‹ Derniéres heures de RachelChapitre 9 sur 19 · LETTRE X · texte numérisé non relu

LETTRE X

[....'.„ 31 octnhre 18W.

.Mademoiselle, Depuis que je vous sais en France, et toujours bien souffrante d'une, cruelle maladie par laquelle je viens de passer, je

ne puis résister au désir incessant qui rue tourmente de vous écrire, pour vous indiquer le remède qui m'a guérie.

Je commencerai par vous dire que je suis la femme d'un négociant de cette ville, dont la positron assez élevée vous ôtera toute idée autre que celle de rendre une mère à ses enfants et une femme aussi illustre à notre pays.

En septembre 1854, je pris une bronchite aiguë, qui s'aggrava de jour en jour ; la toux ne me quittait pas d'une seconde, et la fièvre était continuelle. J'essayai de tous les remèdes possibles, rien n'y fit ; au contraire, la maladie s'étendit au poumon droit ; les crachats devinrent effrayants. Je fus condamnée par les premiers médecins de notre ville; je fus à Paris consulter M. Amiral : même avis de sa part.

On m'envoya àllyères en même temps que vous partiez pour l'Egypte ; je ne m'y trouvai pas mieux. Je me mis à cracher le sang et à prendre de violentes et successives hémorrhagies. Deux ans et demi se passèrent ainsi entre la vie et la mort, entourée des soins de ma famille éplorée. J'en étais là en avril dernier, lorsqu'une de mes parentes, qui habite Paris, me conseilla l'eau de Léchelle, qui avait sauvé une dame qui se trouvait dans mon état. J'en fis de suite usage, et, au bout de trois flacons, ma toux et mes crachats disparurent entièrement; je fus sauvée! Je continuai de prendre de cette eau bien régulièrement pendant trois mois. J'en bois encore un peu de temps eu temps par précaution : voilà donc six mois de passés; ma toux n'est pas revenue, et le médecin m'autorise à passer cet hiver à Lyon, entourée de mes nombreux enfants.

Cette eau est composée par M. Léchelle, pharmacien-chimiste, rue Lamartine, 35. Il en a des dépôts dans toutes les villes. Si, par hasard, elle ne se trouve pas à Cannes, il y en a ici, ou bien vous lui écrirez de vous en envoyer.

Les médecins qui m'ont consultée pendant ma maladie et après disent que c'est une résurrection. Il n'est pas possible que vous so) ez plus malade que je l'ai été. Depuis l'année dernière, j'ai engraissé de vingt livres.

\\ei- chaque flacon est la manière de s'en servir. Voici

comment j'ai fait : dans un dejni-verre d'eau un peu tiède, je mettais deux cuillerées il bouche de l'eau de Léchelle, et je sucrais avec du sirop de gomme. Je répétais cette dose trois fois par jour.

Tous les médecins ne connaissent pas, malheureusement, ce remède ; cependant, à Paris, il devient h la mode ; son emploi dans aucun cas ne peut être nuisible, le goût n'est pas désagréable. Je ne sais si vous crachez le sang, n'importe ; son effet comme cautérisation est certain. J'ai la plus vive conviction qu'elle vous guérira. Mon inspiration doit être heureuse; prenez-en, et un jour j'aurai de vous un remercîment.

Si vous teniez à avoir de moi encore quelques renseignements, je suis toute à vous ; je vous conseille de ne pas prendre les avis des uns et des autres ; passez outre et essayez.

Recevez, etc. Élisa Pin.

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