ADIEU
Air : Te souviens-tu, disait un capitaine: OH : Ain nouveau de M. L. Auadie.
France, je meurs, je meurs; tout me l'annonce. Mère adorée, adieu. Que ton saint nom Soit le dernier que ma bouche prononce. Aucun Français t'aima-t-il plus? Oh! non. Je fai chantée avant de savoir lire :
Et, quand la mort me tient sous son épieu, En te chantant mon dernier souffle expire. A tant d'amour donne une larme. Adieu!
Lorsque dix rois, dans leur Iriomphe unpie. Poussaient leurs chars sur ton corps nuililf'-. De leurs bandeaux j'ai fait do la charpie; Pour ta blessure, où mon baume a couh'-. Le ciel rendit ta ruine féconde ; De le bénii' les siècles auront lieu ; (]ar ta pensée ensemence le monde.
L'Égalité fera sa gerbe. Adieu !
I)('iiii-c,(juché, je me vois dans la lombe. Ah! viens en aide à toufe ceux que j'aimais; Tu le doiSj FrancCj à la pauvre colombe Qui dans ton champ ne butina jamais;
DE BKRA.NOEK. -Uô
Pour qu'à tes fils arrive ma prière. Lorsque déjà j'entends la voix de Dieu, De mon tombeau j'ai soutenu la pierre.
Mon bras se lasse; elle retombe. Arlien 1
1 IN DES DEP.MÈRES (.H\>iSONS
lilOr.RAPHIQUES ET LITTÊnMP.ES
s i: ri I.F.S CHANSONS T'URLIKES PAR Ml \VAN\1K-2;;
Dans un oxomplaiiedel'édilioii de 1821, en dedx volumes iii-18, Héianger a placé une centaine de notes écrites sur des feuille^ volantes. « Quelques notes sur mes cliansons, commencées en 1820; — à Perrotin, » a-t-il mis sur la couvertuie du premier soin me.
L'éditeur se réservait déplacer ces notes au bas des chansons auxquelles el^es se rapportent, lorsqu'il entreprendrait une édition déllnitive des œuvres complètes de Déranger; mais, en attendant cette édition définitive, il a paru que le caractère de ces notes, qui sont assez longues, motivait une publication particulière. Elles achèveront de peindre l'homme et de raconter l'histoire du poète *.
\ la fin du second volume de l'c'dition qu'il annotait. Déranger a mis cette note dernière :
-< Toutes les notes comprises dans ces deux volumes ont été écrites avant la Révolution de juillet 1850. L'auteur ne croit pas devoir y faire de changements. Quand elles verront le jour, ce qui ne sera ])robablement qu'après sa mort, il faudra peutêtre que l'éditeur prenne la peine de les revoir et d'en expliquer nu d'en compléter quelques-unes, au risque d'ajouter des notes à des notes, si tout cela mérite d'être publié. »
Ces notes, écrites de 1826 à ISôO, précèdent de dix ans le travail que Déranger a composé sur sa vie : ce sont comme des matériaux préparatoires.
' Dp ctMto manière, tous les anciens souscripteurs des Cliiinsuiia de Beron- (jer posséderont ces ÎSotes sans avoir à acqnérii' d'édition nouvelle. Dans l'éflition in-8, et dans l'éHilion in-r.i des (ouvres post tînmes, elle»; suivent Ma Ilioqrdphie-
On trouvera donc ici quelques remarques et quelques pensées qui se retrouvent dans Ma Biographie, exprimées quelquefois d'une même manière; on y trouvera aussi des remarques et des pensées nouvelles. A la suite de l'histoire générale de Réranger, ces écrits biographiques et littéraires ont une physionomie particulière qui a son prix. Ce n'est pas un de leurs moindres mérites que de faire en détail l'histoire de ses plus importantes chansons. Bérangery a marqué plus vigoureusement que partout ailleurs la Irace des etforts qu'il a faits pour donner à la chanson un rang dans la littévatnre et pour sontenii- son rôle de 1815 à 1830. {VKdUeur.)
I> R E :\1 f K W F; V W \\ FACE (181 5 )
-Note I. — Au tire. — Cette préface, que le libraire Eymeri exi. gea, se trouve en tète du volume de chansons publié chez lui en novembre 1815 et qui porte la date de I8lt). Ce volume, qui contenait à peu prés les quatre-vingts premières chansons des éditions postérieures, ne donna lieu contre l'auteur à aucune poursuite, et l'on ne parut même pas penser alors à lui ôter la modique place d'expéditionnaire qu'il occupait dans les bureaux de l'Université depuis 1809.
Plusieurs de ces chansons furent pourtant incriminées en 1821, lors de leur réimpression et malgré la prescription invoquée.
Longtemps après la publication de ce premier volume, on fit savoir à Béranger que, s'il en publiait un second, où se trouveraient les nouvelles chansons qui couraient manuscrites ou disséminées dans quelques recueils, on se verrait contraint de lui ôter sa place. Cette espèce de menace ne l'empêcha pas de faire cette publication, dont le j)remier résultat fut de lui lavir son seul moyen d'existence'. Il est vrai d'ajouter que la vogue de cette seconde publication fut telle, qu'il en tira de quoi satisfaire;» des besoins que son amour de l'indépendance a toujours su modérer. Aussi a-t-il souvent répété f[u'il s'était corrompu dans la prison de Sainte-Pélagie, parce (|u'il y avait eu pour la première fois de sa vie des rideaux à son lit et du feu. Il ajoutait, en sortant de la Force, après neuf mois de détention, que là il avait pris l'habitude d'être servi, lui qui jusqu'alors s'était presque toujours servi lui-même. {Note de Béranfjcr.)
