LA RELIGION D'ÉTAT DE LA RÉPUBLIQUE O^T
avoir philosophiquement bombardé tous les fanatismes de la terre ! Ce n'est pas simplement, non ! d'avoir fait de la négation de Dieu une religion d'État contre ceux qui l'affirment ; Louis XIV a dragonne les protestants et les a chassés de France, parce que, rebelles et conspirateurs, ils troublaient profondément son Etat et le livraient à l'ennemi et aux idées ennemies, et, certes ! Louis XIV a bien fait. Les républicains d'aujourd'hui, qui ont remplacé Louis XIV, dans la France démonarchisée, chassent, en ce moment, de leurs cloîtres et de leurs hôpitaux, les religieux et les filles de charité, — et tout ce qui est chrétien deviendra peut-être pour eux ce qu'étaient les protestants pour Louis XIV; car qui d'entre nous sait précisément à cette heure où la persécution de leur religion d'Etat peut aller?. . . Pour nous, royalistes et chrétiens, c'est là une chose horrible, mais nous ne sommes pas assez lâches pour leur reprocher avec une mélancolie bête cette religion d'Etat avec laquelle ils veulent créer, disent-ils (nous verrons bien !), l'unité d'une France nouvelle.
S'il n'y avait que cela, nous serions assez mâles pour les absoudre... Ils veulent faire, en effet, ces républicains, de la Révolution la Reine du monde, et ces menteurs de tolérance, ces con-
tempteurs de la religion d'Etat des vieilles monarchies, s'y prennent comme s'y prenaient les gouvernements monarchiques, quand ils voulaient que la Royauté restai la Reine du monde. c'est-à-dire intégralement la Royauté. Ils n'ont pas lu l'Histoire en vain... Ils y ont appris qu'il n'y a pas pour eux. d'autre manière d'implanter et de cercler la France dans le carquois de fer d'une république, que de rejeter impitoyablement tout ce qui n'entre pas dans la mesure de ce carquois. Certainement, ils n'ont pas tort de le croire. On ne fait un peuple qu'en le comprimant. Tous les gouvernements qui se sentaient des gouvernements l'ontcru. Charlemagne.quifit baptiser de force les Saxons, l'a cru. L'Inquisition d'Espagne l'a cru. Louis XIV l'a cru. Ils ont tous voulu faire cette grande chose : l'unité d'un peuple, mais la gloire, dans cette question immense, c'est de réussir !
Ont-ils cru, eux, ces ennemis imbécilles de Charlemagne, de l'Inquisition d'Espagne, de Louis XIV. qu'ils réussiraient en les imitant?... Nous leur eu portons le défi! Qu'ils fassent comme Louis XIV, s'ils peuvent ! Nous autres royalistes absolus , nous aimons tant les pouvoirs forts et les nations unitaires, que nous serions hommes à pardonner leur rigueur a ces vieux tolérants corrigés de la