‹ Dernières semaines littérairesChapitre 10 sur 14 · II · texte numérisé non relu

II

Pendant que naissait, grandissait et prospérait la paradoxale Sibylle^ un groupe d'amis dévoués voyait languir et mourir une femme, une étrangère, dont les dernières années n*ont été qu'une longue agonie, et qui, par un miracle d'énergie et de talent, a trouvé moyen d'écrire, à travers celte agonie, un ouvrage de premier ordre, l'JBwth&iisiasme^ et un roman qui a paru après sa mort et que Ton ne saurait lire sans une émotion profonde, Gabrielle. — Madame Marie Gjertz — c'est le nom de cette admirable femme, •— aiura bientôt un biographe plus digne que nous de cette pieuse tâche. Aujourd'hui quelques mots suffiront. Venue à Paris après s'être convertie au catholicisme — conversion à laquelle le Siècle lui-même ne trouverait rien à redire, puisqu'elle avait coûté à madame Gjertz sa patrie, sa famille et sa fortune,— elle ne songeait pas à écrire : elle ne nous avait apporté qu'un merveilleux talent de musicienne qui, du reste, s'est révélé en traits éloquents dans bien des pages de ï Enthousiasme. Ceux qui eurent alors le bonheur de l'entendre affirment que personne, excepté peut-être Wilhelmine Clauss, n'interprétait les grands maîtres avec un sentiment aussi profond, aussi passionné. Mais bientôt la maladie arriva. Ces doigts amaigris, noués par la fièvre, roidis par la souf^ france, ne pouvaient plus courir sur le clavier. Le spectre de la pauvreté apparut entre le piano muet et le berceau

de trois enfants. Ce courage de mère, cette vaillance d'artiste, cette fermeté de chrétienne, résistaient; mais il fallait vivre. Ce fut alors qu un maître dans Tart d'écrire un français qui n'est ni celui de M. Uugelmann, auteur de la Quatrième Race, ni celui de M. Louis Ulbach, auteur du Doyen de Saint-Patrick^ conseilla à madame Marie Gjertz d'essayer de la littérature. Elle commença au hasard, luttant contre les difficultés d'une langue qui n'était pas la sienne, sans cesse interrompue par un incroyable mélange de tortures physiques, d'inquiétudes morales, d'embarras matériels et d'angoisses maternelles ; — Et elle écrivit YEnthotLsiasmej une œuvre où Ton aperçoit des traces d'inexpérience, la marque d'un cerveau exalté, moitié fièvre et moitié génie, mais qui, dans les parties vraiment belles, égale ce que l'art contemporain a produit de plus élevé et de plus grand. Ce travail avait épuisé ses forces : la malade était mourante, et cependant elle ne voulut pas se reposer encore ; au mois d'août, quand elle est morte, elle laissait à ses amis le manuscrit de Gabrielle.

La vraie charité n'aime pas qu'on trahisse ses secrets. Nous ne croyons pourtant pas sortir tout à fait de nos attributions en ajoutant, ce qui n'étonnera personne, que ces amis sont restés fidèles à cette pure et douloureuse mémoire; qu'une famille bienfaisante, dépaysée dans notre siècle d'égoïsme , a adopté ces pauvres enfants comme siens; que ces enfants, en qui revit un rayon de l'âme de leur mère, recevront une éducation excellente ; enfin, que des ressources bornées ont reculé leurs limites sous ces mains qui ont appris de Dieu à multiplier le pain

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el le vin au profit des déshérités et des petits. Mais les ouvrages de madame Marie Gjettz comptent pour quelque chose dans les prévisions et les espérances de ce budget de la charité. Je souhaite donc que Ton sache, avant toute critique ou toute louange de détail, qu'en achetant un de ces deux livres, YEnthotisiasme ou Gabrielle, on secondera une des œuvres les plus belles qui se puissent accomplir en ce monde, la substitution d'une maternité adoptive à une maternité réelle : on contribuera, dans une certaine mesure, à l'éducation et à l'avenir de trois orphelins. S'il est vrai, comme on le dit et comme j'aime parfois à le croire, que tout vétéran — hélas ! tout invalide — de la littérature a sa clientèle, eh bien! je conjure mes clients, mes patrons, mes amis connus et inconnus, de lire les volumes de madame Marie Gjertz. Quand ils en auront lu vingt pages, ils voudront tout lire, e^ quand ils auront tout lu, ils voudront avoir à eux ce poème et ce roman de l'idéal chrétien, la double révélation d'une de ces âmes affamées de l'infini céleste, cygnes blessés qui se posent un moment parmi nous, puis s'envolent vers leur vraie patrie, en nous laissant une plume tachée de sang pour nous rappeler leur passage.

