‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 17 sur 119 · I.K MAT K LOT BRKTÜX · texte numérisé non relu

I.K MAT K LOT BRKTÜX

Am lin vniulevilln de la l’elile fioinenianle.

Lp.s Rnis vendariRours du villaRp Dinent ci l’omlire au Iwrd d’un (‘liani|».

l'asse un inatclol (|ui voyage, l’ieds nus, et qui siffle en inarchanl.

« — Jeune homme, que Dieu I ’aeeompagne !

D’un amoureux lu vas le pas.

— Je suis enfant de la Bretagne.

El ma mère m’attend là-bas.

« — D’où viens-tu? — Des rives du Oange, f)ù j’ai failli périr au port.

Sauvé des flots par mon Iwn ange,

Des .Anglais m’ont pris à leur bord.

(irâce à leui' brave, capitaine.

Prisonnier chez nous autrefois,

Je viens de voir dans Saint e-Héléne Eelui qui fait si peur aux rois. »

A ces mots, découvi-ant leur tète,

Les villagi'ois de crier tous :

" — Quoi! lu l’as vu! Viens, qu’on le tête!

A sa gloire liois avec nous Bevicnt-il ? Qu’ai tend-il encore ?

Sans berger <pie peut le l|•ou|»eim?

IIFl! MKIIF.S CHWSONS

A nos riocliei s quaiui donr l'anrorf Salne]îi-l-cll(‘ son drap<’aii?

— .îo no sais pas ro qn'il môililo;

Mais lo capitaino, an rolonr,

Kn «ioooiivranl l'ilc inaudilo.

SVcria ; Quel afl’reiix séjour!

Knlerro)- dans ce vieux craléro Taiil dejiîénie et de valeur!

Knfauls, resperl à rAnglelcrre;

Mais aussi resperl au inallieur!

ic (.oiiinie il Siwait qu’en mon jeune à^e .l'appris l’anglais sur un jwnlon,

Dans re port, me dil-il, sois sage,

Kl parle bas, petit Breton.

Là, règne un monstre <le police;

Drains qu’lludson ne te voie eri-anl.

Serpent venimeux, il se glisse •lusipi’au nid de l’aigle mouranl.

.( .Mais au poi l, où je desreiids vite.

Du m'indique un point au rourliant Que l’Empereur souvent visite.

.l’y cours, j’y grinqM' en me cai lianl.

l'api sons un roc, là, j’espère.

Muni de pain pour quelipies sons.

Voir passer celui dont mon père Disait : C’est notre père à tous.

Il .l’y reste eu vain deux nuits entières.

Quand, désolé, je m’en allais,

nr. BKIiAKGF.r..

S’élance d’arides bruyères Un des pins jolis oiselets.

Sur ma tète il vole, il tournoie,

Mêle un cri doux à ses ébats.

Al)! c’est le ciel qui me l’envoie; J’entends qu’il dit : Ne t’en va pas.

« Dieu soit béni! car, sur la roule, Dans un groupe aussitôt paraît Un homme. Lui ! c’est lui, nul doute.

0)1 n’ai-je pas vu son porl)'ait?

J’en crois naon cœur qui bat plus vite, Et l’oiseau, cet avant-coiu’eur,

A genoux, je me précipite,

En criani : Vive l’E)npemir!

« — Qui donc es-tu, brave jeune bomnie?

Me vient-il di)’e avec bonté.

— Si)’c, c’est (jeoffroy qu’on n)e non))ue ; Je suis un Bi eton entété.

Faut-il porter quelque parole A vos amis? J’y vais courir.

Même à la mort s’il faut qu’on vole,

Sire, pour vo))s je veux mourir.

« — Fi’ançais, mwci. Que fait ton père?

— Si)'e, il dort aux neiges d’Eylau.

A))prés de vous mon plus gi and frère Momait content à Waterloo.

Ma méi-e, bonnète cantinié)’e,

Rev)nl, en plein-ani son époux.

DERMÈHES CHANSONS

Au pays où, dans sa chaumière,

Cinq enfants priaient Dieu pour votis.

« — Peul-«‘lre est-elle sans ressourre.

« Dil-il ému; tiens, prends reci;

« Pour ta mère, prends cette bourse :

« C'est peu; mais je suis pauvre aussi. »

.le haise la main qu'il me livre :

— Non, sire, ;;ardez ce trésor.

Nous, toujours nos bras nous font vivre; Pour vos liesoins gardez cel or.

« Il sourit, me force à le prendre;

Puis du doigt m'indique avec soin Comment au port il faut descendr('.

Et des gardes me tenir loin.

— Ah! sire, que n’ai-je des armes!

Mais il s'éloigne soucieux,

El longtemps, à travers mes larmes.

Je reste à le suivre des yeux.

« Je rejoins sans mésaventure Le vaisseau, qui déjà parlait.

Le capitaine, à ma figure.

Devina ce qui m’agitait.

— Tu l’as vu, se prend-il à dire;

C’est hien. Tu prouves qu’aujourd'lmi.

Plus que les grands de son empire,

Le jieuple a souvenir de lui.

« M’enviant un bonheur semblable.

Tout l’équipage m’admirait.

DE nÊn\N(;Kn.

Et le capitaine à sa table

M’admit le quinze août, moi, pauvret

(Combien je pris terre avec joie !

Sûr de dire en rentrant cliez nous :

Mère, de l’or qu’il vous envoie 1/Einpereur s’est jirivé pour vous.

•< Avec plus (le ferveur encore Elle va prier Dieu pour lui.

Sachant quel climat le dévore.

Sachant ses maux et son ennui.

Six mois de plus d’un tel martyre.

Et peut-n’-lre sur ce coteau IlienhM. reviendrai-je vous dir(* :

Il u’(*st plus : j’ai vu son toml)eau. »

(u’offroy se tait; et du village Femmes et filles tout d’abord,

L’ieil eu pleurs, vantent son courage Et du captif plaignent le sort.

Les hommes sont émus comme elles :

« Honneur, répètent-ils entre eux,

« \ qui nous donne des nouvelles » Du grand Empereur malheureux ' »

ih'.umkuf.s cil wso.Ns

l»A>IK AIKTAl'llYSKtrE

Air (lu iKtlIel des I'IoitoI'.

Un jour dame Métaphysique Me dit ; «Petit rimeiir, allons!

Prends un vol plus philosophique ; Monte dans un de mes ballons.

Je suis la grande aéronaute,

Faisant paître au riel mon IrouiK'au.

Nous y tenons place si haute,

Que Dieu nous ôle son chapeau.

« Jadis j’ai ravi bien des saj;es.

De Platon le ballon puissant transporté dans les nuages Ue chrislianisme naissant.

Fl condiien de docteurs modernes.

Fn ballons d'un vaste appareil,

Vont sans cesse, armés de lanlernes,

A la recherche dn soleil !

« Vois-les tous liattre la campagne,

\ l’ouest, au nord, an sud, à l’esl ; Vois-les inonder l’Allemagne De lonl le sable de leur lest.

Fn France, on pour ma gloire il règne Des mansardes jusqu’aux salons.

DK BKRANr.EU.

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