LÀ CUVETTE DE SAINTE-BEITE
Apres toutes'les cuvettes de sang répandu par la Commune, qu'est-ce que peu! nous faire l'innocente cuvette de Sainte-Beuve?...
Car le livre que vient de [millier « le dernier de ses secrétaires », n'est pas un livre, mais tout simplement une cuvette, la cuvette dans laquelle Sainte-Beuve se lave et se savonné, comme un beau diable qui voudrait se faire blanc, des deux taches de la fin de sa vie, — celle du dîner du Vendredi-Saint : une tache dégraisse! et celle de sa collaboration sénatoriale au Temps : une tache d'encre ! — lesquelles taches, à ce qu'il parait, inquiétaient la propreté de ses derniers jours, comme la propret*'' de La Merluche (dans Y Avare), celles de sa culotte.
Avant de mourir, en effet, clans des lettres qui n'étaient pas écrites pour être publiées, Sainte- Beuve, qui sentait ces deux cas honteux, avait essayé discrètement du petit lavabo de la petite lessive au blanc forcé, dont il se croyait avoir besoin, ce virginal homme ! Mais c'avait été, entre ses amis et lui, une chose d'intimité et de cabinet de toilette. Aujourd'hui, ce n'est plus cela. Il a été trouvé profitable à sa mémoire de rendre public ce nettoyage, et voilà qu'on nous Ta montré, s'épongeant.
Spectacle peu ragoûtant, du reste, que cette exhibition de Sainte-Beuve au bain, comme la chaste Suzanne, et dont nous aurions ri autrefois. Mais il s'agit bien maintenant de rire ! il s'agit bien maintenant de Sainte-Beuve et de la culotte de ce La Merluche attardé ! Ces tacheslà, qui les voit à présent? Elles ont disparu dans le sans' et la fange qui ont roulé à flots sur nous. Ah ! que c'est loin de nous, Sainte-Beuve et ses petites impiétés ! Nous avons eu Raoul Rigault. Quand les plus hautes œuvres littéraires, s'il y en avait sous jeu. auraient pudeur de paraître