III i

Je ne puis me résigner à appeler V Enthousiasme un roman, titre trop souvent compromis qui garde aux yeux des juges sévères quelque chose d'inquiétant et de suspect, à peu prés comme ces honnêtes filles qui trouvent difficilement à s'établir, parce qu'une de leurs sœurs

a trop fait parler d'elle. L Enthousiasme est un poëme ou mieux encore une œuvre d'art, écrite dans un trèsbeau style français par une de ces imaginations germaniques douées de la faculté de monter au delà des espaces, de voir au delà des étoiles et de penser au delà des idées. La néophyte fervente, la Norwégienne patriote, l'artiste supérieure, la musicienne inspirée, la femme passionnée, Tintelligence préoccupée d'un rêve de régénération sociale sous le souffle de la foi et de l'art chrétien, — s unissent et se confondent dans ces pages enflammées, dont l'auteur écrivait comme le bois brûle, — en se consumant. Ce que je ne me lasse pas d'admirer dans YEnthotisiasme, c'est ce débordement de vie intellectuelle, idéale et morale, qui a préservé l'auteur d'une foule de périls dont elle ne s'est pas doutée. A chaque instant on croit que l'on va tomber en plein mélodrame, que l'intérêt va s'engloutir dans une digression politique, esthétique ou métaphysique, que l'on coudoie tantôt Anne Radcliffe, tantôt Ïean-Paul, tantôt l'Apocalypse : erreur ! Un vigoureux coup d'aile emporte tout, un souffle brûlant vous entraîne ; des trésors de passions se découvrent subitement entre les fentes de ces rochers, tapissés de neiges virginales. Je n'essaierai pas de refaire ici Tanalyse de ce bel ouvrage, qui a déjà dix-huit mois de date. Il me suffira de dire que les beautés de Y Enthousiasme sont d'un autre ordre que celles de ces livres où un christia* nisme artificiel s'enjolive de grâces mondaines; qu'il y a entre les convictions proclamées par madame Marie Gjerlz et les mysticités de salon la même différence qu'entre le granit et la gaze; qUe l'idéal de cette femme^ dévorée

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d'une soif d'infini, domine de cent coudées l'idéal de M. Octave Feuillet, etqaauprès des amours de Brigitte et de Hjalmar, les deux héros de YEnthousiasmey, l'amour de Raoul et de Sibylle est comme un feu d'amiante comparé aux laves du Vésuve.

Nous redescendons, avec Gabrielle, dans le domaine habituel du roman moderne, mais sans que madame Gjertz y perde une seule de ses qualités originales. Gabrielle est la fille, d'un premier lit, de M. Dubreuil, banquier aventureux, probité douteuse, pauvre cervelle, caisse sujette à crever d'apoplexie ou à se vider comme le tonneau des Danaïdes. Naturellement, Gabrielle a une belle-mère, madame Héloïse Dubreuil, qui, naturellement aussi, ne. peut la souffrir, et dont toutes les tendresses sont pour sa propre fille, l'insignifiante Fanny. Le roman s'engage entre Gabrielle et le marquis Gaston de R..., un de ces jeunes hommes de race historique et chevaleresque, dont le nivellement démocratique n'a pu encore ni effacer le blason, ni rapetisser la taille. Gaston est noble comme Montmorency, beau comme don Juan, élégant comme Brummel, écuyer comme le centaure Chiron, spirituel comme Henri Heine, musicien comme Rubini. 11 porte sur le front je ne sais quel signe auquel on reconnaît les dominateurs, et Gabrielle à qui l'amour et le mariage n*ap* paraissent que comme synonymes d'obéissance pour la femme et d'autorité pour le mari (quelle originale!), salue tout d'abord son maître en voyant le marquis Gaston.

Ils s'aiment^ ils sont dignes l'un de l'autre; ils ne sont séparés que par des obstacles de troisième classe : Gaston

m DERNIÈRES SEMAINES LITTÉRAIRES.

