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petit cabinet, très-chaud parce qu'il était voisin du four, et dès lors très-bon pour la saison d'hiver.
Dans la soirée, Reboul appartenait à ses amis, et, sortant de ses profondes méditations politiques ou religieuses , redevenait le gai compagnon de 1820. Comment priver nos lecteurs du charmant tableau de genre , si finement peint par M. de Pontmartin , et qui représente Reboul « à 6 heures du soir ? »
« Lorsque j'étais appelé à Nimes par de vulgaires intérêts d'administration rurale ou de propriété , et que, sur cette magnifique esplanade que décore la fontaine de Pradier, devant le café Peloux, oii se dépense, chaque soir, plus d'esprit que dans bien des cafés du boulevard , je retrouvais Reboul calme , serein, le sourire aux lèvres, le pied dans cette poussière contemporaine des Césars , le front dans l'Olympe chrétien, me couvrant de ce regard où se confondaient le bonhomme , l'honnête homme et le grand homme, mon premier mouvement était de l'envier,
mange, comme de la chaumière dont le toit l'abrite, comme de l'enfant pâle et maigre qu'il presse dans ses bras. Tout cela est mieux à lui que les richesses ne sont aux riches ; ces objets nécessaires à sa vie, à son regard, à sa tendresse, il se les assimile avec une puissance particulière dont les heureux n'ont pas le secret. A l'hôtel des ventes, un bibliophile millionnaire ne donnerait pas deux louis de celte douzaine de volumes; mais Dieu leur a assign<î un prix inestimable, en permettant à une âme de s'imprégner de ces âmes, d'en refléter la lumière, d'en entretenir sa flamme , d'ajouter un anneau à la chaîne sacrée »
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non-sciilcment pour son génie, mais pour ce bonheur et ce talent qui me semblent supérieurs à tous les autres, et qui consistent, pour le penseur ou l'artiste, à établir une parfaite harmonie entre sa vie et son œuvre, ses g^oûts et ses habitudes, ses travaux et son entourage , son tableau et son cadre, le monde intime qu'il habite par la pensée et le monde extérieur où son inspiration se retrempe, se repose et se recueille. »
Dans ses dernières années, h mesure qnc le travail lui devenait plus difficile, Reboul se promenait davantage. Môme il finit par se faire une habitude d'aller tous les jours « au Mazet * ». Là, il était heureux de réunir ses connaissances, et de leur offrir un double repas : celui d'un rôti ou d'un plat de cagaraulcs (escargots) , arrosés d'un vin généreux, celui d'une conversation animée, pétillante, sillonnée de francs éclats de rire, de joyeux propos et de fusées politiques ou chrétiennes d'un éclat saisissant. M. J. Canonge , dans sa Notice sur Pradicr , n'a pas oublié de raconter que l'habile sculpteur , invité dans l'une de ces parties , si chères à Reboul , lui fit le grand
1 Diminutif de mas (inansio); pelile maisonnette d'une ou deux pièces, onlourée de quelques souches et de quelques oliviers. C'est là que les Niaiois aiment h s'aller d<<lasscr , le dimanche, après la messe entendue, des travaux de la semaine.
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honheur de charbonner , sur le plâtre blanc d'une cloison, au-dessus de la cheminée , l'image d'une Vierge-Mère. Assis nous-môme , avec le R. P. d'Alzon et M. Germer-Durand, à la table amie du bon poète, nous nous rappelons et l'entrain avec lequel il nous versait son vieux Lédenon et l'enthousiasme qu'il mettait à nous faire admirer la merveilleuse ébauche , signée, à défaut de nom, par le talent qu'elle révélait *.
C'est au milieu de cette existence tranquille , entourée de la sympathie universelle et d'une estime plus honorable encore que la sympathie , c'est à l'heure où sa précoce vieillesse commençait à demander un repos absolu , que la chute de Louis-Philippe et l'avènement de la République vinrent surprendre Jean Reboul , et l'exposer brusquement à l'ardente atmosphère des Chambres politiques.
