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CHAPITRE III

EXAMEN DES DIVERS TRAITEMENTS . EMPLO Y ES CONTRE LA PHTHISIE PULMONAIRE.

Les ouvrages traitant de la phlhisie pulmonaire sont nombreux ; les remèdes essayés contre cette redoutable atïection sont innombrables. Nous croyons faire une chose utile aux praticiens et aux malades en examinant, en quelques pages, ce qui a été dit et écrit de plus intéressant sur cette matière, objet de nos études et de nos observations de chaque jour.

Le rapprochement des idées facilite les comparaisons, en même temps que les recherches. Il met en évidence les points de contact et de divergence; il indique aux expérimentateurs les voies dans lesquelles ils doivent s'engager. En donnant la mesure des connaissances acquises, il aide à la conquête des connaissances nouvelles. Nous n'entendons pas nous constituer juges de toutes les médications proposées. Un examen n'est pas une sentence, mais un exposé qui laisse à chacun sa liberté d'opinion. Si nous exprimons des préférences, si nous donnons sur des points graves

, les conseils différents de ceux de quelques auteurs, nous motiverons nos conseils et nos préférences; le lecteur appréciera. Nous procéderons avec ordre ; nous emprunterons aux auteurs leurs diverses médications ; nous les verrons approuvées, vantées outre mesure par les uns, dénigrées par les autres, produisant alternativement de fâcheux résultats et des succès inespérés. Nous tâcherons d'expliquer cette apparente contradiction; enfin, nous terminerons en décrivant le mode de traitement qui nous a le mieux réussi dans notre propre pra tique.

Afin que le lecteur puisse démêler ce qu'il y a de bon au milieu de tous ces essais de guérison, nous adopterons la division suivie par les auteurs du Compendium de médecine, en nous occupant successivement des diverses espèces de traitements préservatif, palliatif et curatif. Nous étudierons ensuite la médication des symptômes, enfin celle qui est particulière a chaque auteur.

traitement PRÉSERVATIF. — Le médecin qui trouverait un moyen infaillible de mettre l'espèce humaine à l'abri de la phthisie pulmonaire, verrait son nom écrit dans l'histoire à côté de celui de Jenner, l'inventeur de la vaccine. Peu d'affections font autant de victimes. Le traitement préservatif doit donc prendre le premier rang dans les soins du praticien. Nous sommes loin de partager l'opinion des pessimistes, qui veulent que cette maladie, lorsqu'elle a atteint un certain développement, soit absolument incurable. La nature,

aidée par une médication habile, a des ressources infinies. Nous croyons fermement qu'il ne faut jamais désespérer; mais plus un mal est dangereux, plus il importe de l'arrêter à son début : de là la préférence que nous donnons aux moyens préservatifs. Aussi insisterons-nous sur le mode de médication préventive et sur les questions diverses qui s'y rattachent.

1° Le mariage. — Institution sainte, objet île tous nos respects, base des sociétés civilisées. Mais il ne s'agit pas ici de son côté moral. Au point de vue purement physique, on ne peut s'empêcber de faire de singuliers rapprochements.

Des sociétés se forment pour l'amélioration des diverses races d'animaux utiles à l'homme, au moyen de croisements intelligents ; le cheval a de hauts et puissants protecteurs, le bœuf a les siens, l'espèce porcine a les siens. Les communes, les départements, l'État s'empressent de venir en aide à ces protecteurs officieux. Rien de mieux, assurément; mais, au milieu de cette sollicitude générale, n'est-il pas permis de trouver étrange que l'homme, pour qui se font toutes ces choses, soit lui-même oublié? Qui s'occupe de l'amélioration de notre propre espèce, dans le sens de la convenance physique des unions? Nous savons que la puissance civile, même la plus étendue, a ses limites, et nous nous garderions de nous en plaindre. Il nous paraîtrait difficile de donner satisfaction, de par la loi, aux vœux de MM. Monneret et Fleury, qui voudraient que l'on défendît le mariage : « 1° à tout individu porteur de tubercules crus ; 2° à tout individu trop jeune

ou trop âgé ; 3° entre deux individus séparés par une trop grande disproportion d'âge, de force, etc. ; 4° entre deux individus lympathiques, surtout s'ils appartiennent à la même souclie; 5° entre deux individus ayant chacun des phthisiques dans la famille. »

Mais ce que ne peut la loi, c'est aux parents de le prévoir, c'est à la sagesse des médecins de le conseiller. Malheur à la nation chez qui le mariage ne serait plus qu'une affaire d'argent! elle marcherait à grands pas vers sa dégénération. Qui ne comprend que des unions mal assorties, indéfiniment répétées, finiraient par détruire dans les populations tout principe de santé et dévie?

2° La gestation. — Nous plaignons la femme phtliisiquequi devient enceinte ; nous plaignons plus encore le pauvre petit être qu'elle va mettre au monde, et qui aura toute sa vie, suspendue au-dessus de sa tête, une épée plus terrible que celle de Damoclès, car celle-là ne le frappera qu'après une longue agonie. Il est du devoir de cette malheureuse femme d'écarter tout ce qui peut augmenter la maladie chez elle, et en développer le germe chez son enfant. Qu'elle fuie la ville, qu'elle aille respirer l'air pur de la campagne, qu'elle évite les vives émotions, les soirées fatigantes, les bals, les théâtres, et renonce aux exigences de la toilette hahillée, ou plutôt déshabillée, qui expose à de dangereuses transitions de température la partie du corps qui a le plus besoin d'être protégée. Qu'elle renonce au corset, étau meurtrier pour la plupart des femmes, mais surtout pour elle phthisique el enceinte.

A la campagne, elle prendra de l'exercice, sans fatigue, en même temps qu'une nourriture riche en principes assimilables. Clark défend la nourriture sli ■ mulante, épicée. Quanta nous, nous sommes de l'avis de la plupart des médecins français, et nous ordonnons les viandes rôties, les légumes frais; un peu d'épices, et si la personne n'en fait point usage habituellement, nous l'y accoutumons peu à peu. Pour boissons, le vin de Bordeaux uni au goudron ou à l'eau de Condillac. Les mets épicés n'ont aucun inconvénient; ils stimulent l'estomac et favorisent ainsi la digestion ; seulement il est nécessaire de se tenir les voies digestives parfaitement libres et de prendre de temps en temps de légers purgatifs.

3° Combattre le tempérament lymphatique, au début, tout est là, car ce tempérament est celui qui prédispose au plus hautdegré à la phthisie pulmonaire. Malheureusement les parents sont inhabiles à le reconnaître dès le jeune âge ; ils sont fiers de la belle apparence de santé de leur enfant; ils ne. soupçonnent pas que sous cette peau fine, rosée, transparente, délicate, se cache un vice, terrible comme le poison dans certaines fleurs qui font l'ornement de nos parterres.