n'aura à combattre qu'une opposition très-légère de la part d'une aïeule encore entichée de préjugés nobiliaires, mais dont rien n'égale la piété, la douceur et la bonté. Par malheur, le jeune marquis de R.... est un enfant du siècle ; il a perdu la foi, et, avec elle, cette fleur de délicatesse et de chevalerie qui est à l'honnêteté vulgaire ce que le lis est au chardon. Après avoir dit : je vous aime ! et avoir vu Gabrielle tressaillir sous cette parole attendue et sacrée, Gaston recule devant l'accomplissement du devoir que celte déclaration lui impose. Il part : Gabrielle, restée seule, forcée de douter de celui qu'elle aime, désarmée par son abandon, se trouve placée dans l'horrible alternative ou de laisser son père, naufragé de la Bourse, achever de s'engloutir dans le déshonneur, la faillite et la misère, ou d'épouser M. Granval, homme de fmance, mais de fmanceplus solide, qui promet de sauver l'imprudent Dubreuil. Gabrielle s'immole, et la voilà devenue madame Granval. 11 faudrait n'avoir jamais lu de roman, catholique ou hérétique, pour ne pas être sûr que ces deux déserteurs de l'idéal et de l'amour se rencontreront encore. Us se revoient en effet; la passion se réveille, semblable à ces bêtes fauves que l'on croit avoir domptées et qui mangent leurs dompteurs. Nous assistons aune lutte très-dramatique, très-émouvante, où l'âme ardente et l'exaltation religieuse de madame Marie Gjertz ont su accomplir deux tours' de force; rajeunir, à force de talent et d'éloquence, une situation qui a déjà défrayé des centaines de récits romanesques ; purifier, à force d'intentions spiritualistes et chrétiennes, des pages où la vertu, la religion et la morale risqueraient de jouer le rôle de ces

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vieux ministres qui abandonnent la signature à leurs jeunes secrétaires.

A ces deux rares mérites j'en ajoute un troisième. Dans le roman comme dans le monde, on se figure trop aisément que Tintensité, l'éclat, la beauté, l'ardeur comraunicalive de la passion se mesurent d'après les libertés quon lui donne; que, dans les livres comme dans les cœurs, le frein religieux est synonyme de froideur ou d'ennui; que l'on ne peut être intéressé, ému, entraîné que par des héros ou des récits emportés à tous les vents de leurs amours et de leurs caprices. Rien n'est plus faux, et madame Gjertz l'a prouvé. Il existe de telles affinités entre l'amour et le sacrifice, l'idée de combat s'accorde si bien avec la nature humaine, le sentiment de la vie est si étroitement lié à celui de la souffrance, l'immolation porte en soi de tels trésors de mystique volupté, qu'il suffit d'un artiste, d'un écrivain éloquent pour nous remuer jusqu'au fond de notre être par le tableau d'une de ces luttes où sont en jeu deux destinées, deux âmes, deux filles du ciel aux prises avec les puissances de l'abime. La passion sans frein est un feu de paille qui s'éteint de lui-même et tombe de lassitude quand il a consumé ses frêles aliments, laissant à peine quelques pincées de cendre. La passion contenue, réprimée, vaincue, brisée par un vainqueur digne d'elle, est une flamme inextinguible, vivifiée par l'effort môme qu'on lui oppose, nourrie de ce qui la tue, et brûlant jusque sous le pied qui la foule, jusque sous la main qui Tétouffe, jusque dans le cœur qui la repousse.

Gaston, sportman accompli, ne tarde pas à devenir

l'hôte de M. Granval, qui est un amateur presque maniaque de toutes les élégances matérielles et dont il conquiert Famitié par des prouesses de gentleman nder. C'est ici que se place la scène la plus vive et la plus dangereuse du roman. A la suite d'un rendez-vous de chasse et de courses, où le marquis de R... a été, comme toujours, le roi de la fête, il revient, une nuit, dans le château où Gabrielle est restée seule. Fidèle à la tradition romanesque, la jeune femme l'a deviné, pressenti, attendu. Elle est là, dans une galerie pleine de fleurs, belle de cette beauté idéale que Tâme imprime au visage, pâle et lumineuse comme les étoiles qui lui versent leurs sombres clartés. Remarquez que ni Gabrielle ni Gaston ne sont chrétiens dans la véritable acception du mot, et que madame Granval, pour qui Gaston est tout ensemble un amant incomparable et un maître adoré à genoux, a, sur l'obéissance féminine, des idées illimitées qui seraient en ménage une rareté excellente, mais qui, dans une rencontre nocturne et clandestine, sont un péril imminent. Quelle chasteté d'exécution n*a-t-il pas fallu pour que cette scène demeurât digne d'une hermine qui allait mourir! Et quel talent, quel feu, quel art, pour que Gaston, respectant GabrieHe, ne parût pas manquer à tous les devoirs et à tous les droits du héros de roman! Mais les idées du monde sont moins pures que la pensée de madame Gjertz. Gabrielle est compromise ; Granval est jaloux, bien qu'il ait traité sa femme comme un bibliophile riche et ignorant qui achète un beau livre sans le lire. Vilmarin, une excellente figure de céhbataire égoïste et parasite, redoutant un éclat, non pas par amitié pour Granval ou pour

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Gabrielle, mais à cause du dérangement qui en résulterait dans ses habitudes, Yilmarin est aux aguets : il avertit le mari, rôde autour de la femme et lance à Tamant des regards inquisiteurs. C'est alors que Tidéal chrétien, absent jusque-là ou tenu à Tècart, intervient dans le drame sous les traits de la vieille marquise de R..., aïeule de Gaston. 11 était temps, car Gaston ne voulant d*autre bonheur qu'un bonheur absolu, d'autre amour qu'un amour sans partage et sans bornes, a décidé un enlèvement auquel l'obéissante Gabrielle a consenti. Tout est prêt; un nid d'aigle changé en colombe a élé acheté sur les bords du Rhin, dans une âpre solitude où des forêts immenses servent de ceinture aux ruines d'un burg inaccessible. Ne vous récriez pas! ce sont deux âmes en quéle d'infini, et qui se trompent de chemin; voilà tout.

