ST
Il n‘(‘ii dort pas moins trmi bon sonnnc.
N'on l'ail pas moins tpialic repas.
Il vil encor, pelil bonliomnie.
Klil ponnpioi ne vivrail-il pas'.'
l’elil bonhomme vil encore, lib! pourquoi ne vivrait-il pas''
An Parnasse, dès notre anroi e, tresl lui qui nPa marqué le pas.
t^lu'un siècle et plus sa voix sonore blianle aux entants leurs grands-papas!
Petit lionbomme vit emavre.
Kli! pourquoi ne vivrait-il pas''
Il vit encor, pelil bonliomnie.
blil pourquoi ne vivrait-il pas''
Ouaiid des hivers s’àccroil la somme,
On l ève à ses jeunes èlxits.
Plus d’un rayon rècliaidl'e et dore l,i‘ vieux |iin cliargè de t'i imas.
Pelil lionboninie vit eiiciire.
Kli! pourquoi ne vivrait-il pas.'
SI
ItKIl.MI-UES UIANSO.NS
Li: TAMBOLIl-MAJUK
A r.N Jl,l..\E CI'.lïlQl E
Aiii : Ainsi jadis un graml |ii'i)plnHf.
Eh quoi! ji‘niu! et tloelc ciiliiiiie, Vous recourez ù nies :ivis !
Soit! je jireuds le ton closiuiilique, Contri; le hiux. f^oùt je sévis.
Il se peut (lu’au hul je raniùne Quelque esprit las de ses écarts.
■Maint aveuf^le a tiré de (leine Des gens perdus dans les brouillards
Iloinbieu je bais la vaine puui|ie De tous U0.5 vers retentissants 1 Faut-il qu'ainsi l’on te coiaonqie,
U langue si (-bére au bon sens!
Si lu subis la loi hautaine De tous nos bruyanis novateurs, llieiitôt llariiie et la Fontaine ■Vuront besoin de ti'aducteurs.
■\olre nuise dêvergoiidée ,
Uelaisant le inonde à Fenvers,
■ Ce sonl lies aveugles qui souvent servent de guides aiu etrangers pendant les jours de brouillards, si Mimliros et 'i ficqurnts en llullamle. {yote fie flèiaitffrr,)
Illi UKRAMJlilt.
Sous sa l'oi nio én-ase l’idéo, üo pluriels boiii’soulli; ses vers.
Admirez ses monslres lëroces,
Ses vésuves, ses oei'ans,
Ses héros, (jui soûl des colosses,
Ses gloires, qui soûl des iiéanls.
L’art meurt où le goût dégénère, üu'un ]>cuiile ail i ecoiKpiis ses droits.
Il étend son dictionnaire!
Pour suflire à de libres voix.
(a: trésor commun nous d Traie,
.Mais n’y puisons (jii'avec gnmd soin;
altei’ons pas une moniiaie One le i>eupl(! nianpie à son coin.
-\otre langue! aime le mélange Du sublime et du Tamilier,
Kt, l•ebelle à tout lu.xe étrange,
Lrainl le! |n'elant ed l’eH'oIier.
Pour r('‘lo(|UPnce elle» a eles armes.
Pour l’amour de lendivs éM liets;
•Mais a qui veut tirer eles Tirnu's DéTe-nd ele torturer les mois.
Plie e'xige ejue la ]iensée Hégne partout sans Taux alenu s.
\’oyez e-ette foule pressée I) enfants qu’attirent les tambours.
Là se carre un géant vulgaire, Kmpanaché, tout e’Oiisu el’or.
IM-, Il MK II ES CHANSONS
l'oui' eux e'est le dieu de la "uerre :
Vive le Iteau Umiboiir-inajoi !
Mais olisei vez ee |K‘lit lionime Si simiileiiieul vAtu là-bas.
Siii' la iieifie il Faisait un soiiinie
(finaud iiian liaienl ses nombreux soldais.
Il lirend sa lunette, il rt«'anle
Il — tl'esl bien; mes onires sonl reni|tlis.
Dit-il. Faites donner ma frarde.
tjaiel (“St ee lieu? — Sire, Auslerlilz! "
Fel liomme-là, e’esl la iMinsée,
Sans vains ornements, sms grands mots, l’ar la gloire iveompensi-e niiez l’auti'ur ou chez le héros, niii’au bon sens la eritique unie,
Des écrivains réglant l’essor,
Ne soulTre plus que le génie Se déguise en laml>our-majoi .
i;oi'Fit:iKii
Hr h dr tahar.
c \ üdà les hussards; viens. Rosette; Devant la porte ils vont passer.
