‹ Dernières poésiesChapitre 68 sur 91 · LA COMTESSE DE GHAMBORD · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE GHAMBORD

Puisqu'on ne sait quel vertigo

Est venu mettre l'embargo

Sur nos vœux et sur nos prières ,

Quand Tan va se renouveler ,

Un vieux Nimois fera parler

Le ciel , les arbres et les pierres.

ai 4 A MADAME LA COMTESSE DE CHAMROKD,

Voici d'abord les compliments De ces antiques monuments Dont la contrée est embellie , Contrée où le géant romain , Avec l'empreinte de sa main, Fit une sœur à l'Italie.

Puis ceux de ces riants coteaux D'où le vin descend à ruisseaux ; Ceux des oliviers du vieux Nimes Retentissant de la chanson Où le nom sacré de Bourbon Revient si souvent dans les rimes!

Car, parmi nous, les cœurs vivants Ne tournent pas à tous les vents ; Et , malgré le siècle où nous sommes , Pour le droit et la royauté

A MADAMK LA COMTKSSE DE CIIAMIIUUI). '2 IJ

Les petits ont leur loyauté ,

Kt le peuple a ses genlilshoiiinies.

Mais surtout recevez les vœux D'un soleil chaud et généreux Qui des hivers brave l'empire , Les vœux de ce beau ciel d'azur Qui deviendrait encor plus pur , S'il pouvait , un jour , vous sourire !

Oui, Madame, il vous sourira!

Le Seigneur nous exaucera ; C'est pour nous chose manifeste...

Mais , hélas ! Blondel se fait vieux , Et les pleurs qu'il sent dans ses yeux L'empêchent de dire le reste.

Des pleurs, en un moment si doux î, Non , non , Madame ! a vos genoux ,

li»(> A MADAME LA COMTESSE DE CHAMBOllD.

(Si Dieu veut qu'avant je succombe) Je jure qu'en ce jour heureux , Malgré la mort et tous ses nœuds , Je serai vivant dans la tombe!...

En attendant , à notre Henri , Qui ne fut jamais plus chéri, Faites promesse solennelle Que nous préférerions cent fois Gratter la terre avec nos doigts Que manger d'un pain infidèle !

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