‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 46 sur 136 · ET · texte numérisé non relu

ET

LKS DEFAUTS

Aïk : Faiil (V la vertu, pas troj» n'en laut.

L'homme, l\ soixante ans, calme et grave Au eoin de son feu devient roi.

Mais, jeune, il vaut mieux, selon moi.

Sous le i)laisir vivre en esclave.

Vous qui sur nous veillez d'en haut, Hendez^moi quelque bon défaut.

Oui* sij^ii subi l'exigence De mes défauts, tyrans iiouibi'euX, Je leur dus bien des jours heureux, Doux larcins faits à l'indigence.

Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.

Bù

15X 1)E1',I\11<:UES CIIA.NSOlNS

Dans les jours (rMimablcs léerics On moule au ciel des deux côlés.

Nous poussons à houi nos gaietés, A bout nos tendres rêveries.

\\)us qui sui' nous veilJez d'en haut, Rendez-moi quelque bon délaut.

Aujourd'hui ma santé nie touche.

A laWe veut-on me fêter,

L'aï ne me l'ait plus chanter.

Et je lui lais petite bouche.

Vous qui sur nous veillez dVn haul,

I\endez-moi quelque l)on détaul.

Je vei'rais danser vingt giisettes Sans penser à rien tout un soir; Sans môme essuyer, pour mieux voir, Les vieux verres de mes lunettes.

Vous qui sur nous veillez d'en haut, Uendez-moi quelque bon délaut.

J'ai troj) égayé la satire :

Ce tort, je ilois le réparei'.

Mais sur ce monde il laid pleuier

Sitôt qu'on n'ose plus en rire.

V^ous qui suj' nous veillez d'en haut,

Uendez-moi (|uel(|ue l)on délaul.

l'erlide eri'eui- de ma jeunesse, Que, bras ouverts, couronne en jnaiii, La Gloire m'accoste en chemin, Je lui dirai : Passez, drôh^sse!

DE BERANGER. Mit

Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaul.

Ilélas ! mes vertus me désolent ; Mais l'âge, qui les fait fleurir, M'ôte la iorce de courir Après mes défauts qui s'envolent.

Vous qui sur nous veillez d'en haut.

Rendez-moi quelque bon défaut.

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