‹ Dernières poésiesChapitre 66 sur 91 · IO LA COLÈRE DE DIEU · texte numérisé non relu

IO LA COLÈRE DE DIEU

a Je livre les mortels à leurs propres vertiges ; Car j'ai vu trop longtemps chacun de mes prodiges

Accueilli d'un sourire amer.

Qu'ime secQnde fois la terre soit déserte, Et que les nations accourent à leur perte ,

Comme les fleuves vers la mer !

« Vous avez honoré ce que ma loi condamne ; Vous avez remplacé , par un culte profane,

L'éclat de mes jours solennels.

Mais kl terreur étend ses ailes sur vos tètes ; Vous imaginiez-vous , insensés que vous êtes ,

Vivre en paix , étant criminels ?

« Ma voix vous avertit dès votre premier crime ; Vous l'entendiez encore au chemin de l'ahîme ,

Vous l'entendiez sur son penchant.

Mais, sourds à mes hontes , de votre indépendance

LA COLÈIŒ DE DIEU. 21 i

Vous VOUS réjouissiez, semblables à l'en funce Qui joue avec un fer tranchant.

« Un jour, le sang parut sur vos mains obstinées; Kt dès lors , prévoyant toutes vos destinées ,

Trembla votre superbe orgueil ; Et, premiers dévoués dans le commun nauCrage , Les plus grands d'entre vous ont changé de visage

Et pris des vêtements de deuil.

« De vos fêtes de nuit les lumières pâlissent ; Au front des conviés les roses se flétrissent ,

Et l'on voudrait sourire en vain.

De noirs pressentiments nul ne peut se défendre; Les chansons du plaisir ne se font plus entendre ,

Et la tristesse est dans le vin.

« Le sol épouvanté se meut sous Babylouc ; Et, serrant ses trésors, l'opulence abandonne

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