Si laitière est elle-même lymphatique, elle doit sacrifier son doux rôle de nourrice, et confier son trésor à une jeune femme forte, à tempérament sanguin , exempte de tout vice organique, et dont la famille soit parfaitement saine de corps et d'esprit. Cette seconde mère doit être bien nourrie et habiter la campagne. Elle n'emmaillottera pas l'enfant, et surtout ne lui ser-

rera point la poitrine, qui doit respirer largement. Elle le sortira tous les jours, et l'habituera à ne craindre aucune variation atmosphérique. Elle lui fera prendre de temps à autre de petits bains légèrement tièdes et suivis de frictions sur tout le corps. Elle l'alimentera de bonne heure, lui fera boire tous les huit ou dix jours un peu de vin sucré. A un an , le sevrage ; la nourriture tonique est alors de rigueur. Aussitôt que l'enfant peut marcher, l'exercice journalier lui convient essentiellement

Jusqu'à l'âge de quinze ans, on devra s'occuper principalement de développer les forces physiques et d'enrichir le sang. Le proto-iodure de fer donné par intervalles et uni aux amers doit marcher de front avec la bonne nourriture et la gymnastique. Que feronsnous de l'intelligence? Nous la laisserons chômer, quitte à lui faire prendre un plus vigoureux essor quand nous aurons construit solidement notre édifice.

L'inhalation et les exhalations forcées ont été préconisées par Steinbumer (nous verrons tout à l'heure pourquoi).

Les lotions froides et suivies de frictions, les bains de mer sont de puissants auxiliaires de ce traitement. Comme adjuvants on a conseillé les substances suivantes : la petite centaurée, la gelée de lichen, la bardane, la fumeterre, le quinquina, la pensée sauvage, le houblon, les eaux minérales naturelles ferrugineuses, et le fer sous toutes les formes.

A propos de vêtements, les auteurs sont unanimes pour conseiller le port continuel de la flanelle. Quant

à nous, nous jugeons préférable, ainsi que nous l'avons déjà dit, d'habituer, dès le plus jeune âge, l'enfant à ne craindre aucune variation de température. Nous n'ordonnons la flanelle que dans !e cas où la nécessité immédiate en est démontrée par l'expérience. La vie de serre chaude étiole plus d'enfants maladifs qu'elle n'en guérit. Trop de soins font quelquefois autant de mal que trop d'abandon.

En faitde profession, disent MM. Monneret et Fleury, il faut éviter celles qui sont sédentaires, celles qui exposent à de grandes fatigues, aux vicissitudes atmosphériques, à un air vicié, etc. Il importe de s'abstenir d'excès quelconque et de ne négliger aucun rhume.

Si on le peut, on doit habiter le Midi dès l'enfance. Le climat est un grand médecin, et les rayons bienfaisants du soleil valent mieux que bon nombre de préparations pharmaceutiques. Les personnes prédisposées à la phthisie, qui ne peuvent aller passer l'hiver dans des régions privilégiées, et le nombre en est malheureusement grand, peuvent, tout au moins, choisir une bonne exposition pour leur demeure. Une habitalion malsaine ferait promptemenl éclater la maladie dont ils ont reçu le germe avec la vie. L'humidité favorisant l'engorgement des vaisseaux lymphatiques, ils devront habiter un endroit élevé, liât tu par les vents et loin d'une végétation trop riche.

4° Hydrologie. — Ce sujet a été trop négligé par un grand nombre d'auteurs; raison de plus pour que nous le traitions avec quelque développement. Les contrées bien abreuvées ont des habitants robustes; les

bonnes eaux, jointes à la salubrité du climat, l'ont les belles populations. C'était l'avis des anciens, c'est le nôtre; il y avait plus île sagesse qu'on ne croit chez nos aînés; s'ils savaient moins que nous, peut-être observaient-ils mieux. Si nous devons en croire Voltaire, Tronchin aurait dit en mourant qu'il laissait après lui deux grands médecins, l'eau et la diète. En etfet, ces deux médecins en valent bien d'autres, particulièrement le premier.

Qu'est-ce qui constitue une bonne eau'.' En quoi une eau salubre difïère-t-elle d'une eau malsaine? Plus de doute sur cette question. Si la science hydrologique n'est pas encore complète, elle est du moins bien avancée. Les remarquables expériences de M. Boussingaull, de l'Académie des sciences, ont démontré <|ue les eaux calcaires rendaient les plus grands ser- \icesdans la formation des tissus osseux ; qu'elles prévenaient ainsi le rachitisme, point de départ de beaucoup de maladies scrofuleuses, dont la phthisie pulmonaire n'est qu'une variété, la plus grave de toutes. Déjà MM. Dupuytren et Jeannel avaient mis en évidence l'utilité des sels calcaires, unis au chlorure de sodium, dans l'acte de ladigestion. On doitdonc réputer insalubre, et repousser comme telle, toute eau qui ne contient pas une certaine quantité de bicarbonate de chaux et quelque peu de sel marin. Les eaux privées de ces deux principes sont essentiellement funestes aux lymphatiques.

Ce n'est pas tout : depuis que les recherches de M. Chatin ont révélé la présence de l'iode dans un

grand nombre de sources, bien des points obscurs jusque-là ont été éclaircis, bien des phénomènes incompris ont été expliqués. Pourquoi les maladies scrofuleuses (le goitre notamment) sont-elles si communes dans certaines parties de la Savoie, de la Suisse, des Alpes françaises? Parce que les habitants de ces pays s'abreuvent à des sources qui ne présentent pas de traces d'iode : l'analyse l'a prouvé.

D'un autre côté, on s'était encore demandé pourquoi les populations de certaines régions du nord, notoirement malsaines, n'offraient, pour ainsi dire, aucun exemple de phthisie pulmonaire. La chimie a encore répondu. Ces populations l'ont une consommation journalière d'huiles de poisson, dans lesquelles se trouve de l'iode.

Il est donc doublement prouvé que, chez une nation riclie en bonnes eaux, toutes celles qui ne renferment pas quelques parcelles d'iode, indépendamment du bicarbonate de chaux et du chlorure de sodium, doivent être repoussées de la table et même de la cuisine.

Mais qui connaît la composition des eaux servant à ses besoins? Qui songe à s'en rendre compte? Un usage tant soit peu prolongé d'aliments malsains peut porter les plus graves désordres dans notre économie ; qu'on juge de ceux que doit produire une eau malsaine, dont la consommation journalière, sous des formes diverses, s'élève, par individu, d'un à deux kil., poids égal, sinon supérieur, à celui de nos aliments solides !

C'est ici que l'Etat, par une prévoyante inlervcn-

(ion, pourrait rendre au pays un immense service. L'autorité l'ait vérifier, avec une sévérité louable, les substances alimentaires qui servent à l'approvisionnement de nos marchés ; pourquoi ne ferait-elle pas procéder à une analyse générale des eaux de France? Cette partie importante de la richesse publique ne vaudraitelle pas la peine d'être inventoriée? Quel bienfait pour le pays! chaque famille connaîtrait la source qu'elle doit adopter et celle qu'elle doit répudier. Les industries qui se livrent à la fabrication de certaines boissons, telles que la bière, seraient également fixées sur le cboix des eaux dont elles auraient à l'aire usage. Ce que la santé publique gagnerait à cette mesure, nul ne pourrait le dire.

Objecterait-on la dépense qu'entraînerait un semblable travail? Que serait cette dépense à côté de celles qui se font, sous nos yeux, pour l'assainissement de quelques grands centres de population? Nous vivons à une époque où les idées vraies mûrissent vite et se traduisent rapidement en faits. Nous espérons que celle que nous émettons ne tombera pas dans l'oubli.

