‹ Derniéres heures de RachelChapitre 2 sur 19 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LETTRES A HACHEE.

Quand la vie d'une personne illustre est menacée, tous ceux qui ont admiré son talent et que son génie a émus , tous ceux qui croient avoir, été sauvés d'une affection analogue, par une médication quelconque; tous s'empressent d'accourir pour arracher sa proie à la mort.

Cet élan spontané , général , se remarque surtout pour l'artiste populaire, qui a profondément remué l'âme humaine et fait vihrer, une à une , toutes les fihres du cœur. Ce n'est pas à nous qu'il appartient de faire l'éloge de Rachel. Rien ne prouve mieux les sympathies universelles dont elle était l'objet que cet empressement de tant d'admirateurs, amis ou inconnus, à se disputer l'honneur ou, pourmieux dire, le bonheur desaguérison.

Qui n'applaudirait à ce généreux élan , également honorable et pour Rachel et pour ses correspondants? Nous devons, toutefois, faire remarquer que, souvent, les conseils multipliés nuisent plus qu'ils ne servent,

Ici, l'abondance est un danger. Le malade, impatient de guérir, ou de se soulager, va d'une médication à l'autre, détruisant par celles-ci les effets peut-être salutaires de celles-là , essayant de tout , n'achevant rien.

Pour le malade, tout est bon , hormis ce qu'il y a de plus raisonnable ; le nouveau l'attire, le merveilleux le séduit. Que de malheureux aggravent leurs souffrances, abrègent leur existence , en prêtant une oreille trop attentive aux affirmations officieuses de l'amitié et du dévouement 1

Comme nous le démontrerons plus loin , le mérite d'un bon traitement consiste dans le choix des substances appropriées à chaque individu , à son âge, à son sexe, à sa manière de vivre, à l'état plus ou moins avancé de l'affection, etc. En faisant l'analyse des médications conseillées, nous comprendrons pourquoi elles réussissent chez les uns et ne donnent aucun résultat chez les autres. En attendant, reproduisons les lettres qui ont été adressées à Rachel sur sa maladie. Nous n'avons pas besoin de rappeler que Rachel est morte de phthisie pulmonaire.

Nous copions textuellement ces lettres; nous n'y changeons rien , nous nous abstenons de tout commentaire. Ceux qui les ont écrites ont tous eu, soit un sentiment de pitié pour la grande àme qui s'envolait, soit un sentiment de reconnaissance pour l'illustre interprète de nos grands poètes. Rachel les a tous remeriés du fond du cœur. Elle a souvent exprimé le désir de réunir dans un recueil ces pensées généreuses.

Nous sommes heureux d'avoir été choisi pour réaliser un des derniers souhaits de cette artiste hors ligne.

Notre profession nous commandait de faire ressortir de ces lettres tout ce qui nous paraissait être réellement utile aux malheureux tuberculeux. Nous croyons avoir rempli ce but en résumant, aussi bien qu'il nous a été possible, les traitements qui ont été préconisés, jusqu'à ce jour, contre la phtbisie pulmonaire. Le lecteur y retrouvera ce qu'il aura déjà lu dans les lettres adressées àKachel, mais avec plus de détails et entouré de quelques remarques.

Nous ne classons pas les lettres qu'on va lire ; nous les donnons par ordre de dates. Elles ont déjà été publiées dans le Moniteur des hôpitaux.

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