UÉCEMMENT NOMMÉ MAIRE DE NIMES
11 se trouve des gens d'un étrange acabit: Ils manquent de chemise et font un bel habit ! Nous avons un peu trop imité cette allure; Ninie expie aujourd'hui ses écarts en parure. A force d'élever des monuments nouveaux , î.cs vieux sont délaissés et tombent en lambeaux.
'l\6 REVUE DE LA VILLE DE NIMES EN l854.
Vers un progrès ronflant marchant en écrevisscs ,
Nous mettons en oubli les plus urgents services.
L'épargne à nos neveux pourrait coûter fort cher.
D'un système pareille résultat est clair:
Uien ne vit ici-bas sans entretien. — Pérouse ,
La cité pour l'édile est comme une autre épouse ;
Tu seras bon mari. La tâche sans éclat
Peut rebuter un goût superbe et délicat.
Tes devanciers , trop prompts à toute belle chose ,
Ont pris la poésie et t'ont laissé la prose ;
Mais n'importe ! accomplie , aux yeux de l'avenir
L'œuvre restera belle et te fera bénir.
Puis , si le vers illustre autant qu'un édifice ,
En poète gascon , je t'offre mon office.
Songe de prime abord que , pendant tout l'été , L'eau , même pour la soif, manque à notre cité. Une solution semble toujours prochaine ;
REVUE DE LA VILLE DE NIMES EN l854. 2/|7
M'iis, depuis soixante ans, c'est la môme rengaine. Nous avons, il est vrai, les fleuves de Pradier, Mais notre linge encor se lave en un bourbier. Aussi bien, l'étranger rit de notre incurie. Ou a fait, sans chevaux , une belle écurie. Di» l'esprit de parti fais taire la rumeur : Que le bienfait promis cesse d'être menteur. I^orsque de toute part le bien-être s'étale , Sul)irons-nous sansfm le tourment de Tantale?
Ninies est le pays des extrêmes en tout : On n'y voit pas toujours la sécheresse d'août. Il faudrait élargir la gueule des cloaques. Il arrive parfois que, de Noël à Pâques , Il pleut à dérider tous nos marchands de vins, A faire des Nimois autant de veaux marins. On ne saurait alors s'engager sur nos places, A moins d'être muni de sabots ou d'échasses.