En l'état, nous ne saurions trop engager les familles aisées, qui habitent la campagne ou y passent une partie de l'année, ■ à soumettre elles-mêmes les eaux qu'elles consomment à l'examen des hommes de l'art, Elles préviendront bien de déplorables accidents, bien des maladies trop souvent mortelles.

Depuis quelques années, il se fait, en été particulièrement, une consommation prodigieuse d'eaux gazeuses, connues sous le nom d'eaux de Seltz. Rien de

plus propre à favoriser la digestion que le gaz acide carbonique, dont l'action stimulante sur les parois de l'estomac n'a pas besoin d'être démontrée. Mais nous établissons une distinction profonde entre les eaux gazeuses fabriquées par l'industrie ou préparées dans les ménages, et les eaux qui sont naturellement gazeuses, sources de Seltz du duché de Nassau, sources de Condillac (Drôme), sources de Saint-Galmier, de Saint-Àlban, Chateldon, etc. L'eau de Seltz fabriquée ne ressemble pas plus à une eau gazeuse naturelle qu'un vin de Chambertin fait sans raisin ne peut ressembler à celui des riches vignobles de la Côte-d'Or. Nous constatons avec bonheur que l'ancien engouement de quelques praticiens et du public, pour toutes ces préparations aqueuses dont on nous inonde, commence à tomber.

Dans les eaux de Seltz artificielles, le gaz n'existe qu'à l'état d'interposition ou plutôt de séquestration forcée. C'est un prisonnier qui quelquefois brise ses verroux. Au contraire, dans les eaux naturelles, le gaz est combiné; il y a union, et non répulsion. Les chimistes amalgament, la nature associe. Aussi, dès qu'on débouche une bouteille des premières, le gaz s'envole-til, saluant sa mise en liberté par une détonation très propre, nous l'avouons, à charmer l'oreille du vulgaire, sinon à satisfaire son estomac. Pour obvier à cet inconvénient, on a imaginé les bouteilles dites « siphon. Cette innovation est une preuve du danger que cette boisson porte avec elle. A l'explosion en plein air, on substitue, autant qu'on le peut, l'explosion en

plein estomac. Pense-t-on que cet organe ne soit pas fatigué, irrité, épuisé à la longue par une boisson qui se distend tout à coup au point de prendre trois ou quatre ibis son volume ? Il faut des membranes solides pour résister à ces cbocs répétés. L'agrément immédiat que procure cette boisson n'est qu'un prêt usuraire fait à l'estomac.

Une bouteille d'eau de Seltz artificielle débouchée, perd tout son gaz en trois minutes environ, à une température de ving-cinq degrés centigrades, tandis qu'une bouteille d'eau de Condillac ou de Saint-Galmier, à la même température, dégage des bulles de gaz pendant douze heures consécutives. Dans la première, le dégagement de l'acide carbonique précède la digestion, tandis que dans l'autre, ce dégagement l'accompagne et l'aide jusqu'à ce qu'elle soit achevée. La première est une machine à vapeur qui saute ; la seconde est une machine à vapeur qui marche. Il n'y a pas à hésiter sur le choix.

Mais parmi les eaux gazeuses naturelles, quelles sont celles qui conviennent le mieux aux tempéraments lymphatiques? Toutes contiennent, entre autres sels, du bicarbonate de chaux et du chlorure de sodium, mais toutes, malheureusement, ne contiennent pas de l'iode. Les sources de Saint-Galmier, de Sainl-Alban, de Chateldon en sont absolument dépourvues. Aussi, M. de Ladevise, médecin inspecteur des eaux de Saint- Galmier, qui lui doivent en grande partie leur renommée, a-t-il constaté qu'elles étaient funestes aux poitrinaires ; donc, elles doivent être repoussées par tous

les lymphatiques, et le nombre en est grand. La même observation s applique aux eaux de Chaleldon et de Sainl-Alban, qui se trouvent dans le même cas.

L'eau de la commune de Condillac (Drôme), appelée par les Romains condita aqua, eau assaisonnée, savoureuse, d'où est venu le nom de conditac, puis Condillac; celte eau, dis-je, a été retrouvée depuis quelques années seulement. Elle est extrêmement gazeuse. Unie au vin ou à un sirop acidulé, elle est délicieuse à boire (nous parlons de la source Anastasie) ; elle contient par litre au delà de deux grammes de bicarbonates de chaux, de soude, de magnésie ou de chlorure de sodium, manganèse, etc. Le fer et l'iode y sont sensibles, ainsi que le constate le rapport de M. 0. Henry à l'Académie de médecine.

Les propriétés bienfaisantes et vraiment exceptionnelles de cette eau, dans laquelle la nature n'a rien oublié, ont été décrites par notre savant ami, M. Vincent Duval voir son Traité de la maladie scrofuleuse); par Rognetla, auteur des Annales de thérapeutique et des eaux minérales; par M. Soquet, de Lyon, dont les travaux sur les sources alcalines de France, en collaboration avec M. Pétrcquin, ont été couronnés par l'Académie de médecine au concours de 1833. Tous ces éminents hydrologues assignent, à juste titre, le premier rang à l'eau de la source Anastasie, de Condillac. Tous pensent qu'elle doit devenir la tisane habituelle des gens maladifs et des convalescents. Nous n'hésiterons pas à dire que du jour où elle deviendra la boisson ordinaire des lympathiques, la plupart des

phthisics et des maladies scrol'uleuses en général seront conjurées.

Il en est de l'enfant comme de la plante que l'on met en terre. Celle-ci croît, se développe, prospère en raison des soins qu'on lui donne. Ce qui est vrai du règne végétal est vrai du règne animal; la nature est une.

Dans de bonnes conditions de climats, avec l'exercice, un régime tonique, une nourriture substantielle, des eaux salubres, on peut d'un enfant débile faire un nomme ayant à peu près le degré de santé et de force du commun des bommes.

S'il est impossible de changer tout à fait un tempérament, on peut du moins l'amender, l'améliorer, comprimer dans leur germe de fâcheuses prédispositions et conjurer ainsi les maladies.

L'hygiène, pas plus que la thérapeutique, n'opère des métamorphoses ; mais, comme la thérapeutique, elle opère des cures, et des meilleures, car elle attaque le mal à sa racine.

Nous bornerons là nos observations sur le traitement préservatif. Nous passons maintenant aux traitements palliatif et curatif, c'est-à-dire à l'examen des divers moyens qui sont employés lorsque les tubercules existent dans les poumons.

traitement palliatif. — Alimentation. — C'est ici que les dissensions commencent entre les auteurs. Les uns ordonnent le régime lacté et végétal, et pros-

crivent souverainement le régime animal et tonique, conseillé par d'autres. Nous croyons, nous, que l'alimentation doit varier suivant l'état de la constitution et de la maladie. On sait déjà que nous prescrivons le plus souvent le régime tonique avec mets épicés, sauf à combattre la constipation par des moyens appropriés. L'opinion de M. Andral est que les viandes rôties, le bon vin, l'exercice, l'iiabitationàla campagne, ne sont nécessaires que dans le cas où les tubercules ne sont pas encore développés. Si on a découvert leur présence, il faut prescrire un régime doux mais non débilitant; en un mot, la diète lactée, le lait d'ânesse, ou, à son défaut, celui de vache coupé. On a beaucoup vanté le lait de chèvre nourrie surtout avec le serpolet et des bourgeons de sapin. La diète lactée comprendra en outre beaucoup de légumes frais, tels qu'épinards et chicorée, ainsi que le riz, le tapioka, les pommes de terre, les fruits de la saison, et principalement les fraises et les concombres; les viandes blanches, les gelées animales et végétales ; un peu de vin de Bordeaux coupé avec de l'eau pure ou sucrée, ou avec de l'eau d'orge. M. Andral proscrit l'eau de gomme en tant que boisson exclusive, et ordonne la bière légère au début de la maladie.