Le recueil de 182! contenait cent soixante-deux chansons, du Roi d'Yvetol au Cin/j Mai C'est à ces cent soixante-deux chansons seules (jue se )a|ipurtcnt les notes inédiles de llérani^ei'. ^ote ilr ll'iilllnir.\
' Vov. V/i }ii< iiniphic. VâWiou in-S, )i. l'iT.^
Note 11. — A la ligne : C'est rie l'écriture de Collé. — Collé, auteur de la Partie de chasse de Henri IV, est le plus varié et le plus spirituel des anciens chansonniers français. ?es couplets, p)'esque toujours graveleux, sont les fruits d'une observation fine et d'une gaieté mordante. 11 a laissé des mémoires recommandahles par quelques anecdotes piquantes, mais où règne parfois un ton d'humeur qu'on ne s'attend pas à y trouver. Collé, dans son extrême jeunesse, avait entrevu la Régence; il passa une partie de sa vie auprès des grands. Malgré cola et en dépit de la licence rejnochée à ses chansons, il a laissé la réputation d'un homme honnête et do mœurs pures. 11 mourut en 1782. (No/r de liera iiger.)
t ollé, cousin de Regnard et ami de Panard et de Gallet, dont parlent les notes inédites de Déranger, est né en 1709. Le recueil complet de ses chansons a été publié en deux vol. in-18, 1807. Ses mémoires (le Journal historique), qui sont une œuvre de satire (trois vol. in-8*), ont paru del80oà 1807. [Note de t' Éditeur.
Note III. — A la ligne : Conversation entre mon censeur et moi. — On sent que l'auteur fait ici une supposition pour excuser plusieurs parties de son recueil, nécessité que le libraire lui avait imposée. Du reste, il y avait quelques rapports réels entre le chantre de Marotte et le chansonnier de 1815. (yote de Béranger.)
Note IV. — A la ligne : Chansons que mon censeur n'a pas dû me passer. — Collé publia en effet sous ce titre un recueil chantant dont la licence peut effrayer les censeurs les moins sévères. {Noie de Béranç/er.)
Note V. — A la ligne : Vous, monsieur Collé, qui avez pour protecteur un prince de l'auguste maison dont vous avez si hien fait parler le héros. — Cette note de Béranger manque. Elle eût fait allusion à la ressemblance qu'il y avait entre Collé, protégé du duc d'Orléans, fils du Régent, et auteur de la Partie de chasse de Henri IV, et Béranger, qui, devant à Lucien Bonaparte de si utiles encouragements, chanta la gloire de Napoléon. (Note de l'Éditeur.)
Note VI. — .Au commencement du posf-scr/ptiim. — Telle était la préface du premier volume publié en 181r). Dans l'édition de 18-2! , laite en deux volumes, l'auteur a ajouté à cette préface le poslscriplum suivant (voir ce post-scriptu?n]. Béranger a toujours regretté d'avoir été obligé de faire une préface à ses chansons. 11 n'aimait ]ias à éci ire en prose et ne s'en croyait même pas capable. Aussi fut-il affligé de voir toujours ses libiairos vouloir réimprimer ce morceau, ([u'il jugeait être mauvais, et dont le ton d'ailleurs ne convenait plus aux productions qu'il a ajoutées ;"i celles de son premier volume. {Note de Béranger.)
r.R ROT D'YVETOT
Nnir VII. — 1;/ //7/v. — l.ni-sqn'on 181" roWo chanson rounil
us NOTES
manuscrite, elle fut regardée comme un acte de courage, tant alors l'esprit d'opposition était éteint en France. L'auteur n'étant pasconnu,on l'attribua d'abord à plusieurs personnes marquantes. Cependant la police parvint bientôt à savoir de qui elle était. Béranger, qui n'avait jamais eu l'intention d'en faire un mystère, rendit les recherches faciles. 11 faut dire à la louange du gouvernement impérial que l'auteur n'éprouva aucune persécution à ce sujet et que sa petite place lui fut conservée.
Tne vieille tradition veut qu'en réparation d'un crime commis par un roi de la race mérovingienne, un seigneur d'Yvetot, ville de Normandie, obtint que son petit domaine fût érigé en royaume. Malgré l'autorité des critiques éclairés qui ont contesté, avec toute vraisemblance, l'authenticité de cette tradition, elle subsista fort longtemps et subsiste peut-être encore dans quelques provinces.
H existe une histoire de ce prétendu royaume. (Noir de Ticranger.)
11 y a plusieurs histoires du royaume d'Yvetot, et on^e saurai I (lire à laquelle Déranger fait allusion. On peut en effet citer divers auteurs qui, à des points de vue différents, se sont occupés de ce royaume. (Note de l'Kdileur.)