A FÉE AIN RIMES
U \ ni \ R1ERS PORTES
Voici la fée; oui, c'esl la fée aux rimes. Fille du ciel qui vient nous consoler.
Sa voix ajoute aux chants les plus sublimes; Mais prenons garde; elle peul s'envoler : Voyez, amis, ses deux ailes si grandes. Hausses deux mains, où puisent ses amants, Brillent rubis, perles et diamants
Pour l'aire aux muses des guirlandes.
— Combien de maux ta voix charme ici-bas ! i
\imable fée, ah! ne fuis pas, Bis
Ali ! ne luis pas.
Je n'ai p»i indiquer tous les métiers qui comptent des poètes el des versificateurs plus ou moins connu--, plus ou moins habiles; mais j'ai omis avec intention les typographes, parce que la plupart ont reçu île l'instruction, el que d'ailleurs leur profession leur rend les études littéraires Faciles ;
DE Ci. P. A NT, El!. ISCi
Le sage en vain nie : « Arrête, âme folle! » Un pauvre enfanl. doux, au front nuageux. Qu'elle a séduit au sortir de l'école, Contre son joug courl échanger ses jeux. Dès lors, aux champs, dans les bois, sur lesgréves, Chercheur d'échos, par elle il va penser. Meurt-il obscur, elle vient le bercer De bruits de gloire el de tonus rêves.
— Combien de maux ta voix charme ici-bas! Aimable fée, ah ! ne fuis pas.
Ah ! ne fuis pas.
Si les cités consacrent sa puissance.
Elle est de fêle au foyer des hameaux. Mais d'ouvriers une foide l'encense :
A ses faveurs, quels droits ont-ils? Leurs maux. Il faut si peu pour rendre le courage A tons ces cœurs par la fièvre agités! La lionne fée en leur disant : Chantez! Donne à leur soif l'eau d'un mirage.
— Combien de maux la voix charme ici-bas! Aimable fée, ah ! ne fuis pas.
Ah ! ne fuis pas.
Nous verrons, grâce aux fleurs que l'immortelle Mêle aux tranchets, aux limes, aux rabots, A la navette, au pic, à la truelle, L'arl sans étude el la gloire en sabots.
Ii>-. livres les viennent trouver; il faut que les autres ouvriers les cherchent, el c'est déjà un mérite dont un doit leur tenir rompie. (Note de ïtérmger.)
df-hnikïies chanson
Ces artisans chantent, frondent, racontent : Le peuple parle; hier il bégayait.
Mu haut du trône on s'écrie, inquiel .
Voici les voix d'en bas qui montent.
Combien de maux ta voix charme ici-bas '
Aimable fée, ah ! ne fuis pas, Ali ! ne fuis pas.
Etends, ma fée, étends sur eux tes ailes; Parfume l'air de leurs obscurs abris.
Qu'un peu de vin, non le vin des querelles, Le vin de joie, éveille leurs esprits. A leur liqueur mêlant ton ambroisie, Fais qu'à mon nom, un jour ils disent tous : Gloire à ses chants! C'est lui qui jusqu'à nous
Fil descendre la poésie.
— Combien de maux ta voix charme ici-bas !
Aimable fée, ah! ne fuis pas. Bis.
Ali ! ne fuis pas!