Quant à l'habitation, elle doit se trouver dans les meilleures conditions possibles ; l'exposition au midi, les pièces larges et bien aérées. Les voyages, le séjour dans les pays chauds ne sont utiles que dans les deux premières périodes de la maladie. La navigation est plutôt un moyen prophylactique, comme le disent

certains auteurs, car elle accélère rapidement la marche rie l'affection.

Entin, les partisans de la loi d'antagonisme soutiennent que le séjour des pays marécageux, loin de favoriser le développement de la phthisie pulmonaire, en arrête au contraire les progrès.

L'existence de cette loi d'antagonisme n'est pas, selon nous, suffisamment prouvée. Quand nous étudierons les fièvres intermittentes paludéennes, nous démontrerons que ce n'est point en raison de l'état endémique de ces affections dans certains pays que la phthisie y est excessivement rare. Il n'est pas étonnant que les lièvres paludéennes soient plus graves, plus tenaces dans des localités oii la chaleur excessive fait évaporer une quantité considérable de miasmes marécageux. D'un autre côté, la phthisie pulmonaire est presque inconnue dans les pays chauds, à cause de 'influence des rayons solaires sur les vaisseaux lymphatiques. Le passage d'un pays très chaud (et que l'on n'a point quitté depuis son enfance) dans un lieu à température moins élevée, amène rapidement la phthisie pulmonaire. Aussi les nègres qui viennent habiter le nord de l'Afrique périssent-ils en grande partie de celte maladie. Toutefois, ils sont aussi sujets que les autres habitants aux affections paludéennes. Au contraire, les indigènes, et, à plus forte raison, les Européens, sont presque sûrement à l'abri la phthisie pulmonaire.

Les Arabes qui viendraient hahiterle nord de l'Europe se trouveraient dans le même cas que les nègres

dans nos contrées africaines. Tout cela dépend, nous le répétons, de l'influence de la chaleur solaire et non de la loi d'antagonisme qui existerait, dit-on, entre la phthisie pulmonaire et les fièvres intermittentes paludéennes.

L'action des rayons solaires sur le système lymphatliique fournirait matière à un volume. Les bornes de cet opuscule ne nous permettent pas de traiter ce sujet. Espérons que d'autres feront fructifier cette idée qui, nous en sommes certains, jetterait un grand jour sur la thérapeutique des maladies scrofuleuses et de la phtbisie pulmonaire en particulier.

Contentons-nous de conseiller fortement, avec MM. les docteurs Mitchell et Bertherand, le séjour du nord de l'Afrique à tous les phthisiques du premier et du second degré. De nombreux exemples de guérison attestent que ce pays leur est éminemment favorable. De tout temps, du reste, le nord de l'Afrique a été l'asile do ces malheureux malades. Nous savons que les Romains y envoyaient tous ceux qui étaient atteints du mal de poitrine.

Pendant l'hiver seulement, on habitera le midi, car l'été y est mortel aux phthisiques du troisième degré; l'île d'Hyères, celle de Madère sont très favorables aux tuberculeux, parce que les variations atmosphériques y sont presque nulles, et que la température y est à .peu près toujours la même. Pour donner une idée du climat de Madère et de son influence sur la phthisie pulmonaire, nous ne pouvons mieux faire que de rets

sumer en quelques lignes le travail tout récent que M. le docteur A. Barrai vient de publier.

Suivant les observations de ce praticien, la pression atmosphérique y est de 0,"' 760 en moyenne et sans variation notable. La température y diffère selon les lieux; mais dans un mémo lieu la variation est très peu sensible. La moyenne annuelle à Funchal est de G7° à l'ombre; celle de l'hiver est de 62° 88; celle du printemps 6i°45; celles de l'été 70° 89 et de l'automne 70° 19 (degrés Farenheit).

D'un mois à l'autre la différence moyenne est de 2" 09 ; Dans les vingt-quatre heures elle est de 3°.

Malgré cela, d'après les conclusions cliniques de M. Barrai, ce climat ne paraît favorable qu'aux tuberculeux du premier degré. Dès le second degré, le voyage est généralement inutile et peut même devenir fatal.

Borne convient dès le début de l'affection; Nice, Gènes, Naples, Florence sont funestes, car les variations de température y sont très fréquentes. La moyenne annuelle des saisons varie de 25 à 28°. On doit éviter la plus grande partie du littoral de la Méditerranée.

Sur les hautes montagnes au-dessus de 2,000 mètres, la phthisie pulmonaire est à peu près inconnue ; dans la zone montueuse moyenne, elle est très fréquente. En Angleterre, les phfhisiques sont d'autant plus nombreux que leur habitation est sur un sol plus élevé au-dessus du niveau de la mer. Dans les montagnes de la Suisse, sur les Alpes, sur la chaîne du Jura. « La zone phthisique pourrait être fixée approximativement entre quatre et cinq cents mètres et mille ou

douze cents mètres. » [M. Lombard de Genève, Climat des montagnes). A quinze cents mètres, elle disparaît complètement.

Enfin, pour ne rien omettre, nous dirons que le séjour aux eaux minérales naturelles sulfureuses ne convient que lorsqu'il y a menace de tubercules, et qu'il devient nuisible dans le cours de la maladie.

Les conseils que nous avons donnés à propos du traitement préservatif, conviennent dans le traitement palliatif. Nous n'y reviendrons pas.

Traitement curatif, dit rationnel. — Sous ce nom sont comprises toutes les médications qui se fondent, soit sur la cause présumée de la phthisie pulmonaire, soit sur l'action censée connue des substances administrées. Nous allons en faire le résumé en empruntant à cltaque auteur ce qui lui est particulier.

Emissions sanguines. — Elles ont été conseillées surtout par les partisans de l'école de Broussais. On fait des saignées répétées à distances convenables, dans le cas où une personne est atteinte d'une toux sèche, sonore, opiniâtre, avec douleur dans la poitrine, enlre les épaules, c'est-à-dire dans la phthisie commençante. Les émissions sanguines sont proscrites quand il y a des tubercules et surtout des cavernes. On les pratique encore dans le courant de la maladie, lorsque des symptômes évidents de phlegmasie se déclarent soit vers l'appareil respiratoire, soit vers les voies digeslives. Elles trouvent aussi leur application dans le cas de disparition d'une bémorrhagie habituelle.

Concurremment avec les saignées, <»n administre les boissons émollientes et tout l'arsenal des adoucissants et des tempérants. Il nous est impossible de donner une formule quelconque, attendu qu'il faudrait en citer pour chaque cas particulier.

Iode. — C'est sans contredit le médicament le plus employé dans la phlhisie pulmonaire. Nous le verrons administré sous toutes les formes, intérieurement et extérieurement, à l'état de sel et uni soit au fer, soit à la potasse. Morton le donnait sous la forme d'hydriodale de potasse iodé dans la première et la seconde période de la maladie. Voici sa formule :

Hydriodate de potasse. . . 0,3 décigiammes.

