‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 55 sur 119 · MES FLEURS · texte numérisé non relu

MES FLEURS

\iii : Charmant ruisseau.

Modestes fleurs, empressez-vous d’éclore :

Déj.i bien vieux, j'ai hâte de vous voir.

DKU.MÈRES CHANSONS

iïii

Dp voire éclal, vile, égayez l'aurore; j De vos parfums, vite, embaumez le soir, i

Fleurir demain serait trop tard peut-être • Pour les vieillards tout flot cache un écueil. Ce beau soleil qui vous invite à naître Peut, dès demain, briller sur mon cercueil.

IjB cholérâ revient, affreux vampire.

Typhus vengeur de l’Indien opprimé.

Eclosez donc, fleurs; que du moins j’aspire Son noir venin dans un air parfumé.

Bü.

Grondent encor les canons dans la ville ; D’horribles cris nos échos sont tremblants!

Si jusqu’ici vient la guerre civile,

Froissez, mes fleurs, entre ses pieds sanglants.

Bis

Fleui-s, vous aussi, vous avez vos souffrances. Le ver est là, le vent peut accourir.

Moi, qui longtemps ai vécu d’espérances, ) Que de boulons j’ai vus ne |ias fleurir! i ‘

Ne craignez pas que ma main vous moissonne ; Vieux, je n’ai plus de Imuquets à donner De vous mon front n’attend plus de couronne; , Je pars en roi qu’on vient de détrônei-. '

Las du combat, des folles théories,

Las de nombrer les taches du soleil,

(Jue n’ai-je enfin, sous vos tiges fleuries, l’n lit creusé potir mon dernier sommeil !

DE DKItANUEK.

Mais, près de vous, fleurs au tendre langage, Si de ma mort, ici, j’atteins le jour,

Puisse un parfum, souvenir du jeune âge, ( Ce jour encor me reparler d’amour! '

Modestes fleurs, empressez-vous d’éclore :

Déjà bien vieux, j’ai hâte de vous voir.

De votre éclat, vite, égayez l’aurore ; j De vos parfums, vite, embaumez le soir. !

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