‹ Dernières polémiquesChapitre 9 sur 59 · ENCORE UN SIGNE DBS TE.MI'S · texte numérisé non relu

ENCORE UN SIGNE DBS TE.MI'S

titutions anciennes, il n'y a plus de nations. Elles n'existent plus et ne sont plus que des cohues d'atomes, soulevées, pour ne jamais s'unir, par ce vent d'en bas qu'ils appellent, ceux qui le font, le suffrage universel !

Et une fois les armées dissoutes, il n'y aurait plus même d'exemple qui pût faire comprendre ces belles cohésions d'hommes unis, obéissants et forts, qu'on nommait des nations autrefois. On en arriverait à ne plus même comprendre l'Histoire...

Je sais bien que c'est là que nous marchons : mais est-ce au colonel Denfert à nous y pousser? Est-ce là ce qu'il a mesuré et ce à quoi il tend, le colonel Denfert? Avec sa théorie sur les yeux, a-t-il vu le but vers lequel forcément elle l'entraine ? Il ne comprend donc rien à la nature humaine, le colonel! Il se fie aux lumières de ses officiers pour être obéi ! Il se fie à l'attraction du commandement ! Il croit au commandement par amour! Mais on n'y croyait pas dans les cloîtres, du temps de la grande foi et des cloîtres, où il y avait plus de vertus encore et

d'abnégation que dans les camps. Dans les cloîtres, on avait inventé Yin-pace pour compléter et pour assurer l'obéissance par amour. Il a donc rêvé cela, le colonel, sous les bombes qui pouvaient sur lui à lielfort! Ah ! si c'est ainsi, l'auréole vaut mieux que la tète. Je l'aime mieux quand il agit que quand il pense ! Quoi ! lui aussi, cet homme d'action qui a touché et manié des hommes, qui les a menés au feu, et contenus quand ils en sont revenus, il croit aux bourdes contemporaines sur l'instruction et sur les lumières, comme s'il était du Radical ou du Rappel? Et lui, le glorieux chef de guerre, se rabat jusqu'à n'être plus qu'un monsieur de Y instruction obligatoire ! de cette instruction qu'on oblige à recevoir, et quin' obligera jamais à obéir !

Très certainement c'est là l'illusion du colonel Denfert. La science lui a féru l'esprit. Il croit que l'instruction est la source de toutes les vertus, et nous avons vu ce quun peu d'instruction a produit dans les casernes de l'Empire ! La faculté de lire, qu'on veut faire obligatoire à tous (c'est la chimère de ce temps créé pour tous les genres d'abîme), n'est pas la faculté qu'il faudrait de choisir et de discerner. L'instruction, par respect pour sa propre personne, discute et ne se soumet qu'après examen préalable. Pen-

Page 1