« 2 Sa popularité sans rivale le désigna au choix des électeurs ; Reboul se laissa nommer représentant, persuadé sans doute que si tous ses collègues n'étaient pas des anges , la plupart étaient des enfants. Il arriva
1 Reboul eut le chagrin de voir vendre ce cher Mazet. pour faciliter des arrangements de famille, Plus lard, il put en acheter un autre, aussi sur la route de Montpellier, mais placé celte fois sur la droite du chetnin, près du pont du chemin de fer. — Pour arranger ce second Hlazet, il aurait dévalisé les greniers de tous ses amis. Chacun d'eux lui fil hommage de quelque partie de l'ameublement; ces (Mifanlillages ravissaient le bonhomme et reposaient le grand hoinine.
2 Tout le passage qui suit est emprunté à M, de Pontmartin.
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donc au milieu de cette cohue , et je crois le voir encore, dans le jardin d'une maison amie, au bruit lointain de la fusillade ou du tambour, son beau front penché vers la terre , sa lèvre tour à tour plissée par l'inquiétude et l'ironie, me demandant ce qu'il était venu faire dans cette bruyante galère. C'est un fait digne d'être remarqué à l'honneur de la religion et de la poésie, sa sœur cadette, que le plus grand des orateurs catholiques et le plus pur des poètes chrétiens, Lacordaire * et Rcboul, tous deux populaires , tous deux tendrement attentifs aux douloureuses énigmes de l'inégalité sociale, aient été à la fois attirés et épouvantés par la république de Février : — attirés , car elle ouvrait à leur amour pour l'humanité des perspectives vagues , mais infinies ; elle répondait à cet idéal que porte en soi toute âme généreuse , et que gênent singulièrement les cours et les chambellans, les habits brodés et les journalistes officieux ; — épouvantés, car les violences insensées de l'attaque, les rigueurs forcées de la répression , la sauvagerie des doctrines, l'anarchie des intelligences , le conflit des
1 Le 5 janvier 1857, le Père Lacordaire écrivait h Reboul: «Vous me deinaiidcz une prière; en dchange du plaisir que vous m'avez fait , je prie Dieu de nous conserver longtemps votre muse.
« llonnôte, chaste et clirétienne, elle est un desornemenls de noire slf?cle , uae consolation pour tous ceux qui ont conservé Je culte du vrai beau ! »
CXXIV JEAN UEBOUL.
utopies servies par les barricades et des intérêts servis par les baïonnettes , devaient nécessairement froisser en eux les mansuétudes du chrétien et les délicatesses de l'artiste. N'importe! ne nous plaignons pas trop du court passage de Reboul à travers une assemblée délibérante; il s'en tira, j'allais dire qu'il s'en vengea en poète, en poète qui n'attend pas que Platon l'exile de la République , et qui en sort en secouant sur ce seuil menacé par les Furies la brillante poussière de ses hémistiches. VEpître à M"\ datée du 21 juin 1849, est ravissante d'esprit, de verve , de bon sens, de fine et piquante malice. Le satirique de 1820 s'y retrouve dans toute la maturité de son talent, sur un terrain plus vaste, en face de spectacles admirablement ajustés à son honnête raillerie.
« Le poète se meurt sous le représentant...
« Quand pourrai-je au Mazet^ rêvant à quelque ouvrage,
D'un cigare au soleil livrer le blanc nuage!
Je rends grâce à tous ceux qui m'ont donné leur voix ,
Mais je n'étais pas né pour fabriquer des lois.
Arraché comme une algue au fond de mou asile ,
L'orage m'a jeté dans cette grande ville
Pour réparer à nçuf un monde déjà vieux.
Errant dans les détours d'un palais ennuyeux ,
1 TrodUionnelles. liv. v. p. 283.
JEAN REBOUL. CXXV
Je regarde opérer les élus de la France ,
Et n'osant avouer ma candide ignorance ,
Je m'escrime comme eux , malgré tous mes dégoûts ,
A chercher le biUou qui n'aura pas deux bouts...
Du sophiste titré jusqu'à Monsieur Prud'homme ,
Ici toute folie a député son homme.
