‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 25 sur 119 · LA TOURTERELLE · texte numérisé non relu

LA TOURTERELLE

(Juoi ! les papillons sont cArnslants !

Et c’est nous qu’on pi’end pour modèles 1 Même il se peut qu’ils soient fidèles :

Le papillon vit peu d’insümts.

Fiez-vous donc aux vieux adages 1

U(i lihli.Mf.UES CH \NSIINS

Les tourterelles sont volages,

Kt les papillons sont eonstanis'l

LA lirKitiu;

\ t!N AMI

\ii; «lu vaiulevillf* <le la l'i'titr riOUv«*i iianl*‘.

Mon vieil ami, dans ma retraite, l'i'és (les lx)is, demain, je t’attends.

\'iens faire un diiier de cliamlirette, Lomnie aux jours de notre print(‘mps.

* Pigeons, ioloinl)es, lüiirUnelles, après un mûr examen, ne réponilent nullement à l'idée qu'on s'est faite de leur emislanrc en amour, m'ont assuiv des oliserv.atcurs seniim- Icnx, entre autres plusieurs dames. I.a poésie .seule, loiijour' disposi'>e à entretenir les vieilles erreurs, fait encore de res oiseaux dcÿi symlioles de fidélité matrimoniale.

(}uant au papillon, sans doute parce que les anciens en oui fait la représentation de l'Jme liiimaine, la poésie l'a accusé et l'accuse encore d'inconslauce ; c’est une calomnie. Ces jolis insectes vivent, sans promiscuité, dans une union conjugale dont les lionimes donnent trop peu d’exemples. Au milieu d’un essaim de leurs pareils, le mêle clierclic toujours l’ohjct de son unique et premier choix. L‘u petit papillon hianc est surtout remarquable par l’intimité de chaque couple. Vove/xous l’un des deux; l'autre e.st (o.ut près, soycr-en sûr. Daii' leur vol, ils ne s’écartent (|ue pour se rapprocher. C’est en le> observant que j’ai concu i’idée de rétablir leur réputation, au

DF. BFBA.XGEP,.

Il"

Nous jaserons de mainte ehose :

Des gens de cour, de l'émeutier;

Des vers et surtout de la prose,

Reine aujourd’hui du monde entier.

l’uis nous parlerons de la guerre ; li’aurons-nous? ne l aurons-nous point?

Sur le journal, je ue vois guère Que des rois nous montrant le poing Tout eu prévoyant des batailles.

De pitié pourtant je souris Quand je jiense aux tristes murailles Qui vont emprisonner l’aris.

.Ml! pom- sauver la ville sainte.

Fiez-vous au peuple d'en bas;

Que, bien armé, dans sou euceiuti-.

Il veilb' et reste rariue au bi’as.

Qutd traître devant ses cohortes,

Paris bien ou mal retrauché.

Oserait eu livier les portes,

Fùl-il Talleyrand ou Fouché?

Guerroyer lut notre manie ;

Mais aujourd hui je reconnais Qu’on <loit mater la félonie De l’oppresseur (b’s Polonais.

risque de contraindre l'Kcole de Fouricr do donner un autre nom à la passion que le maître a appelée lu piipilloinii’, (Soir lie Béranger.)

PKflMKRKS riMNSON's

Xon nioiiis rt‘lon, l'Anglais si rogni' Voudrait bien, encor celle fois.

Nous endormir ave<’ la di-ogue Qn'il ne penl pins vendre aux Chinois.

Anglais, bien que nous tromper st'i ve A désennuyer ton orgueil,

Mieu.v vaudrait voguer de conserve .

Tu dois craindre plus d'un écueil.

Tes possessions, que sont-elles?

Des cerfs-volanls que tient la main, l/aquilon rompra Jenrs licelles.

Prends garde ; il peut soulïler demain.

(Ju’avec liumieur nous Is'rce encore Li Paix, mère dt* tous les biens.

Dans les camps pourraient nous éclore De trop redoutables soutiens.

La gloire est là si di‘s))olique!

.Nul éclat an sien n’est pareil.

I) liberté ! ton arbre antique Croît mieux à ronihre (pi'aii .--oleil.

.\nii, qn'en dit-on à la ville?

Iléponds. écho digne d(> foi.

Dans les bois (pii' raulonnie épile, \'iens-en deviser avec moi.

\ iens, tandis qu'nn peu de lénillage Dn froid cache encor lt> retoni".

Ab! (ju'il est loin, cet heureux âge •?ù nous ne parlions que d’amonr!

Il K It K ram; Eli.

(iUTK.NBKlUi

A M.M. LES STRASUOLRGEUIS

gui, tN 1810, m’ont mviTÊ À LA NOI.KN.MTB UK l.’l.SAI GUIlATION DE l„t NTATliE ETKCDTÉK PAU UAVID.

Ain du vaudeville de la Petite Goiiveinaiitc.

Messieurs, pilié |)our ma vieillesse !

(]’esl en vain i(tie votre cité,

Glorieux berceau de la presse,

M’ap|velle à sa solennité.

