IO LA COLÈRE DE DIEU
a Je livre les mortels à leurs propres vertiges ; Car j'ai vu trop longtemps chacun de mes prodiges
Accueilli d'un sourire amer.
Qu'ime secQnde fois la terre soit déserte, Et que les nations accourent à leur perte ,
Comme les fleuves vers la mer !
« Vous avez honoré ce que ma loi condamne ; Vous avez remplacé , par un culte profane,
L'éclat de mes jours solennels.
Mais kl terreur étend ses ailes sur vos tètes ; Vous imaginiez-vous , insensés que vous êtes ,
Vivre en paix , étant criminels ?
« Ma voix vous avertit dès votre premier crime ; Vous l'entendiez encore au chemin de l'ahîme ,
Vous l'entendiez sur son penchant.
Mais, sourds à mes hontes , de votre indépendance
LA COLÈIŒ DE DIEU. 21 i
Vous VOUS réjouissiez, semblables à l'en funce Qui joue avec un fer tranchant.
« Un jour, le sang parut sur vos mains obstinées; Kt dès lors , prévoyant toutes vos destinées ,
Trembla votre superbe orgueil ; Et, premiers dévoués dans le commun nauCrage , Les plus grands d'entre vous ont changé de visage
Et pris des vêtements de deuil.
« De vos fêtes de nuit les lumières pâlissent ; Au front des conviés les roses se flétrissent ,
Et l'on voudrait sourire en vain.
De noirs pressentiments nul ne peut se défendre; Les chansons du plaisir ne se font plus entendre ,
Et la tristesse est dans le vin.
« Le sol épouvanté se meut sous Babylouc ; Et, serrant ses trésors, l'opulence abandonne