‹ Dernières chansons de P.J. Bèranger 1834 à 1851 avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 43 sur 182 · LA TOURTERELLE ET LE PAPILLON · texte numérisé non relu

LA TOURTERELLE ET LE PAPILLON

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LA TOURTERELLE

Vous, gémir, papillon charmant!

D’où vous peut venir la tristesse?

Nature avec délicatesse Vous brode un si beau vêtement!

Des plaisirs vous êtes l’emblème.

Près de la rose qui vous aime, Vous, gémir, papillon charmant !

LE PAPILLON

Tourterelle, chère aux amours.

Hélas! j’ai perdu mon amie :

Un enfant l’a prise endormie Sur un lis, et voilà trois jours.

Tout m’est deuil, deuil sans espérance.

Qui sent mieux que vous ma souffrance, Tourterelle, chère aux amours?

LA TOURTERELLE

Beau papillon, consolez-vous :

Vous plairez à d’autres amantes.

Les tourterelles sont aimantes,

Mais sans excès pour leurs époux.

Si l’un part, d’un autre on s’affole.

Meurt-il, on pleure et l'on convole.

Beau papillon, consolez- vous.

LF. PAPILLON.

Tous deux ensemble étions éclos ; Ensemble avions pris la volée;

Tous deux allant par la vallée,

Par les champs, les prés, les enclos; Dans l’air nous nous touchions de l’aile.

Je ne sais pas vivre sans elle.

Tous deux ensemble étions éclos.

LA TOURTERELLE

(Juoi ! les papillons sont constants !

Et c'est nous qu’on prend pour modèles !

Même il se peut qu’ils soient fidèles :

Le papillon vit peu d’instants.

Fiez-vous donc aux vieux adages !

lie.

Les tourterelles sont volages,

Et les papillons sont constants*!

LA (î U ER RE

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