‹ Derniéres heures de RachelChapitre 17 sur 19 · LETTRE \X · texte numérisé non relu

LETTRE \X

N , 2(1 décembre 1857.

Mademoiselle,

En parcourant les diverses stations hivernales, j'ai fréquemment entendu parler de l'affection longue et cruelle qui vous retient au Cannet.

La connaissance de votre tempérament éminemment nerveux, et qui a été si souvent excité par de vives émotions, l'observation de plusieurs maladies de la même nature, me portent à penser que le sang brûle les poumons, si je puis nf exprimer ainsi.

Permettez-moi, mademoiselle, de \ous signaler un traite» ment facile, qui, je l'espère, obtiendra quelques bons résultats.

tl consiste : 1° A prendre, avec toutes les précautions nécessaires, le matin, à neuf heures, et le soir à cinq heures, un bain gélatineux de cinq minutes et à 32°, composé avec 500 grammes de gélatine peu dissoute dans 50 litres d'eau bouillante, que l'on ajoute à l'eau du bain ;

2° A entourer et recouvrir toute la poitrine d'un cataplasme large de 40 centimètres, fait avec de la farine de riz détrempée dans une décoction de racine de guimauve. Ce cataplasme devra être arrosé avec 30 grammes de sous-acétate de plomb liquide ; il devra être supporté un peu chaud et renouvelé toutes les trois heures.

3° A prendre chaque matin à jeun, avant le: bain, un verre

à bordeaux d'une décoction de lichen d'Islande, dans laquelle on ajoutera cinq gouttes de teinture éthérée et de teinture de digitale, et qu'on édulcorera avec une cuillerée à bouche de sirop de coquelicots;

4° A boire dans le courant de la journée tantôt de la tisane d't>ïge coupée par moitié avec du lait d'une jeune vache nourrie en plein air et à laquelle on donnera pour nourriture, pendant la nuit, un kilogramme de chlorure de sodium mélangé avec des carottes hachées ; tantôt mademoiselle pourra boire le suc exprimé de raves cuites édulcoré avec du miel pur.

Tel est le traitement que je recommande dans certains cas, et à mademoiselle Rachel surtout : heureux s'il contribue à conserver à sa famille et à la France une célébrité aussi remarquable!

Permettez-moi d'ajouter qu'il est de la plus haute importance qu'un médecin qui jouisse de toute votre confiance et vous assure son dévouement le plus complet, suive les phases de votre maladie, modifie selon les circonstances le traitement, et ordonne et règle un régime convenable, qui doit dépendre de l'état des organes et varier presque quotidiennement.

J'ai l'honneur d'être, etc.

R. Affre, D'-M., Lauréat de l'Académie* impériale de médecine de Paris»

Nous terminons ici la lecture des lettres adressées à Rachel. Celles que nous venons de livrer à la publicité sont au reste les plus remarquables que cette artiste ait reçues pendant le cours de sa maladie. Un certain nombre, assez curieuses* ont été malheureusement égarées; beaucoup d'autres, fort peu intéressantes, ont été laissées de côté.

Il y aurait beaucoup à dire sur chacun des traite-

ments préconisés dans ces divers écrits, notamment ceux conseillés par de véritables confrères, sans parler du confrère italien : mais nous avons promis de ne faire aucun commentaire, nous tiendrons parole.

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