LA RELIGION D'ÉTAT DE LA RÉPUBLIQUE
République... Mais ce qu'il est impossible de leur pardonner, ce qui est bas et vil comme le mensonge et comme l'inconséquence, ce qui doit fatalement se retourner contre eux devant la France d'aujourd'hui et devant l'Histoire de demain, c'est d'avoir toujours et partout insulté la religion d'Etat avant de s'en servir eux-mêmes, et, du seul fait de s'en servir, d'avoir renié solennellement la Libre Pensée, dont ils se sont dit si longtemps et si pompeusement les fils ! Fanfarons d'impiété et d'indifférence méprisante pour toutes les religions, c'est de trembler encore devant celle-là qu'ils ont le plus cruellement outragée, — celle de ce Christ qui n'est rien, disentils, et qui les met en fureur comme s'il était quelque chose de formidable ! Enfin, pour des athées aussi résolus qu'eux, c'est de tâtonner lâchement dans les persécutions qu'ils risquent chaque jour, et que les chrétiens au cœur ferme souhaiteraient leur voir oser avec plus d'énergie; — car si les persécutions qui commencent, et qui ne sont pas encore atroces, allaient le devenir, peut-être emporteraient-elles plus vite, dans leur atrocité, la République!
3 avril 1881.