, voilà ma fiancée;
Comptez, dit-il, Ions ses trésors :
OEil vif, teint rosé, fine taille Oui, dans un an, à pareil jour,
Je l’épouse, si la mitraille Permet de vivre à mon amour. »
Ces mots d’un fou, dits au passage,
Tu les entends, car tu rougis,
Rose, et, sans rien voir davantage,
Tu rentres rêveuse au logis.
Depuis, Rose à part soi répété Ces mots qui lui semblent si doux;
Et, chaque soir, sur sa couchette.
Pour l’officier prie à genoux.
Un an de rêves ainsi passe.
Le jour qu’il fixa brille enfin.
L’aube entrevoit Rose qui lace Pour lui son corset le plus lin.
N’entend-on pas quelque bruit d’armes?
Elle écoute, sort, rentre, sort ;
Attend, attend, et, toute en larmes,
A minuit s'écrie : Il est mort’
SS