On apprendra gratis le grec et le latin
Aux malheureux qui n'ont ni culottes ni pain etc »
Mais une boutade de poète ne pouvait ôtre l'unique sillon tracé par l'àme sérieuse de Reboul sur l'inquiet océan des passions politiques. Il était bon que l'on pût voir à nu les sentiments de cet bomme, si simplement grand. Avant d'aller à l'Assemblée constituante , il disait à ses électeurs : « Ne me nommez pas. Je ne suis pas fait pour cela. Toutefois, si vous le voulez absolument, faites. J'irai partout pour vous et pour la France, partout, même au Calvaire ! ^ »
Une fois à Paris , il tint une conduite digne et calme, se nourrissant des souvenirs et des nouvelles qui lui venaient de sa cbère famille , évitant la contagion du luxe et de l'orgueil , évitant surtout dans ses votes tout
1 Sa parole lit une Icllc impression par son accent de vcritc qne , aujourd'liui niOuic , 2 janvier 18G5, un homme du peuple nous a rapporlé les moindres delails de ce discours,» limide, embarrassé, » mais d'une admirable loyauté.
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JEAN REBOUL
ce qui pouvait faire croire « qu'il tenait à la prorogation de l'Assemblée ^ ».
Lorsque, la Chambre dissoute, il eut regagné son humble toit, Reboul demeura silencieux, sans vouloir ni décliner ni solliciter un nouveau mandat pour l'Assemblée législative. Un moment , il crut à la nécessité pour lui d'expliquer ce silence qu'on interprétait comme un désistement ; puis , il craignit que ces explications ne devinssent un sujet de peine pour quelques-uns de ses amis ; il supprima sa déclaration. Nous avons retrouvé cette noble page , et , discret à Texemple de Reboul , nous ne voulons pas la publier intégralement. En voici cependant les passages saillants :
« Mes chers compatriotes ,
« Malgré U répugnance que j'ai toujours eue à faire du bruit dans les journaux, je sens que je dois aujourd'hui la vaincre....
« ... Appelé dans des jours difficiles à vous représenter à l'Assemblée constituante, je crois avoir loyalement rempli mon mandat. Tous mes votes ont été donnés dans le sens des grands principes sociaux que j'ai défendus toute ma vie, et auxquels , je l'espère bien, il me sera donné de rester fidèle.
1 Lettre à sa sœur, du lu décembre 1848. — « L'Assemblée seul le roussi , » disait-il.
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« Il n'est point dans mon caractère de courir après les honneurs; dans les temps où nous sommes , je conçois le sacrifice et non pas l'ambition ; avant de me livrer , il faut qu'il me soit bien prouvé que la Providence veut de moi.
a Ces considérations vous expliquent le silence que j'ai gardé en dernier lieu sur ma candidature
« .... Je fais place, avec satisfaction, à des hommes qui me valent en intégrité , et qui me sont supérieurs par le talent et la science politique.
« Quoiqu'il en soit, mes chers compatriotes ,je
quitte sans regret , heureux de vous avoir servis , une position peut-être trop élevée pour moi. Je rentre avec joie au sein d'une famille qui a peu de science , qui vit de ses labeurs, mais qui du moins a eu le bon esprit de ne pas m'entourer de ses exigences et de ne rien attendre de mes honneurs passagers. Je n'ai point , grâce au ciel , brisé mes anciennes idoles aux pieds du démon de la politique. Je vais reprendre des études qui me sont chères ; si elles ne jettent pas nu grand éclat, au moins elles n'ont pas contribué au désordre des esprits ni coûté uue obole au trésor de l'État. »
Nous aimons à voir Reboul descendre ainsi avec majesté, en vrai représentant du peuple français et chré-
CXXVin JEAN REBOUL.
tien , les marches du palais où il avait momentanément siégé.
C'est le privilège de ces grands cœurs que, d'instinct, ils vont à ce qui est le meilleur et le plus digne.
Rendu à ses loisirs , à sa famille , aux lieux aimés qui connaissaient et enchantaient sa Muse , il semblait que Reboul fût destiné à nous donner le spectacle consolant de la vieillesse , soutenue par la foi et par la vertu.
