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LES BOURREAUX TAQUINS DE LA RÉPUBLIQUE

faire d'ignobles misèrei. Ils aiment à lui marcher sur les pieds en attendant que d'autres qu'eux lui marchent sur le cœur... Leur ministre, parlant de cette loi qu'ils demandent, n'a-t-il pas l'autre jour fait le joli cœur impie en disant cette bêtise vulgaire : qu'à ses yeux le prêtre ne différait pas d'un autre homme, ce qui rappelle le mot du barbier de Chamfort : « Je ne suis qu'un pauvre merlan, mais, allez ! je ne crois pas à Dieu plus que vous. » La Chambre, en effet, ne croit pas plus à la différence du prêtre et des autres hommes que le merlan ministériel, et c'est bien là-dessus qu'il a compté ! Il connaît sa Chambre. Il la connaît comme le cocher connaît son écurie. Pour lui, comme pour elle, l'important, c'est de vexer le prêtre, — de le vexer n'importe comment, ce prêtre détesté ! et de mettre au tas des petites persécutions dirigées de partout contre lui, cette petite persécution encore...

C'est la mouche introduite dans le nez du lion pour le faire rugir, sans danger pour le vil insecte...

D'utilité à cette misérable loi, il n'y en a pas; car elle n'est au fond que le plus abject procédé

de la lâcheté et de la l|aine, et d'une haine qui s'amuse bassement des ignobles malices qu'elle fait, ne pouvant faire pis... Certes! on ne persuadera jamais à personne que deux mille soldats, sortis des séminaires, ajoutent beaucoup au contingent annuel et militaire de la France, et que ce soit cette considération patriotique qui ait provoqué la détermination de cette loi qu'on va discuter. On ne persuadera jamais à personne que cette loi, faite contre des prêtres, ait été faite pour la patrie et en vue de l'intérêt supérieur de la patrie, et qu'elle soit autre chose qu'une insolente provocation à toute une classe d'hommes qui n'y répondra pas, et qui se laissera, avec la résignation chrétienne et religieuse du prêtre, opprimer... Ces bourreaux taquins et farceurs de la République trouvent très drôle, dans leur haine du prêtre, de le mettre entre l'Église et l'Etal et de l'écraser entre deux. Àh ! l'Église défend à ses clercs l'emploi des armes ! Eh bien, l'État, lui, le leur prescrira! Nous verrons alors la grimace que fera l'Eglise, quand nous aurons jeté un pareil chat dans les jambes du sacerdoce! L'Eglise veut que, pour devenir des prêtres, ses clercs soient élevés dans la pureté de l'enseignement et des mœurs; et l'Etal interrompra d'autorité cet enseignement dan- la

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