LES BOURRRAUX TAQUINS DE LA RÉPUBLIQUE
ils ne seront jamais avec nous que les plus lâches, les plus petits et les plus hypocrites des persécuteurs !
Ils n'ont, en effet, ni la franchise de leurs desseins, ni la bravoure de leur haine. Nous qu'ils détestent, nous savons très bien ce qu'ils veulent; mais eux, ils savent très bien ce qu'ils n'osent pas.. . Pour eux, ces bourreaux taquins, — encore plus taquins que bourreaux, qui ont raccourci la persécution àleur taille, — ça a été une espèce de petit massacre à leur usage que cette expulsion de quelques prêtres de leurs maisons quand, dans le fond de leur cœur, ils auraient voulu chasser tous les prêtres de France ! ! Tour ces taquins de la persécution qui n'ont que le courage de leurs taquineries, c'était là une Saint-Barthélémy anodine, où le sang n'avait pas coulé, mais leur honneur, comme disait un jour Sheridan d'une lâcheté anglaise qui n'avait pas coûté une goutte de sang à l'Angleterre. — Seulement ils se soucient bien de leur honneur, à eux, ces imposteurs de liberté qui sont allés chercher, pour frapper quelques pauvres prêtres, dans les légis-
lations les plus despotiques de vieilles lois tombées en désuétude, qu'ils n'auraient pas osé inventer.
Aujourd'hui que la chose est faite et que ce martyre de l'expulsion a été sans danger pour eux, ils s'enhardissent à demander une loi qui oblige les séminaristes au service militaire ; car les séminaristes sont des prêtres futurs, et ce qu'ils veulent manger, ces chacals, c'est toujours du prêtre ! Ces ennemis du principe chrétien, sur lequel depuis qu'elle existe a vécu la France, ces athées qui voudraient tuer Dieu dans son culte, n'ont en vue que les prêtres seuls, les prêtres qui ont toujours été la tête de la France, et c'est à cette tête-là qu'ils ont visé. Cette loi odieuse et ridicule de l'obligation militaire pour ceux-là qui sont déjà des militaires au service de la France, puisqu'ils sont les soldats du Christ . ils viennent même de la demander avec la gaieté de la taquinerie, — de la taquinerie qui jouit intimement de cela seul qu'elle vexe et impatiente... car ils savent bien que ce n'est pas encore cette loi qui tuera le sacerdoce en France, et que, pour cela, il faudra s'y prendre mieux un de ces jours !
Ils le savent bien, mais en attendant qu'on tue ce clergé qu'ils exècrent, ils aiment à lui