«Ce fut, hélas! au contraire, à ce moment-là même que le poète ^ sentit se détendre en lui ce grand ressort qui est plus que la force et plus que la santé , l'inspiration. C'était pitié de voir ce ferme esprit et cette robuste constitution s'allanguir sous un incurable marasme ! Morose , et la main sur le front , il allait , disant partout que Dieu l'avait frappé au siège même de la pensée. Son mal, en effet, n'était que là! mais où pouvait-il être plus dangereux, puisque c'est par là que vivent les poètes ? »
Vainement un habile docteur 2 , éminent praticien et
1 La citation csl prise de l'admirable article de M. L. de Gaillard, dans V Assemblée tiatioridle et la Gazette Ue Lyon, mars 1857.
2 Le O' Pleindoux , aîné.
JEAN UKIJOLL. CXXIX
théoricien profond, essaya-t-il de combattre, par des remèdes ou des distractions, la disposition maladive dans laquelle son regard perçant découvrait un ramollissement du cerveau.
Vainement, une sœur, « digne de celle du Tasse, tout à la fois mère , amie , compagne , sei*vante , dévouée au repos et au bien-être de son frère, au moins autant qu'à sa gloire, se résolut-elle à quitter le foyer qu'elle n'avait jamais perdu de vue pour accompagner son cher malade en de lointains voyages: » il était troj) tard : Reboul était atteint mortellement. 11 traîna six ou sept ans sa blessure. La publication des Traditionnelles le fit un instant revivre ; mais des chagrins, des mécomptes , sur lesquels il ne s'est jamais complètement exprimé, détruisirent ce mieux passager, et vers la fin de 1862 , il fut évident pour tout le monde que notre illustre compatriote n'avait plus que peu de temps à passer sur la terre.
Tristes jours que ces derniers jours! Quel effrayant exemple de la misère humaine que la décadence prématurée d'une intelligence, si longtemps vigoureuse! Il était là, couché ou assis, ne songeant qu'à ses maux, ne parlant que de sa prochaine guérison, s'attendrissant quand on lui récitait ses propres vers, et demandant avec curiosité quel en était l'auteur. Ce n'était pas l'enfance ni l'imbécillité , mais un morne
CXXX JEAN REBOUL
silence , interrompu par quelques rares lueurs de son ancien génie. De lui, comme de X. de Maistre, on aurait pu dire alors ce mot ingénieux et poignant: C'est une ruine que les esprits visitent quelquefois. Il nous semble assister encore à la douloureuse visite qu'il fit à Mgr Plantier , dans le jardin de l'Évêché , à la fin de l'hiver. Soutenu par deux amis dévoués, M. Demians et M. l'abbé Privât *, il marchait péniblement , traînant ses pauvres jambes , enflées et débiles. Il essayait encore de sourire ; mais ce sourire faisait mal, et c'était un spectacle navrant que celui de ces pas incertains , chancelants , qui rappelaient , par un amer contraste , les essais impuissants d'un petit enfant pour se tenir debout. Hélas! l'enfant arrive à la jeunesse et à la force; hésitant aujourd'hui , il sera ferme demain. Reboul, au contraire , se rapprochait du terme fatal après lequel vient la longue immobilité du tombeau.
Chose singuhère! dans ces moments-là même, son visage gardait l'empreinte d'une indomptable énergie. Quinze jours à peine avant sa mort , il nous fut donné de le voir, assis dans un vaste fauteuil que les siens entouraient avec le respect et l'amour de sujets fidèles pour un roi vénéré.
Quand nous nous approchâmes de lui, Reboul nous reconnut; il nous tendit la main; puis, sans parler,
1 Vicaire-général eL chanoine de Nîmes, mort lel" janvier 1864.
il porta la main droite à son front comme pour nous montrer la place où il se sentait atteint. Une innncnse émotion l'envahit alors, et deux grosses larmes coulé* rcnt lentement le long de ses joues.
Muet nous-mùme , bouleversé par cette grande scène , nous ne pouvions nous lasser de considérer les traits de l'honnne illustre qui se pleurait ainsi luimôme.