Ma sæur, viens; j’entends la lromp«‘tte; Tiens! liens! les vois-tu s’avancer?
DK DKDANGF.n.
(Combien de brillants jeunes hommes!
(Ju’ils laissent d’amours à Paris !
•Nous, paysannes que nous sommes,
■N’aurons point de si l>eaux maris! »
Devant Rose, brune élancée, lin jeuiK* oftirier passe aloi's ;
Il Amis, voilà ma lianeée; domptez, dit-il, tous ses Irésors ;
OEil vif, teinl rosé, line taille Oui, dans un an, à ))areil jour,
Je l’é|)ouse, si la mitraille Permet de vivre à mon amour. »
Ces mots d’un fou, dits au passage.
Tu les entends, car tu rougis.
Rose, et, sans rien voir davantage.
Tu rentres rêveuse au logis.
Depuis. Rose à part soi répété t!es mots qui lui semblent si doux;- Et, ehaqiie soir, sur sa rouebetle.
Pour l’oftieier prie à genoux.
l'n au de rêves ainsi passe.
Ce jour qu’il tixa brille entiii.
E’aiibe entrevoit Rose qui lare Pour lui sou corset le plus tiii.
i\’entend-on pas ipielqne bruit d’armes?
Elle écoute, sort, rentre, sort ;
Attend, attend, et, toute en larmes, iiiiuuit s’écrie ; Il est mort '
SS
DFRMK.nES CHANSONS
r.\K mi-R
Am ; " nir H malin -iir la
Des iiKiiix préscnls IVtme obsédêi*,
.Ii“ rêvais en vrai soiifte creux,
(^bianil devant moi passe une idée, l’ne idée! Oui, bourgeois peureux.
t]e|le-ci, messieurs, jeune et Isdle,
Ksi faible encor; mais je prélends.
Si le bon Dieu prend pilié d’elle,
La voir grandir en |ieu de leiu|is.
.le lui crie ; « — Où vas-tu, pauvrelleV Maint gendarme l'allend là-ltas;
Des mouchards la foule le guelte;
Le commissaire suit les pas.
■ - Tant de peine qu’on leur voil prendre, Dil-elle, acxTOÎl l’espoir que j’ai :
Du peuple ils nie font mieux coin|irendre • K’esl un commentaire obligé.
« — Moi qui suis vieux, ])aur toi je Ireinble; On va le barri'r le cbeinin.
\'ois ces balaillous ipi’on rassemble,
Les escadrons b' sabre en main.
— Bien mieux que lambours et Irompelles BéveillanI un cœur endormi.
DE DÉDA.\GEn.
Je passe entre les baïonnettes Pour rexü'nter riiez rennenii.
« — Fuis, mon enfant; fuis, je tVn pri( On détruira jus<in’à ton nom.
Vois-tn venir l’artillerie?
La mèche approche du canon.
— Peut-êtie aussi sera-t-il nôtre,
Ce canon qui fait ton effroi.
C'est un avocat comme un autre :
Il peut demain plaider pour moi.
« — Les députés t'ont prise en haine.
— Au plus fort ils donnent rai.son.
— Les ministres forgent ta chaine.
— Mes ailes poussent en prison.
— Contre toi CLglise aussi gronde.
— A son encens j’aurai mou tour.
— F>es rois te bannissent du monde.
— Je me carhei-ai dans leur cour. »
Mais soudain quel affreux carnage !
Partout du sang! partout la mort!
La discipline ôte au courage Le prix d’un liéroïque effort.
C’est eu vain. Plus forte et plus calme, L’Idée, embrassant un tomlK'aii,
Aux vaincus décerne une ])ahue Kt s’envole av(*c leur drapeau.
nKHlSIKUES CHANSONS
LA r.nURONNK RRTROnVKK.
Ron (|u<‘ vois-je? une coiiroiiiif
Dont chaf|ue rose :i pins de Irenle hivers!
On, iiiidffré l’or^neil (|n'il nous donne,
Sèelie nn laiiriei’ jhmi resjieeté des vers.
C.'esl nn débris dn leinps où ma naissanee Liait fétée, hélas! comme mi liean jour.
