‹ Dernières poésiesChapitre 21 sur 91 · LIVRE PREMIER. Ip · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. Ip

Qu'Honièrc,(l'imsciilbond,fasseauxcoursicrs(lcsdu'ii\ Franchir ce que d'un phare on mesure des yeux , Dans cette occasion le divin joue un rAle, Kl l'esprit aisément accepte l'hyperbole ; Mais de semblables traits , renouvelés partout , Marquent moins la grandeur que l'absence de goût.

Il en est un pourtant à qui la Providence Avait de ses trésors fait une part immense. S'il n'avait pas soufflé sur son propre flambeau , Il aurait pu tirer Corneille du tombeau. Dévoyé par système , en sa course fougueuse Sa trace est tantôt sombre et tantôt lumineuse. Tel , soulevant le sol de son ongle de fer , Le coursier au nuage entremêle l'éclair. En voyant ce qu'il fait et ce qu'il pouvait faire ,

La Muse sur ce flls pleure comme une mère

Mais n'allons pas jeter l'amertume à l'exil, Kt lâchons d'esquisser un moins sombre profll.

Il me fut dit qu'un jour, an mileu du cénacle

Où le maître parlait sur le ton d'un oracle ,

Un autre répondit aux orgueillcnx propos

Qui mettaient devant lui le grand siècle en lambeaux :

« Oui, Messieurs, il est vrai, l'univers nous contemple;

« Nous avons pu détruire et rebâtir le temple.

« Pour la Muse obscurcie un nouveau jour a lui :

« On pensait autrefois, mais on rêve aujourd'hui!

« Soyons justes pourtant , et trêve à la satire ;

« Si tons ces grands auteurs ignoraient l'art d'écrire ,

« Ne les accablons pas d'un dédain orgueilleux ;

« Peut-être , de leur temps , nous n'aurions pas fait mieux ».

Jamais du bel esprit la vanité naïve

Ne s'est peinte elle-même et si vraie et si vive.

Je raconte le fait , et c'est à toi de voir

Quel est l'enseignement qu'on en peut recevoir.

Quand un peuple , épuisé par sa propre énergie , Tombe dans la torpeur qui succède à l'orgie , On cesse de voir l'art par ses plus grands côtés : L'esprit descend alors à des futilités.

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