‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 112 sur 136 · LE DIEU DES BONNES GENS · texte numérisé non relu

LE DIEU DES BONNES GENS

JNoTE LXVllI. — Au titre. — C'est vers le milieu de 1817 que Déranger lit le Dieu des bonnes gens. .lusque-là c'était toujours avec une espèce de timidité qu'il avait tenté d'élever le ton de la chanson. Enhardi par le succès, il osa davantage cette fois; mais la frayeur le reprit quand il eut terminé ces couplets. Pour expliquer cette frayeur, il faut dire qu'il était reyu au Caveau qu'il ne' fallait point mettre de poésie dans la chanson. Déranger avait souvent entendu professer celle doctrine i)ar Armand Goufi'é. Aussi Irembla-t-il fort lorsque, pour la ])ren)ière fois, dans une réunion d'hommes de lettres, il se hasarda à chanter le Dieu des bonnes gens. Les applaudissements (lu'il obtint furent tels, que, dés ce moment, sûr de pouvoir dépenser dans ce genre le peu qu'il se sentait d'idées poétiques, il renonça à tout autre et conçut l'esjjoir de donner à la France une poésie chantée, ce qu'elle n'avait pas, selon lui, malgré la sublimité de beaucoup de nos odes et l'excellence de plusieurs passages de nos o])éras. l'our arriver à cela, il fallait continuer à se servit de nos airs de ponts-neufs, convenablement entremêler les tons, ainsi que notre langue pouvait l'exi-^ ger, s'attacher de plus en plus à dramatiser ses petits poëmcs, et sut tout s'astreindre au refrain, frère de la rime, quelque prix qu'il en dtit coûter; car Déranger avait souvent observé que, sans refrain, la chanson ne réussissait pas, et il tint dès lors à faire tout ce que le genre exigeait pour y obtenir davantage et l'élever enlin à la haiileur des sentinienis et des idées que la chanson lui

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