‹ Dernières variations sur mes vieux thèmesChapitre 19 sur 46 · Citée par M. Victor Monod. Le problème de Dieu, p. 1 i · texte numérisé non relu

Citée par M. Victor Monod. Le problème de Dieu, p. 1 i

C'est toujours mon moi que je voudrais « sauver1 ». S'il est irréel et inexistant, héJas! je ne sauverai qu'un fantôme, même en m' immortalisant. comme disent les rêveurs de gloire, dans un monument du génie ou de la charité; mais si tous les objets qui nous entourent, si toutes les idées de notre esprit ne sont aussi que des fantômes et des représentations subjectives, mon moi, après tout, ne se trouve pas en plus mauvaise posture que le reste ; et si enfin certaines apparences nous sont éminemment utiles et précieuses, la conviction, même erronée, que notre moi existe, peut avoir son utilité et son prix, beaucoup plus d'utilité et beaucoup plus de prix que la froide et triste conviction contraire.

Aucune doctrine philosophique n'étant sûre, il faut dire et redire que vraiment nous serions trop sots de nous arrêtera celle dont les conclusions désolantes nous laissent sans courage pour vivre et sans espérance à l'heure de la mort. Bénis soient les sceptiques et que le diable emporte les dogmatiques comme Taine, qui, ravi de démolir ce qui restait encore du vieux spiritualisme chrétien, se délecte avec une sorte de perversité satanique dans la démonstration du néant de notre être personnel :

i. Cf. Des Réputations littéraires, 1" série, p 102. — L'Inquiétude religieuse du temps présent, p. 225, etc.

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