‹ Dernières poésiesChapitre 76 sur 91 · A V. II · texte numérisé non relu

A V. II

A (lit: « Voici le jour! il faut, Si tu veux: to sauver, que ta fureur renverse

L'autel , le trône , l'échafaud ».

Kt soudain , le titan secouant ses épaules ,

Le sol tremble , le volcan bout ; Il déverse sa lave , et de ces trois symboles

Le dernier seul reste debout !

VA de ceux qui dormaient sur leur fatal système

Le visage , au réveil , pâlit , Alors qu'ils eurent vu que le bourreau lui-môme

Était leur compagnon de lit.

€ N'importe , dirent-ils , que la loi s'accomplisse !

Capet est devant nous, jugeons !

Osons , par son supplice , abolir le supplice ,

Et , pour ne plus tuer, tuons! »

Car qui veut occuper la scène que tu foules

N'en saurait descendre innocent :

il se voit condamné, pour attirer les foules ,

A se farder avec du sang !

Il faut qu'il donne plus que ne promet Tafficlie ,

Ou le parterre adulateur

Le traiterait biciitôl comme on traite un féliche Qui trompe son adorateur.

Séraphin échoué contre un monde profane,

Qu'as-tu fait de tes ailes d'or?

Je les cherche , et ne vois que l'affreuse membrane

Qui pousse au dos de Belphégor.

Le regard tristement baissé sur la poitrine ,

Dans le ciel , tes frères en deuil , Tremblants, ontsupphé la Sagesse divine

De les préserver de l'orgueil.

Chevalier, qu'as-tu fait de l'aigrette si pure

Qui flottait sur ton front si beau ?

Je la cherche, et ne vois que l'ignoble coiffure

Qui fait délirer ton cerveau.

Que dire , si ce n'est que le Dieu qui pardonne

Ouvre ton àme au repentir , — Si l'éblouissement dont l'enfer t'environne

Peut t'en permettre le désir !

15 seplembre 1848.

Page 1