‹ Derniéres heures de RachelChapitre 14 sur 19 · LETTRE XV · texte numérisé non relu

LETTRE XV

A. .., 10 novembre 1857.

Mademoiselle,

Depuis longtemps les journaux m'ont appris le mauvais état de votre santé. Comme vous êtes une des gloires de notre siècle et de notre pays, votre nom est souvent répété dans les lieux que ma position de voyageur de commerce me force à parcourir. A ce titre seul, indépendamment des émotions que vous m'avez procurées, et dont le souvenir durera autant que ma vie, il est facile d'expliquer l'intérêt que moi et tant d'autres nous vous portons. Je voudrais donc pouvoir vous Atre utile, et je désire que les renseignements que je vais vous transmettre puissent vous rendre une santé florissante.

J'étais à Montbéliard il y a quelques jours. Mes affaires m'ont mis en rapport avec une personne qui connaît M. Renaud, négociant à Bourogne, village près de Montbéfiard, dans le Haut-Rhin, dont la femme, atteinte d'une maladie de poi-

trine, réputée incurable, a été guérie en quelques mois. Cette guérison remonte déjà à plusieurs années ; et, chose remarquable, plusieurs parentes de madame Renaud étaient déjà mortes de la même maladie. On n'a pu me dire le nom du médecin qui a fait cette cure, sans cela je vous le transmettrais. La personne de qui je tiens ces renseigements m'a affirmé que ce qu'elle me disait était de la plus rigoureuse vérité, et que le fait dont elle me parlait était de notoriété publique.

Croyez-moi, mademoiselle, informez vous, cela est facile et n'engage à rien. Le hasard est peut-être aujourd'hui la Providence qui se sert d'un pauvre commis-voyageur pour conserver à son pays sa grande tragédienne.

Recevez, etc.

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