LIVRE PREMIER. Ip
Qu'Honièrc,(l'imsciilbond,fasseauxcoursicrs(lcsdu'ii\ Franchir ce que d'un phare on mesure des yeux , Dans cette occasion le divin joue un rAle, Kl l'esprit aisément accepte l'hyperbole ; Mais de semblables traits , renouvelés partout , Marquent moins la grandeur que l'absence de goût.
Il en est un pourtant à qui la Providence Avait de ses trésors fait une part immense. S'il n'avait pas soufflé sur son propre flambeau , Il aurait pu tirer Corneille du tombeau. Dévoyé par système , en sa course fougueuse Sa trace est tantôt sombre et tantôt lumineuse. Tel , soulevant le sol de son ongle de fer , Le coursier au nuage entremêle l'éclair. En voyant ce qu'il fait et ce qu'il pouvait faire ,
La Muse sur ce flls pleure comme une mère
Mais n'allons pas jeter l'amertume à l'exil, Kt lâchons d'esquisser un moins sombre profll.
Il me fut dit qu'un jour, an mileu du cénacle
Où le maître parlait sur le ton d'un oracle ,
Un autre répondit aux orgueillcnx propos
Qui mettaient devant lui le grand siècle en lambeaux :
« Oui, Messieurs, il est vrai, l'univers nous contemple;
« Nous avons pu détruire et rebâtir le temple.
« Pour la Muse obscurcie un nouveau jour a lui :
« On pensait autrefois, mais on rêve aujourd'hui!
« Soyons justes pourtant , et trêve à la satire ;
« Si tons ces grands auteurs ignoraient l'art d'écrire ,
« Ne les accablons pas d'un dédain orgueilleux ;
« Peut-être , de leur temps , nous n'aurions pas fait mieux ».
Jamais du bel esprit la vanité naïve
Ne s'est peinte elle-même et si vraie et si vive.
Je raconte le fait , et c'est à toi de voir
Quel est l'enseignement qu'on en peut recevoir.
Quand un peuple , épuisé par sa propre énergie , Tombe dans la torpeur qui succède à l'orgie , On cesse de voir l'art par ses plus grands côtés : L'esprit descend alors à des futilités.