DES PETITS PAPIERS
Il y en a encore ! Il y en a toujours ! Ils sautent de partout comme des sauterelles ! Mais ceux-ci ne sont pas politiques. Ils sont intimes, et de quelle intimité ! Ce sont des lettres d'amour, déjà légèrement écrémées dans l'odieux roman (ï Elle et Lui, mais dont on veut nous donner aujourd'hui le lait avec la crème, quitte à gratter le fond du tiroir, qui est le fond du pot de ce laitage aux canthàrides. C'est le Figaro qui a annoncé la publication de toute cette correspondance, et ce n'est pas là ce qui étonne que le Figaro l'ait annoncée avec l'impassibilité de l'annoncier, car l'annonce est l'annonce et le Figaro est son prophète, mais c'est que M. WollV qui
n'est pas cependant un puritain, se soit insurgé dans une indignation sentimentale et vertueuse, — car ces deux choses y sont, — contre Tannonce de son patron le Figaro.
Eh bien, cela l'honore, M. Wolfî, et cela prouve son indépendance! Il a, certes! raison de protester contre le débit de cette marchandise d'indiscrétion et de scandale, qui va se vendre cher sur place, par ce temps de pornographie. Je pense comme lui que c'est le plus infâme, le plus funeste et le plus honteux des commerces. Mais je ne le pense pas pour les mêmes raisons que M. Wolff, je ne le pense pas parce qu'il s'agit principalement ici d'Alfred de Musset et de madame Sand ; d'Alfred de Musset, mort du trop d'absinthe que madame Sand lui a fait boire, et de madame Sand, cette forte travailleuse, la mère Gigogne de quarante volumes et qui est morte de sa belle mort, elle, en tenant le portrait de ses petits enfants dans ses mains glacées.
Touchant détail pour M. Wolff attendri!
J'eusse mieux aimé un crucifix.
Pour moi, c'est bien moins Alfred de Musset et madame Sand que je vois dans cette infamie