Iode 0,15 centigrammes.

Eau distillée 30 grammes.

De 3 à 5 gouttes par jour.

Donné en valeur, il a été déclaré très utile par les uns, inutile par les autres, et enfin nuisible par de nouveaux expérimentateurs. Récamier est allé jusqu'à dire que par son emploi des sujets scrofuleux sont rapidement devenus phtlusiques.

A l'état de prolo-iodure de fer, Dupasquier l'a mis au rang des substances les plus précieuses pour combattre la phtliisic. Selon lui, le proto-iodure de fer a une action tonique, astringente et résolutive; il diminue et finit par supprimer la suppuration des parois ulcérées des cavernes. Quand les cavernes sont petites et peu nombreuses, la guérison peut être détinilive. Sa formule est celle-ci :

. Iode 8 grammes.

Limaille de 1er 16

Eau distillée •>.",

Ajoutez : miel de narbonne. ... 30 Évaporez jusqu'à consistance de sirop;

ajoutez gomme adragante 12

Entre les mains de Dupasquier et de quelques autres praticiens, le proto-iodure de fer eut des succès certains. Mais il éprouva des revers dans beaucoup de cas. Et la raison en vient sans nul doute, de ce que ce sel se détériore rapidement. Il était très difficile de le conserver pur, avant les travaux de M. F. Gille, pharmacien, qui est parvenu à le rendre inaltérable. On est revenu à ce médicament, qui jouit à présent d'une réputation méritée.

L'iodure de potassium a été préconisé surtout par M. Piorry et administré à dose croissante depuis 0,50 centigrammes jusqu'à \ grammes pendant un mois et demi. L'habile professeur soutient qu'administré de cette manière, l'iodure de potassium lui a procuré des résultats très salisfaifants. Mais, comme toutes les autres médications, celle-ci a eu ses détracteurs.

L huile de foie de morue est peut-être la substance la plus connue et la plus généralement employée. On s'est fondé pour l'administrer, sur l'analogie qui existe entre les tubercules et les scrofules, et sur l'efficacité de l'iode dans celles-ci. Comme son goût répugne à beaucoup de malades, on lui a fait subir toutes sortes de préparations. L'huile iodée, Yiodoforme la rempla-

cent avec avantage. Ces deux dernières substances sont généralement admises aujourd'hui par les praticiens.

L'huile de foie de morue ne contient pas, comme on l'a pensé pendant longtemps, de l'iodure de potassium; elle renferme seulement de l'iode qui s'y trouve associé au brume, au chlore, au phosphore, au soulie , etc. Toutes ces substances réunies ne peuvent qu'être d'un très grand secours dans le traitement de la phlhisie pulmonaire.

C'est la même analogie qui a fait employer le fer sous toutes les formes, entre autres celle de son union avec l'iode.

Los exhalations forcées forment la base du traitement de Steinbreimer et de Ramàdge. Ces auteurs croient que l'habitude d'une respiration incomplète est la principale cause de la phlhisie. Ils font dilater outre mesure les cellules pulmonaires qui pressent ainsi continuellement les parois des cavernes. Toutefois ils défendent ce moyen dans les cas d'emphysème pulmonaire, de pleurésie, de pneumonie, d'hémorrhagie du poumon. C'estsurtout au début de l'affection qu'il faut y avoir recours.

Sous l'empire de la même idée, Dippel ordonne les frictions à l'huile animale dans un appartement fermé, étroit etebaufléà 18° ou 20° Iiéaumur. Il emploie de 4 à 6 grammes d'huile animale soir et matin. Le malade doit porter un gilet de peau de mouton ou d'agneau.

M. Piorry dit s'être parfaitement trouvé de la compression de la poitrine au niveau des points aflectés et

des cavernes pulmonaires. Cette compression n'est point employée dans le cas où les deux poumons sont largement compromis , ni dans ceux où un seul de ces organes est affecté dans une grande partie de son étendue, où la respiration est très gênée , où la constitution est détériorée; mais elle est avantageuse quand les cavernes sont circonscrites, superficielles, peu nombreuses, situées d'un seul côté, et principalement sous la clavicule.

La thoracenlhèse, au niveau des cavernes pulmonaires , a été essayée plusieurs fois depuis 1830 ; mais les exemples ne sont point encore assez nombreux pour fonder une opinion quelconque.

Voici ce que nous trouvons dans la Pathologie interne de M. Andral : « Les purgatifs et les émétiques ont été vantés par quelques médecins. Nous croyons qu'il faut en être excessivement avare; l'intestin, en effet, est disposé à l'inflammation, que les purgatifs ne pourraient que hâter ou exaspérer. » Nous sommes d'une opinion diamétralement opposée à celle du savant professeur, qui nous paraît avoir mal jugé l'action directe et réelle des purgatifs. Dans un ouvrage que nous publierons incessamment sous le titre de la Constipation habituelle , nous démontrerons que les purgatifs ne déterminent jamais d'inflammation directement; que, lorsqu'ils semblent augmenter l'irritation préexistante à leur emploi, c'est que leur administralion a été intempestive. Nous prouverons, nous en avons la confiance, que tout purgatif a une action hyposthénisante marquée, et que ce n'est qu'à celte con-

dition qu'il procure desselles plus ou moins nombreuses ; enfin , qu'on ne purge pas avec une substance irritante.

En fait de médication externe, les exutoires ont été employés par un grand nombre de praticiens, qui pensent favoriser par là la cicatrisation des cavernes, surtout au début de l'affection. Les vésicatoires sur la poitrine ; les frictions avec la pommade slibiée , avec l'huile de croton-tiglium , avec l'iodure de potassium; les sétons , les petits cautères multiples à l'aide de la potasse caustique ou du caustique de Vienne, des emplâtres de toute sorte, composent ce mode de traitement.

TRAITEMENT DES SYMPTOMES. — loUX. — COmmC

c'est ordinairement le symptôme le plus apparent, c'est celui qui a été le plus combattu par toute espèce de substances. Nous aurions fort à faire si nous voulions donner la liste de tous les sirops fabriqués dans l'intention de faire disparaître la toux chez les phthisiques; on les comprend généralement sous le nom de sirops calmants, adoucissants. Les juleps gommeux; les looclis contenant du musc, du castoreum, de l'assafœtida, les boissons mucilagineuses ; les extraits de belladone, de jusquiame ; l'acétate et l'hydrochloratc de morphine; les bouillons de poumon de veau, de tortue, de limaçon , de grenouille; l'opium, l'eau distillée de laurier-cerise , le sirop de valériane : telles sont les principales substances qui, sous des formes diffé-

rentes, ont été administrées à l'intérieur pour calmer la toux îles tuberculeux.

L'acide cyanhydrique, comme modérant l'activité trop grande delà circulation, a été d'un grand secours entre les mains des praticiens. Voici la formule :

Acide cyanhydrique 4 grammes.

Sucre pur 48 —

Eau distillée 500 —

A prendre par cuillerée à bouche le matin et le soir. Une autre formule qui réussit généralement bien esl celle-ci :

Teinture de musc 15 gouttes.

Sirop de valériane 30 grammes.

