‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 98 sur 119 · LK BON VIKILL.\RD · texte numérisé non relu

LK BON VIKILL.\RD

.Note I.XXll. — .Au vers

J'ai bu jadis avec le bon Panard.

Panard est un des noms que les chansonniers ont dû répéter le plus souvent. I.e premier peut-être il a soumis la chanson é une correction étudiée et à une grande richesse de rimes. Il a commencé é rendre ce genre difficile pour les simples amateurs. C’est cependant plutôt un coupletteur habile qu’un vrai poète. Panard se meut dans un cercle d’idées très-étroit, et il ne fit jamais de la chanson ni un petit drame ni un tableau. Gallet, moins connu, moins cité, lui est peut-être supérieur sous ce rapport.

Les Mémoires de Harinontel contiennent différents passages sur Panard qui le font aimer, et donnent lieu de croire que, grâce a une douce indifférence, ce chansonnier dut vivre heureu.x. {Sole de Béranger.)

Voici un extrait curieux du livre IV des Mémoires de Marmontel que cite Béranger. {Sole de l'Édileur.)

« Ce vaurien (Gallet) était un original assez, curieux à connaître.

« C’était un marchand épicier de la rue des Lombards, qui, ))lus assidu au théâtre de la foire qu’à sa boutique, s’était déjà ruiné lorsque je le connus. 11 était hydropique, et n’en buvait pas moins et n'en était pas moins joyeux : aussi peu soucieux de la mort que soigneux de la vie, et tel qu’enfln dans la misère, dans la captivité, sur un lit de douleur, et presque â l’agonie, il ne cessa de faire un jeu de tout cela.

Après sa banqueroute, réfugié au Temple, lieu de franchise alora pour les débiteurs insolvables, comme il y recevait tous les jours des mémoires de créanciers : « Me voilà, disait-il, logé au « Temple des mémoires. • Quand son hydropisie fut sur le point de l’étouffer, te vicaire, du Temple étant venu lui administrer l’extréme-onclinn : « Ah! monsieur l’abbé, lui dit-il, vous venez • me graisser les bottes; cela est inutile, car je m’en vais par « eau. • le même jour il écrivit à son ami Collé, et, en lui souhaitant la bonne année par des couplets sur l’air : Accompagné de pl((simrs antres, il terminait ainsi sa dernière gaieté :

Uc ces couplets soyez content :

Je vous en ferais bien autant,

Ht plus qu’on ne compte d'apùtres {

Mais, citer Collé, voici l'instatil Où certain fossuyetir m’attend,

Accompagné de plusieurs autres.

^OTRS

iHS

« Le bonlioinine Pnnaril, aussi insouciant que son ami, aussi oublieux du pass«: et négligent de l’avenir, avait plutôt dans son infortune la tranipjillité d’un enfant que l’indifféreiiee d'un philosophe. Le soin de se nourrir, de se loger, de se vôtir, ne le regardait point : c’était l’affaire de ses amis, et il en avait d'assez bons pour mériter cette confiance. Dans les mœurs comme dans l’esprit, il tenait beaucoup du naturel simple et naïf de la Konlaine. Jamais l’extérieur n’annonça moins de délicatesse; il en avait pourtant dans la pensée et dans l’expression. •

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