I. ETTRK XV
I le l."> novembre l&">7.
Mademoiselle,
Il parait que vous n'avez pas trouvé le remède que je vous indiquais sur nia, lettre assez bon, puisque je n'ai pas reçu de réponse de votre part ; cependant je puis vous assurer que ce remède est des plus efficaces pour le genre de maladie dont vous êtes atteinte. J'avais oublié de VOUS dire qu'il fallait changer tous les jours les cressons et les escargots.
Si vous n'avez pas reçu ma lettre première, celle-ci vous paraîtra étrange, ne connaissant pas le contenu de la première que j'ai eu l'honneur de vous adresser il y a environ douze jours. Si par cas vous l'aviez refusée, veuillez être assez bonne pour nie faire une réponse par le retour du courrier, et je me ferai un vrai plaisir de vous donner tous les détails que ]>■ vous donnais dans ma première missive.
Dans l'attente, etc..
Rouen.
ÎVous n'avons point entre les mains la première missive de l'auteur de la lettre ci-dessus, mais nous avons été assez heureux pour retrouver le remède indiqué. Le voici :
Consommé pour faiblesse de poitrine.
Dans un pot neuf on mettra :
Trois bols d'eau de fontaine;
Deux pieds de mouton ;
Deux cœurs de laitue ronde ;
Une poignée cresson ;
Cinq à six feuilles chicorée blanche ;
Une carotte râpée ;
Une pincée de cherfeuil (fie) ;
Une demi once gomme arabique blanche,
Une once sucre candi ;
Quatre escargots écrasés.
On fera bouillir le tout à petit feu jusqu'à réduction d'un bol, que l'on passera à travers un tamis ou d'un linge. Le lendemain bon matin, on fera chauffer le consommé au bainmarie, on le servira au malade, qui restera au lit encore une heure au moins, et ne prendra son déjeuner que deux heures après.
Dans le cas que ce consommé pèserait trop, on pourra le réduire ; on ne mettra qu'un seul pied de mouton, et la moitié du sucre candi et de la gomme.