Jan}ais il ne nous parut plus vraiment beau , de cette beauté virile qui sied aux forts et aux justes !
Deux semaines après , le dimanche 29 mai 186i , à onze heures du matin, Jean Reboul expirait. Son agonie avait duré trois jonrs.
Nous ne décrirons pas ses funérailles. Elles furent dignes du poèt* , dignes aussi de cette ville * où , comme l'a dit excellemment J. Canonge, « les nobles cœurs savent être unis, malgré leurs dissidences profondes , par un commun amour du bien , par une ad-
1 Nous transcrivons ici, à rdtcmel honneur de M. Paradan, maire dcNimes, et de son conseil municipal, la lettre de faire part iwpriméc cl dislrlbure au nom de la ville:
« !\imcs, le 29aiai186û.
« Monsieur le Maire de Niines, messieurs les Adjoints et le Conseil Municipal ont l'iionneur de vous faire part de la perle douloureuse que la \ill<' vient de faire en la personne de Monsieui- Jean Reboul, d<'*céd(5 à Niujes le 29 mai , dans sa soixante-neuvième année , inuui des sacrements de TÉglise. »
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iniration commune » pour les hommes indépendants et convaincus.
Toutes les autorités, administratives, judiciaires, militaires ; tous les fonctionnaires ; tous les membres du clergé; les congrégations religieuses d'hommes et de femmes; une députation du Consistoire; le peuple entier, sans distinction de rang ou de culte; tous enfin, accompagnèrent le cercueil de Reboul, à St-Paul d'ahord, puis à la cathédrale où, après une grand'messe et un éloge funèbre, prononcé par son ordre, Mgr rÈvêque fit l'absoute solennelle ^
Le cortège reprit ensuite sa marche vers le cimetière, et là , M. le Maire , au nom de la ville 2 , M. Bousquet, au nom de l'Académie du Gard, M. Roumieux, au nom des Felibres provençaux, payèrent à îleboul le tribut suprême des larmes et de la louange.
Notre tâche est achevée. Avant que l'encre se sèche
1 C'était vraiment « un deuil triomphal, une sorte d'enthousiasme funèbre», et jamais, disait un témoin oculaire, jamais Ueboul ue fut plus vivant.
2 M. le Maire de Nimcs , d'accord avec son conseil , a pris les mesures suivantes pour honorer la mémoire de Reboul:
l'Les frais des funérailles ont tous été à la charge de la ville : 2° La rue Carr<îfert^ s'appellera désormais : rue Jean Reboul; 3» Par les soins d'une Commission , nommée à cet effet et chargée de recueillir les souscriptions , un uïonumenl sera dressé à la Fontiiine , en souvenir du Poète. La Commission est aussi chargée de lui faire faire un lombeau dans le cimetière. — La ville a souscrit pour 1,000 fr. et le Conseil général pour 500. Le projet de monument n'est pas encore adopté. 15 janvier 1865.
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au bout de notre plume, qu'il nous soit permis d'ajouter à ces nombreuses i)ages, (un seul mot) , un mot d'adieu.
Nous remercions la Providence de ce que , à l'beure solennelle où la jeunesse expirante se transformait, pour nous, en une maturité pleine de devoirs, l'organe vénéré de la mission biérarcbique , la parole de notre Évoque bien-aimé, la voix môme de Dieu nous a , pour ainsi dire , lié à la grande mémoire du Poète-boulanger , « le poète de l'honneur et le poète de la foi. »
Puissent ces liens sacrés nous être de nouveaux et irrévocables engagements à mieux servir la cause de la vérité, la cause de l'Église et du Christ! Puissent le nom et les exemples de Jean Keboul nous encourager à marcher, « sans défaillance et jusqu'au bout » , dans la route du désintéressement et de la dignité ! Il est doux de louer , après leur mort , les hommes de conviction et de cœur ; il est beau de leur ressembler !
L'Abbé DE CABRIÈRES.
A Ninics , ce 18 Janvier 1865 Fête de la Chaire de St-Picrre.