Garder mon coin vaut mietix, me semble, (Jue, vieux et [lauvre ptMerin,

M’en aller d'une voix qui tieitdile Attrister les échos du Rhin.

Eh! n'attrez-vous pas Lamartine,

Le potde qui nous ravit 1

l>‘s nobles vers qu’il vous destine ‘

De ses travaux paieront David Gutenberg, s’il voit sa statue,

S’il entend l’hymne harmonieux,

A sa gloire tant débattue"'

Pourra croire eiiliu dans les cieux.

‘ M. de Lamartine devait assister à cette fdtc. et l'On annonçait des vers de lui à cette occasion. (.V'o/e de Héraiiger.'^

" David, toujours desiotéressé, n’a pas voulu faire paver If travail de cette admirable statue. {Noie de Béranger.)

"■ Outre que plusieurs villes ont disputé il Strasbourg et

hKllMKllKS CHA.NmK.NS

IJO

I II l'iilaiil jüiif avci' deux vone>

Kl le li^lt“sco|>(.‘ fst Iroiivi''. ^

Slraslnuii'g, riiuiiniic i|uc tii Mn'a-l-il viiulii? i|ii‘a-l-il irvr?

Hii‘11 lui (i-ia-l-il aux iiroillis

Oii'il lui iliiiiiiail plu^ i|ii'iin iiii li)T.

Kl (|ur la laiiijw ilr sus vuillo Ki-laiivrail Ir iiioiidi' l'iilicr? ■

nu'i'>|iiTail-il, prolil ou uloirr.

(Jiiaiid dcvaul Kàtre il se courlwil,

Koiilaiil If plouili d'iuio i''(Tiloiiv Haiis Its moules d'un alplialiel ?

liés i|u’iiiie li;;ne eiiliii s’at!euce,

II dil, ravi de ré|M>ler :

Vieloire! Humaine intellifienee.

\'a, lu ne peux plus reeulerl

(jiioiipie souvenl pris de déliauelie,

Ko monde pèse l'oMif au nid.

Ke ipi'aii hasard eliaeuii éhaiielie,

Il le rejette ou le Unit.

Mayence d’avoir (Mc les licrceaiu de l'imprimerie, l’Iioimecir de rinvciilioii a-c'lcj dispulc; à (Icileiiberj; en Taveiir d'Iiommes plus ou mniiis connus avant lui el de son temps. C'est un procès (|ue l'opinion pnldicpie a décide', sans trop pouvoir l'approfoiidir. Un ne peut nier ipie Culenlicrj; présente l-’s meilleurs titres à l'Iinnneiir de rapplic alion complète du nouveau procédé. {Sole de Béniiiuer.)

' Un prétend c|ue rcnfanl d’un liincttier do Hollande, avant réuni deuj vciTcs de force différente, donna lieu à l'invention du télescope, dont CalilcV lira dc's lors un si grand parti. iSote de Hfnni;ie -.\

iti; lî^;K A.^(;tK.

Lui S'Mil itarl'ail mu' [M'uséi".

Ti’onve-l-elle un trône en cheniin, Itans lin temple est-elle eneimsée :

L'esI Ponvrage du genre linmaiii.

(,tnoi! vais-je éleiiulre une auréole?

Sirasbonrg s’esl-il doue alinsé?

Non, Gutenberg est un syinliole .

C'est le progrès élernisé.

De n'aller jias lui lendre lionimage, Noble cité, j'ai des l’egrets.

Mais déjà d’un plus long voyage la' Temps me dit ; Pais les apprêts.

LKS V K. NUANCES

A i.aiuk

\lh :

Accourez, aimable Laure,

Nos vendangeurs vont aux cbamps, En sursaut déjà Panrore S’éveille à leurs joyeu.v cbanls.

Tout vigneron à l’ouvrage Mène enfants, amis, voisins;

Tant ses tonnes en veuvage Ont soif du jus des raisins !

it

DKUMKKKS CHANSONS

Los fops de rosée liumkles, üoniiiie on rorl', ilans ses donleors, Deviinl ces meules avides Semblent l•épandI•e des i)leur,-.

Sous les paniers fpi’on renvoie L'dne pliera jusqu'au soir.

Venez voir ric.iiesse et joie Jaillir à flots du pressoir.

Mais 1 emeule t*sl au vilUtf;e.

Mille oiseaux, dans ces lilleuls,

Disent : « L'on met an pillage ' « Ce que Dieu lit pour nous seuls.

« Voyageurs privés d’élaiies, i< Nous allons de mal en pis :

« Aujourd'hui l'on prend les grapiK?s; « Hier, c’élai(*nt les épis.

(I Des hommes, trou]>e assomie.

Il Ont terres et revenus ;

Il Les autres glanent leur vie Il Le dos courbé, les jtieds nus.

« Pauvres gens, vous qu'on dédaigne, Il Vile, aux armes, vengez-vous.

Il .Nous chanterons votre règne :

Il Les raisins seront i>our nous, n

Mais vient réponse à leur planitr Ün chasseur! Oiseaux, tremblez!

Page 1