Ce personnage de la marquise est d'une beauté angélique. Cette noble femme n'a eu qu'une imperfection, et encore! Son aversion contre les mésalliances est si bien avérée, que Gaston, dans ses capitulations de conscience» y a trouvé un prétexte pour se démontrer à lui-même qu'il ne pouvait pas épouser Gabrielle. Ce qui nous étonne, c'est que madame Gjerlz a l'air d'être de son avis, et de voir là une question d'honneur pour cette pauvre noblesse qui a bien assez de ses malheurs réels et de ses devoirs véritables sans qu'on lui en impose de chimériques. Si j'avais connu l'auteur de Gabrielle^ je lui aurais dit qu'après avoir subi les rigueurs de la démocratie, il est bien juste au moins que nous en acceptions les bienfaits. Lu vertu, l'intelligence et l'amour, voilà, dans la société nouvelle, les Irois grandes et suprêmes conditions de l'é-

galilé morale, idéale et sentimentale : qu'elles signent au contrat, et nous n en demandons pas davantage.

Hais cette remarque n'amoindrit en rien notre adorable marquise. La manière dont elle s'y prend pour réhabiliter, aux yeux du monde et de M. Granval, Gabrielle compromise, son apparition dans les salons de la fmance, ses empressements de sœur de charité ou plutôt de mère chrétienne auprès de Gabrielle malade, l'initiation de la jeune femme aux vérités religieuses, l'infiltration graduelle de la foi et de la lumière dans cette âme meurtrie, Tamour céleste se substituant peu à peu à Tamour humain et ouvrant des perspectives immortelles à ces yeux aveuglés par notre poussière, tout cela est magnifique, j'allais dire sublime. Cette dernière partie du roman absout et sanctifie l'autre : c'est une chapelle ardente où la douce et fragile victime de Gaston ne nous apparaît plus qu'à la pâle lueur des cierges, sous les tentures funèbres, et où Marie Gjerlz mourante s'est confondue avec son héroïne.

Nous savons bien que la grande objection subsiste : les personnes très-pieuses, très-timorées, demanderont à quoi bon faire passer une âme par ces périls, ces ardeurs, ces alternatives, et préféreront à Gabrielle un chapitre de saint Augustin, de Nicole ou deBossuet : les lecteurs futiles ou profanes se plaindront qu'on les ait intéressés si vivement à Gaston et à Gabrielle pour nous refuser le plaisir de les voir faire une sottise. La question est trop délicate pour qu'il nous soit possible de la traiter en quelques Hgnes. Nous aimons mieux la prendre en biais, et dire en finissant : madame Marie Gjertz a résolu un difficile problème ; elle a su rendre le roman chrétien aussi

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passionné, aussi ardent, aussi pathétique que peuvent le désirer les imaginations vives, et le roman passionné aussi chaste, aussi spirilualiste, aussi chrétien que peuvent le souhaiter les consciences pures. Que, de ces deux groupes distincts, Tun adopte Gabrielie pour sa faiblesse, l'autre pour sa conversion; que Tun aime en elle la fille d'un rêve sillonné de flammes et d'éclairs; l'autre, la sœur d'une âme invinciblement appelée vers le Dieu de tout amour et de toute certitude : il n'en faudra pas davantage pour que ce livre étrange ait tout le succès qu'il mérite.

Faut-il en conclure que madame Marie Gjertz ait eu le temps de donner toute sa mesure? Nous ne le croyons pas, et son œuvre, comme sa mémoire, n'en est que plus intéressante. Il y a, dans ces inspirations brisées par la mort, dans ces voiles (pi'elle jette sur une pensée qui n'a pas tout dit, un charme mélancolique, en harmonie avec notre nature altérée d'infmi, mais malade d'impuissance, et qui, faute de pouvoir arriver au parfait, se complaît dans l'inachevé. Madame Gjertz ajoute un nom à la liste de ces génies à demi perdus dans l'ombre, qui s'en vont avant d'avoir livré tous leurs secrets et compté toutes leurs richesses. Les beautés de ses deux ouvrages, le souvenir de ses souffrances, le dévouement de ses amis groupés autour de ses enfants, c'est assez pour la protéger contre l'oubli et faire du succès de se^ livres une question d'honneur, de charité et de justice.

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