‹ Dernieres chansons de P.J. de Béranger, 1834 a 1851, avec des notes de Béranger sur ses anciennes chansonsChapitre 140 sur 149 · L'ENRHUMÉ · texte numérisé non relu

L'ENRHUMÉ

Note LXXXV1II. — Au sous-titre. — Voici encore un vaudeville dans l'ancien genre. Celui-ci n'eut de succès qu'au tribunal et par une circonstance assez singulière.

L'auteur avait mis à Pavant-dernier couplet :

Mais la Charte encor nous défend.

Du POÏ t'est l'immortel enfant ;

Il l'aime, on le présume.

Oui, mais papa, gardant la dot, Traite sa tille comme Lolh.

L'imprimeur fut effrayé par ces deux méchants vers, auxquels Béranger tenait peu, et demanda qu'on les laissât en blanc. Contre son habitude, l'auteur s'empressa d'y consentir, voyant bien quel parti la malice publique tirerait de celte lacune. Il ne s'était point trompé, et ces blancs furent matière à la plus vive accusation de la part de Harctaangy. Rien de plus plaisant et en même temps de plus odieux que de l'entendre accuser le silence de l'auteur à propos de ces deux lignes de points. Dupin tira un excellent parti de ce passage du réquisitoire.

Béranger n'eut jamais envie de rétablir les deux vers, tant ils lui semblaient au-dessous de l'idée que le public s'en était faite

Les deux ministres nommés dans le cinquième couplet sont \l\l. Sitnéon et l'asquier. [Note de Béranger.)

Quelques personnes, dans le silence de l'auteur, avait suppléé ainsi aux vers manquants :

Quedis-je? moi j'en suis certain; Mais les ultras n'en croiront rien.

[Note de l'Éditeur.)

Page 1