Eau distillée de laurier-cerise. . 12 —

Eau distillée de laitue 120 —

Une cuillerée à bouche toutes les heures.

Les aspirations de vapeurs aqueuses et narcotiques; les cigarettes de belladone , de jusquiame et de stramonium; celles de camphre, d'arséniale de soude, sont encore très employées de nos jours.

Enfin, si nous en croyons le docteur Louis, l'opium en lavement agit plus rapidement et plus complètement qu'administré par la bouche. L'émétique en lavage , l'eau de goudron , l'eau de Léchellc , jouissent d'une réputation méritée.

Comme applications externes propres à calmer ta toux, nous trouvons les cataplasmes émollicnls, les emplâtres de thériaque ou de belladone, celui de ciguë, vanté par MM. Trousseau et Pidoux.

Expectoration. — Le sirop de baume de Tolu, tous les pectoraux, l'infusion d'hyssope, l'ipécacuanha à doses fractionnées, l'émétique en lavage, les eaux minérales sulfureuses, surtout celles de Cbàles (Savoie), les préparations de bourgeons de sapin, les frictions sur les muscles de la poitrine avec de l'ammoniaque en lavage, ou avec le liquide généralement connu sous le nom d'eau sédative : telles sont les substances qu ont eu le plus de succès dans les cas où l'expectoration était pénible, laborieuse.

Contre les douleurs, outre les applications narcotiques, on préconise l'emplâtre de poix de Bourgogne, les ventouses Sèches ou scarifiées, les frictions à l'eaude-vie camphrée, aux baumes calmants.

Dans le cas de respiration difficile, on conseille de petites saignées, les sinapismes aux extrémités; quelques auteurs font respirer au malade un air beaucoup plus oxigéné, ou un air chargé d'acide carbonique. Dans ce cas, la digitale a joui aussi d'une grande réputation.

S'il y a congestion pulmonaire avec fièvre, et si le sujet est robuste, la saignée du bras, les sangsues sur la région sous-claviculaire ou axillaire, les révulsifs internes et externes sont de rigueur, suivant la plupart des auteurs.

Les accès intermittents sont traités par le quinquina et le sulfate de quinine.

hémoptysie (crachement de sang). — Ici les auteurs ne sont point d'accord. Les uns plaident pour les sai-

gnées plus ou moins répétées ; les autres les rejettent absolument. On a de préférence recours aux sinapismes, aux vésicatoires, aux ventouses Junod sur les membres inférieurs, au ralanliia, au tannin, à l'ipéca, à l'émétique, à l'opium à baute dose, au perchlorure de fer, aux lavements purgatifs; enfin à deux puissants bémostatiques qu'on ne saurait trop conseiller, l'ergotine Bonyean et l'eau de Léchelle.

Il ne faut pas proscrire systématiquement les saignées soit générales, soit locales, car elles peuvent être d'un grand secours dans certains cas, surtout, ainsi que nous l'avons déjà dit, au début de l'affection.

contre les sueors, on prescrit avec avantage le vin et le sirop de quinquina, le sirop de grande consoude, l'alun, les acides minéraux, l'eau de chaux, le sulfate de quinine à petite dose, l'infusion de sauge ou de quinquina additionnée de quelques gouttes d'acide sulfurique; l'agaric blanc, à la dose 0,20 à 0,50 centigrammes ; la cascarille, l'acétate de plomb ont été préconisés. Ce dernier est assez abandonné de nos jours. Les frictions vinaigrées et albumineuses, employées par quelques auteurs, sont redoutées par M. Andral.

La diarrhée et les vomissements sont combattus par l'eau de riz édulcorée avec le sirop de coings, le cacbou, le diascordium, la décoction blanche de Sydenbam, l'émétique, les purgatifs, l'ipécacuanba, les lavements amidonnés, additionnés de quelques gouttes de laudanum, le sulfate de cuivre, le nitrate d'argent, le

sous-acétate de plomb en lavement; enfin, les eaux acidulés, la potion de Rivière et les applications de vésicatoires volants, d'emplâtres de tbériaque sur l'al>domen, les frictions à la pommade stibiée sur la région stomacale, etc. Ajoutons à ces substances un nouveau médicament, la pepsine, qui est appelée à rendre d'importants services.

palpitations. — Tous les auteurs sont d'accord dans l'administration de la digitale à l'intérieur et à l'extérieur; à l'intérieur, la teinture alcoolique de digitale se donne à la dose de 1 à 4 grammes en potion ; la poudre de digitale à celle de 0,5 centigrammes à 0,6 décigrammes. La digitaline, qui est très employée de nos jours dans les mêmes cas que la digitale, se prescrit à la dose de 0,001 à 0,002 milligrammes, répétées deux ou trois fois par jour.

Voici une formule pour frictions sur la région du cœur, trois fois par jour :

Teinture étbérée de digitale pourprée. 1 gramme.

Laudanum de Sydenham 40 gouttes.

Baume tranquille 8 grammes.

Le sirop de digitale, les dragées ou granules de digitaline sont d'un grand secours dans le cas de palpitations du cœur.

Nous conseillons aussi l'eau aiguisée d'un 1/6 d'ammoniaque et appliquée sur la région précordiale.

TRAITEMENT A I.'aIDE DES MÉDICATIONS DITES EMPI- RIQUES — Chlore. —C'est à l'état gazeuv qu'il a été

employé et préconisé par Payensternn, Cottereau, etc. Suivanl la méthode de ces praticiens, on faisait de cinq à huit fumigations par vingt-quatre heures. Ces fumigations se prépaient en faisant dissoudre du chlore pur dans de l'eau distillée et élevée à la température de .']•*" Dans chaque fumigation il entre de 10 à 12 gouttes de chlore; on arrive successivement à la dose de 60 à 80 gouttes.

Uni à la chaux et sous la forme de chlorure de rliaux, Heisog en a l'ail le premier usage dans l'affection de la poitrine. Mais les expériences des autres praticiens ont démontré que ce sel ne convient pas dans la phthisie pulmonaire. L'auteur n'a pu réussir que dans de simples bronchites chroniques.

Un autre composé du chlore, le chlorure de sodium, a joui aussi d'une vogue passagère. C'est M. Amédée Latour qui le premier l'a administré, dit-il, avec beaucoup de succès. Il le donnait à la dose de 2 à 8 grammes par jour, soit incorporé dans du pain, soit dissous dans du bouillon. Comme toutes les autres substances, le chlorure de sodium, après avoir eu des partisans nombreux, a eu des détracteurs en aussi grand nombre.

Quelques auteurs ont aussi essayé, sans grand succès, Vhydrochlorale de chaux (Beddoès). Il en est de même du sous-carbonate dépotasse et du sel ammonium.

L'ammoniaque en lavage a été appliquée sur la poitrine au niveau des parties affectées, et surtout sur les points douloureux.

Goudron. — Les voyages sur mer ont quelquefois réussi à guérir des phthisiques. On crut d'abord que ce résultat était dû à l'atmosphère marine; puis, d'autres expérimentateurs, l'attribuant aux émanations du goudron dont sont enduits les navires, essayèrent de l'aire boire à leurs tuberculeux de l'eau, de goudron, et s'en trouvèrent très bien. M. Pétrequin, de Lyon, a su surtout en tirer de grands avantages , et il laut dire qu'aujourd'hui l'usage on esl généralement répandu. Quant à nous, nous le conseillons à tous nos malades.

