LES ENFANTS JUGES
de punir ?... Votre candélabre à sept branches ne vous a donc pas servi à voir cela?... Quid dicis, Thomas? disait le père Diafoirus à sa progéniture. Vous n'êtes pas, heureusement, la mienne. Mais permettez-moi de vous dire : Quid dicis, Jidi?
. Donc, voilà qui est dit, entendu, infligé ! Si M. Dolbeau remonte dans sa chaire, ces messieurs prendront leur chapeau et iront se promener, et monsieur le professeur restera avec sa courte honte et les banquettes. On aurait bien voulu les lui jeter à la tète, les banquettes ; mais il y a de par le monde un certain général de Ladmirault qui n'est pas le doux Jules Simon et qui a fait dire au doyen de l'Ecole de médecine, pour le raffermir sur sa base tremblante, qu'on pouvait compter sur lui, en cas de désordre.
Or, les petits Perrin Dandin qui jugent M. Dolbeau ne sont pas des Mathieu Mole, même en herbe ; et ils ont écrit, l'œil sur le général de Ladmirault, cette phrase aussi peu fière que l'enquête Dolbeau : « Soyons calmes maintenant et dans notre intérêt à tous ! » Nous avons sifflé à
temps, — sans danger. — mais maintenant rempochons nos sifflets: Ce « maintenant » esl surtout charmant de naïveté. Ah ! s'il n'y avait pas ce diable de Lad mirant t. nous pourrions encore ne pas être calmes ! Nous pourrions nous montrer de cette bravoure héroïque, dont nous avons donné déjà la preuve, contre un homme tout seul, — un pacifique, — qui ne professe pas le revolver à la main, et lui appliquer cette vive expression du suffrage universel, ce lâche soufflet du Nombre. — du Nombre qui ne risque rien en le donnant ! Mais Ladmiraull est là : un lion qui veille! qui agirait, lui. quand Jules Simon informe : Ladmiraull. le porte-glaive de l'Ordre, qui. dans ce pays-ci, ne se fait que par le glaive. 11 vaut mieux aller nous promener.
Eh bien, qu'ils y aillent ! qu'ils détalent, mais qu'ils ne rentrent pas! Qu'une loi- sortis, ils trouvent à tout jamais la porte d'une École française fermée devant eux ! Que leurs familles les gardent et les mènent à promener sur leurs terre-. >i elle-» en ont. Si elles n'en ont pas. s'ils sont obligés de travailler, qu'ils aillent se promener dans les autres Ecoles de l'Europe, où ils feront le vide autour des chaires de professeurs qui ne leur conviendront pas ! Car enfin ces juges enfants représentent la justice et la vente