O laurier parlail d’esp«’“rance ;
(à“s llenrs parlaient d’amonr.
(,hiel sonveiiir de ma jeunesse Le sorl motpienr me fait là retrouver!
0 joins de joie et de tendresse!
iNous n’étions rien; nous pouvions ton! révei , ;\niis si ;{ais, maiti'esse folle et Ixmne.
j\nl astre encore à mon œil n'avait lui Oiiand vos mains tressaient la conroime Uni m’attriste anjonid’hni.
Oui, ces flems ont paré ma tète Dans nn kmqnet d’enivrante saieté.
Un seul di' nous donnait la fête;
Ami discret, dons à ma pauvreté.
Las! il n’est i>lns; mais j’enlends sa parole : « ('.liante, dit-il, tandis ipie nous passons. «
DE DÉUANEEtl.
Kt sa belle àine un jour s'envole Au bruit de nos chansons.
Et ces convives si fidèles,
.\u joyeux chant qui rend l’aï plus doux;
Que plus tard j’ai pris sous mes ailes, l’ensent-i!s même à moi, qui pense à Ions?
Oiseaux charmants, au souvenir volage,.
Tous sont épars, chacun dans son enclos.
.\ons n’avons pins le même ombrage, l’ins les mêmes échos.
Et la Ijeanté fendre et rieuse t^liii de ces fleurs me couronna jadis?
Vieille, dit-on, elle est pieuse;
Tons nos baisers les a-t-elle maudits?
J’ai cru que Dieu pour moi l’avait l'ail naiire; Mais l’âge accourt qui vient toul elTacer.
O honte! el sans la reconnaiire,
Je la verrais ]iasser !
Eelle couronne si llétih;
Km Icelle aussi le jour où je l’oluins.
Quelle âme est à ce point tarie.
D’être sans pleurs pour ses amours éteints?
Aux longs regrets la mienne s’abandonne.
De mon Iwnhenr unique et vain lanil)ean.
Ah! que n’as-tu, pâle cnuronm*.
Séché sur mon tombeau !
nEHNIKRES CIIANR0M5
.IK SUIS MÉNKTRIEU
\in : Eli! mil mrri', rsl-o' i|iu' j' sais ça?
Pour ndoiidr de la vie L’hiver sombre el rigoureux,
Au ménétrier j'envie
Son art qui fait tant d’heui'eux.
Je voudrais, même aux guinguelles.
Dire en faveur des amants :
Allons, gai! dansez, fillettes! )
Laissez causer vos mamans. I
(Jiiand je vois de pauvres lielles Tout lin soir lire ou bâiller,
Pour leurs cousins et pour elles Mon talent saurait briller.
Plus que valses et fleurettes Leur nuisent vers et romans.
Allons, gai! dansez, fillettes!
Laissez c.auser vos mamans.
Miracle! ma vieille lyre Se transforme en violon.
Aux champs on vient me sourire;
On nie cajole au salon.
Conibien j'ai d’anciennes dettes A payer aux cmiirs aimants! •
Allons, gai! dansez, tillelt(*s!
Laissez causer vos niainans.'
DK UÉHAXGF.R.
[<a gloirp, mère p};oïsIp Dp Cous à grand bruit vailles,
Tipiil pompagiiip assez Irisle A t es vieux enfants gAlés.
,1e prérère à ses troiiipelles Le plus Caiix des inslriiiiienls.
Allons, gai! dansez, fillettes.
Laissez causer vos iiiainaiis.
Plaisir d'autrui me caresse; l*n archet me sert au mieux.
Déjà la folle jeunesse Me pardonne d’être vieux.
Deinoiselles et grisetles,
A vous mes derniers moments.
Allons, gai! dansc>z, fillettes! )
Laissez causer vos iiianiaiis. )
LKS AIL LS DiAi.ouri:
AlP. <lii M(*nagt' «It* g^nrron.
l'N JKINK limiMF.
Vieillard, Iroiiipant notre espérance, tjiioi ! tu lueurs, (>l meurs alité I Il est donc faux que la science T'ait doué d'immortalité?
ItF.nMKUES CHANSONS
Do loi l'on conlail dt's niorvoillt*s ; l'ii prôlro hier disait encor (,>00 Salan, pour prix <lo tes vi‘ilh*s, T'avait donné doux ailt's d'or.