Vomitifs. — C'est surtout au début de la maladie qu'ils ont été administrés, et, il faut le dire, avec succès, par un grand nombre de praticiens. A peu près tous les vomitifs ont été employés : ainsi, l'émétique , à la dose de quinze centigrammes; le sulfate de cuivre, à celle d'un gramme ; l'ipéca, à celle d'un gramme également ; le sulfate de zinc, à la dose de cinq à six décigrammes. Parmi les praticiens , les uns font vomir tous les matins ; les autres , le matin et le soir ; d'autres, tous les deux, trois ou quatre jours. Du reste, il est difficile de préciser; tout dépend de l'état de chaque malade. Lorsque la diarrhée survient, on cesse l'administration du vomitif.

Mous ne ferons qu'énumérer d'autres médications qui ont joui un instant d'une certaine réputation , et qui ont été ensuite délaissées. Il en a été ainsi de presque toutes celles entreprises dans le but de guérir radicalement la phtbisie pulmonaire. On a trouvé beaucoup de palliatifs , mais les curatifs sont rares. En fait de traitement externe, on a tenté des embrocations

huileuses ; des frictions avec du lard, avec un linimenl térébenthine , avec l'alcool, avec l'huile de crotontiglium à petites doses et souvent répétées. A l'intérieur, outre les substances que nous avons citées plus haut, on s'est servi de sulfate de quinine, de l'acide arsénieux, de l' acétate de plomb, du naphthe, du charbon, des inhalations d'oxygène, d'élher sulfurique, de l'air des étables, de l'acide carbonique, de l'hydrogène carboné; de l'inspiration des vapeurs de benjoin, de genièvre , de goudron , de créosote , de baume de éopahu , du baume du Pérou , du storax liquide , de gaz sulfureux. Le soufre, le mercure, le camphre, la ciguë, l'arnica, le mou de veau, les colimaçons, la tortue , la vipère, etc., etc., toutes ces substances ont été vantées par celui qui les a employées le premier, el repoussées en majeure partie par de nouveaux expérimentateurs.

L'aménorrhée survient souvent dans le cours de la phlhisie pulmonaire; on cherche alors tous les moyens possibles pour ramener les règles. M. René Van Ôye rejette l'emploi des emménagogues dans ce cas-là. Selon lui , ce genre de médication précipite la maladie.

M. le docteur Lecouppez a préconisé la pommade mercurielle à l'intérieur , et M. le docteur Aussandon la liqueur de Van Swieten.

L'extrait de ciguë a réussi aussi entre les mains de quelques praticiens. Voici une de leurs meilleures formules :

Extrait de ciguë 2gr. 50 cent.

Extrait de jusquiame 2 gr. 50 cent.

Mucilage d'acacia 8 grammes.

Triturez, et ajoutez :

Acétate d'ammoniaque .... 30 grammes.

Eau pure 150 —

Vin d'ipéca 5 — *

Sirop de coquelicot 10 —

A prendre deux cuillerées à bouche trois fois par jour.

On donne aussi la ciguë en fumigations :

Feuilles de ciguë 5 grammes.

Eau bouillante 500 —

Envelopper la tète d'un linge et respirer pendant cinq à dix minutes.

L'aconit a joui d'une grande réputation, donné à la dose de 0,10 centigr. jusqu'à celle de k grammes par jour, de deux en deux heures.

Les semences de fenouil d'eau, unies au nitrate de potasse, ont eu leurs partisans :

Semences de fenouil d'eau de 0,25 à 0,75 centigr.

Sucre de lait 0,50 —

Nitrate de potasse. . . . 0,30 —

Gomme arabique .... 0,40 —

Mêlez, pulvérisez, et faites 12 paquets : à prendre trois par jour.

Voici une formule du lactucarium, substance qu'on administre encore de nos jours ; surtout en sirop :

Lactucarium 90 grammes.

Racine de poly gala, 90 —

Réglisse 24 —

Douce-amère J2 —

On en fait bouillir le tiers dans du lait, et on le prend en une journée.

La créosote a été administrée à l'intérieur à la dose de 2 gouttes dans GO grammes d'eau bouillante additionnée de 30 grammes de sirop.

Nous donnerons encore la formule de la myrrhe associée au sulfate de fer et au carbonate de potasse :

Myrrlie 4 grammes.

Carbonate de potasse 2

Triturez et ajoutez :

Eau de menthe. ...... 360 grammes.

Sulfate de fer 60 —

Sirop de guimauve 30 —

A prendre par quatre cuillerées dans les vingt-quatre heures.

Le sulfure de potasse a été employé en frictions dans l'intérieur de la bouche et du pharynx :

Miel 120 grammes.

Sulfure de potasse 2 —

Enfin la térébenthine unie au galbanum, le styrax

associé au castoréum , à l'opium , à la gomme ammo^

niaque, ont de tout temps fixé l'attention des praticiens dans le traitement de la phthisie pulmonaire.

Dracke a conseillé les aspirations d'air froid; un autre auteur, dont le nom nous échappe, proscrit, presque complètement, les boissons dans cette affection.

traitement de m. turck. — M. Turck préconise le traitement suivant :

1° Soustraire les malades à l'action du froid et les placer dans une chambre dont la température soit très chaude et constamment la même, de 40 à 45° centigrades ;

2° Diminuer l'action des poumons en tenant constamment de l'ammoniaque en évaporation dans la chambre des malades ;

3° Rétablir les fonctions de la peau en augmentant les sueurs et en les rendant acides au moyen de topiques alcalins;

4° Prévenir ou combattre le dévoiement et diriger l'alimentation de manière à ce que les malades soient habituellement constipés.

Nous soulignons nous-mêmes ces derniers mots, car nous nous élevons de toutes nos forces contre un état qui ne peut que favoriser la congestion pulmonaire, et amener rapidement la dyspepsie. Or, il est inutile de dire que lorsque le malade en arrive là, le praticien voit presque tous ses efforts échouer. Il faut, au contraire, entretenir chez les tuberculeux le tubediges* tif à l'état parfaitement libre; de cette manière, les

digestions sont presque toujours bonnes ; le malade conserve ses forces physiques, et cela seul vient puissamment en aide à l'action des médicaments.

traitement de M. piorry, par l'iodure de potassium. — C'est cet habile praticien qui a employé avec le plus de succès l'iodure de potassium à l'intérieur et à l'extérieur.

M. Piorry donne ce sel (à l'intérieur) à la dose de 0,30 centigr. à 3 grammes par 2i heures, pendant un temps variable de 5 à 12 jours. Enhardi par quelques brillants résultats, M. Piorry résolut de cicatriser les cavernes par l'action directe de l'iode dans leur cavité. Pour cela, il fit usage de l'inspiration de la vapeur d'iode à haute dose. En même temps, il faisait pratiquer à l'extérieur, au niveau même des cavernes, des frictions avec la teinture d'iode. Selon les cas. M. Piorry ordonnait soit le tartrale antimonié de potasse, soit les astringents quand il survenait de la diarrhée, soit le sulfate de quinine quand il y avait des redoublements fébriles nocturnes. Un régime réparateur, des pectoraux, des loochs, complétaient l'ensemble du traitement.

