‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 130 sur 136 · MA LAMPE · texte numérisé non relu

MA LAMPE

iNoTE XC. — Au soius-iilre. — Béranger connaissait fort peu madame Dufrénoy lorsqu'il fit cette chanson pour la remercier de l'envoi de ses poésies. Celte dame lui en ])rouva sa reconnaissance en célébrant sa jjremière captivité. Il lui savait surtout gré d'être restée femme dans des vers dont la sincérité n'est certes ])as li; seul mérite. Pourtant il reconnaissait qu'ils auraient besoin d^^ plus de travail; mais c'est ce dont les femmes poètes ne sont presque jamais capables. Un peu plus de travail est peut-être tout c(; qui manque aussi aux vers de madame Tastu, qui jouit mainlenanl d'une réputation si méritée et pour le moins égal(> à celle que madame Dufrénoy eut de son temps. Mademoiselle Delphine Cay " fait mieux le vers que ces deux dames; mais il lui manipic d'autres qualités qui semblent être leur partage. C'est au moins le jugement qu'en portent i»lusieurs personnes et qu'en portait

'■ Madame Kmile deGiiardiii.

■ilC> .NOTES

Boiaiiger lui-uuîuie. Du reste, il ne croyait pas les l'euimes propres aux soins mécaniques de la versification, qui, selon lui, étaient un grand élément de la durée du succès. Il disait toujours : « Malheur à qui n'est pas bon ouvrier! Mais aussi malheur à qui n'est que cela! » (Note de Béranger.)

LE BON DTEU

Note XCl. — An titre. — « Est-ce ainsi que Platon parlait de Dieu? » s'écria, à propos de cette chanson, Marchansy dans son réquisitoire. !Non, certes; mais Aristophane ne j)ailait jias des dieux comme Platon. Béranger, dont la croyance en l'Auteur de la nature ne put jamais être mise en doute, puisqu'elle est attestée par ime continuelle inspiration qui perce dans ses moindres productions, et par l'espèce de profession de foi qu'il ne cessa de faire à cet égard, Béranger, en faisant la chanson du Bon Dieu, n'eut pas l'idée de commettre une impiété, il s'en faut. 11 prit, cette fois, Dieu comme nos religions l'ont fait dans la tête tiu peuple, et non comme lui-même l'avait conçu. C'est celte idole grossière qui lui servit de cadre pour des couplets dont la morale, après tout, est plus en rapport avec l'Evangile que celle de nos jésuites intolérants. Marchangy le savait, mais c'était ce qu'il poursuivait dans la popularité de cette chanson. {Noie de Béranger.)

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