A BASQUE. 2/|J
Ce sont desUoméos, honiiùlcs libertins,
Qui ne passent les nuits qu'avec de vieux bouquins ,
Et qui , pour en parler dans les académies ,
A de jeunes tendrons préfèrent les momies ;
Garçons sur le retour , ou maris assidus ,
Contre d'autres écarts je les crois défendus.
Ils sont bien amoureux , mais d'une autre manière :
Ils ne brûlent jamais que pour Vénus en pierre ,
Ou pour quelque ferraille , babit de chevaliers ,
Du temps où les tailleurs étaient des serrurier?.
J'en sais qui , pour revoir une emplette nouvelle,
Se lèvent avant l'aube , armés d'une chandelle ,
Et , pour la contempler encore à leur réveil ,
Viennent se rendormir d'un paisible sommeil.
J'en connais qui t'ont du l'extrême jouissance
D'augmenter leur trésor d'un melon en faïence ,
El (jui , pour faire à tous partager leur bonheur,
Présentaient leur trouvaille à chaque visiteur.
Eh bien! quoique arrivant à des ardeurs si vives,
Uui pourrait censurer ces voluptés naïves ?
Ainsi je le répète , ami , calme tes sens :
Les amours que tu sers sont des plus innocents.
REVUE DE LA VILLE DE NIMES EN i^oL