TRAITEMENT DE M. DE LAMARRE. — On a à peu |H'('-

de tout temps préconisé les limaçons contre les tubercules. La partie mucilagineuse de ces êtres contient la substance active médicinale. Mais chacun, eu lui-même, en renferme fort peu. M. fie Lamarre, voulant accroître sa puissance en la coni entrant, l'acj-

ministre, sous le nom d'hélieine, à haute dose dans un petit volume. Il dit en avoir obtenu de grandes réussite. On l'ordonne généralement en sirop.

TRAITEMENT DE M. LOMBARD (DE LIÈGE). — M. Lombard, .professeur de clinique à Liège, ayant à traiter un phthisique, s'adresse à l'étal général, à la constitution même, et ne s'occupe point du tout de l'état local. Aussi n'emploie-t-il jamais de révulsifs spoliateurs ; jamais de sélons, ni de cautères, ni de saignées, ni de sangsues, ni de ventouses scarifiées. « Le retour de l'appétit par quelques doses de vin amer aromatisé; la régénération par un régime analeptique, par les martiaux sous des formes variées, et l'huile de foie de morue associée à un peu de liqueur alcoolique ; enfin le réveil et l'excitation du principe des sources ou des forces de la vie par tous les modificateurs de l'hygiène et les préparations propres à tonifier, à stimuler même légèrement l'économie, voilà nos moyens de reconstitution des sujets. »

« Un fait que j'ai pu confirmer, ajoute M. Lombard (de Liège), c'est que la pâleur, la débilité, l'anémie des tuberculeux, sont plutôt des conditions favorables que défavorables, pour que notre traitement réussisse, sinon à guérir toujours, au moins à améliorer dans presque tous les cas. »

TRAITEMENT DE M. VINCENT DUVAL. — * Élève Ct ami

de l'illustre Broussais, M. Duval est resté en grande partie fidèle à la doctrine de son maître. Aussi le

voyons-nous recourir, dès le début de l'affection, aux saignées, aux sangsues, aux ventouses scarifiées. Dans la phllrisie, c'est principalement l'état subinflammatoire qu'il traite. Il proscrit complètement le régime Ionique et excitant; lors même qu'il existe des cavernes, il attaque « l'ennemi par des applications de sangsues, de ventouses scarifiées, des vésicatoires, des antimonJaux, etc. » Un régime doux, lacté, végétal, l'huile de foie de morue, l'émétique en lavage, le bromure de potassium, les sédatifs du cœur et des vaisseaux. Tels sont les principaux médicaments de M. V. Duval.

Cet habile praticien donne la préférence au bromure de potassium sur l'iodure de potassium. « J'ai observé, dit-il, que le bromure de potassium possédait souvent plus d'action que l'iodure, et qu'il n'avait point l'inconvénient de déterminer de la sensibilité aux yeux, ou des conjonctivites, ou de ces éruptions cutanées, eczémas, prurigos, que l'on voit quelquefois se développer pendant l'administration de l'iodure de potassium. Ce sel, car on peut nommer ainsi l'iodure de polassium en dissolution, peut provoquer aussi des salivations très rebelles. J'ai vu des accidents de ce genre se produire cinq ou six fois sans que j'eusse prescrit de calomel. C'est pour cela que j'emploie le bromure de potassium de préférence à l'iodure.» (Traité pratique et théorique de la maladie scrofuleuse, 1832.) M. V. Duval donne le bromure de potassium à la dose de 6 grammes, dans eau distillée 180 grammes. On met une cuillerée à bouche de cette dissolution dans

Une tasse de houblon bien sucré, que l'on boit tous les matins.

Contre la toux, la potion suivante :

Eau distillée de laitue 120 grammes.

Eau distillée de laurier- cerise. . tO —

Tartre stibié . 0, 25 centigr.

Sirop d'ipécacuanha 30 grammes.

Sirop diacode 30 —

Contre les hémoptysies, la saignée, le seigle ergoté, la digitale, l'acétate de plomb, l'alun, l'extrait de ralanhia, les ferrugineux, les boissons glacées, selon les cas particuliers.

Pour arrêter les transpirations, le sulfate de quinine, associé aux sédatifs du cœur et des vaisseaux, tels que la digitale, le seigle ergoté, etc.

Voici, du reste, une de ses formules à laquelle il a souvent recours contre les sueurs considérables :

Sulfate de quinine 1 gramme.

Extrait de seigle ergoté 1 —

Ex trait de digitale 1 —

Camphre 0, 50 centigr.

Mêlez et divisez en pilules n° 20, à prendre deux ou trois chaque soir.

Ce qui nous a plu surtout dans le remarquable travail de M. Duval sur la phthisie pulmonaire scrofuleuse, c'est que ce distingué praticien s'occupe, avant toute chose, du tube digestif qu'il remet, autant que

possible dans son état normal, et propre à recevoir les remèdes destinés à l'organe de la respiration.

Nous aurions voulu donner ici le traitement spécial du docteur Barrier, dont la perte récente sera surtout ressentie par les nombreux malades qui lui doivent la conservation de la vie. Partisan de la doctrine iatraleptique, à l'inspiration du gaz acide carbonique qui s'échappe des sources de Celles (aidé de l'union factice de l'iode), il ajoutait la cautérisation de la trachée par les sels contenus dans ces eaux minérales. Il n'a malheureusement publié aucune formule. Espérons que son successeur, muni de ses nombreuses notes, voudra bientôt en enrichir la science.

TRAITEMENT DE GIOVANNI DE VITT1S. — Pour toute

tisane, il conseille le lait étendu de deux tiers d'eau ; pour nourriture, du riz cuit en consistance de bouillie. Matin et soir le malade prendra une cuillerée de la potion suivante :

Tartre stihié- 0, 15 centigr.

Infusion de sureau 130 grammes.

Sirop simple ■ 30 —

Dans le cas de diarrhée colliquative, le riz est remplacé par deux tasses de chocolat.

Si au bout d'une demi-heure la potion n'a pas produit de vomissement, on administre une deuxième cuillerée : si elle produit des évacuations alvines trop abondantes, on en suspend l'emploi et on la remplace par les pilules suivantes :

Ipéca torréfié et pulvérisé. ) 1 . \ \ aaO, oO cenligr.

Digitale pourprée, )

Mêlez exactement et faites 10 pilules, à prendre une toutes les heures.

traitement de m. Churchill. — Ce praticien croit avoir trouvé un spécifique contre la plithisie pulmonaire dans l'hypophosphile de soude. Selon lui, ce sel jouit de sa plus grande activité dans la troisième période de la maladie. M. Churchill ajoute que cette troisième période est moins grave que la seconde, et qu'il est plus facile de guérir au troisième qu'au second degré. Des expérimentateurs ont avoué n'avoir rien obtenu de l'hypophosphite de soude. Il y aurait eu même, selon quelques-uns, aggravation de la maladie. M. Churchill répond que le sel employé dans ces cas malheureux était mal préparé; selon lui, la condition indispensable du succès est l'extrême pureté de l'hypophospliite de soude. Nous n'entrerons pas dans ces débats; nous attendrons les résultats, tout en nous réservant de faire aussi des expériences.

Enfin, pour ne rien oublier, nous indiquerons les intéressantes expériences de M. le docteur Daud sur lessuhstancesphosphorées extraites des animaux, dans les maladies chroniques de la poitrine.

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