‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 30 sur 182 · DE B É H A N G E H · texte numérisé non relu

DE B É H A N G E H

ST

Combien de brillants jeunes hommes!

Qu’ils laissent d’amours «à Paris!

Nous, paysannes que nous sommes, N’aurons point de si beaux maris! »

Devant Rose, brune élancée,

Un jeune officier fiasse alors :

« Amis, voilà ma fiancée;

Comptez, dit-il, Ions ses trésors :

OEil vif, teint rosé, fine taille Oui, dans un an, à pareil jour,

Je l’épouse, si la mitraille Permet de vivre à mon amour. »

Ces mots d’un fou, dits au passage,

Tu les entends, car tu rougis,

Rose, et, sans rien voir davantage,

Tu rentres rêveuse au logis.

Depuis, Rose à part soi répété Ces mots qui lui semblent si doux;

Et, chaque soir, sur sa couchette.

Pour l’officier prie à genoux.

Un an de rêves ainsi passe.

Le jour qu’il fixa brille enfin.

L’aube entrevoit Rose qui lace Pour lui son corset le plus lin.

N’entend-on pas quelque bruit d’armes?

Elle écoute, sort, rentre, sort ;

Attend, attend, et, toute en larmes,

A minuit s'écrie : Il est mort’

SS

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