‹ Dernières vues de politique et de financeChapitre 8 sur 12 · SECTION V · texte numérisé non relu

SECTION V

Rapprochement des deux projets de Gouvernement qu'on vient de tracer. La République , une et indivisible , et la Monarchie tempérée : Lequel esn préférable ?

I EQUEL est préférable ?

Voilà le sujet de cette Section.

Lequel est possible aujourd'hui ?

Ce sera le sujet de la question suivante. Et nous aurons toujours la France en vue dans nos réflexions.

C E s T donc abstraitement , et avec des idées générales que lious comparerons d'abord la République^ une et indivisible , avec la Monarchie temp/érée.

( 3o4 ) Nous rapprocherons , ensuite , ce^ deux .Gouvernemens des circonstances favorables ou contraires à leur succès , et , par conséquent, à Tesprit^u tems et aux idées introduites par la révolution.

Nous ne voulons pas rester dans cet ouvrage 'un simple philosophe politique; et nous nous mettrons aux prises avec les obstacles que présente , de toutes part^ , Tapplication de la théorie aux faits et aux réalités.

Cest mon opinion que dans un vaste pays , au milieu d'une Nation vive et ardente , au milieu d'un Nation mobile dans ses principes, mobile dans ses opinions , une Monarchie tempérjée doit être préférée à une République, une et indivisible ; qu'elle doit l'êfre sur-tout en spéculation , et au moment oui nulle épreuve n'a encore été faite , ni de l'un ni de l'autre di^ ces deux Gouveraeraens ; car il y a ce danger avec une

République

( 3bS ) Républiepie , dont ôri ^donrtô Où- 'rendît lé plan , qu'un seul chàHgèmertt ihÇôttsU déré, un spddéfaubd-^ol?g'éfeisatibh; pëû-^ vent entraîner des conséquences graveSé

Gusi^r une œixvie Gômjposée . dés rUp^ ports les' plus multifdîés qu'une fe^ut blique , une et iiJdivisible ^ et souiflisç aux lois de Tégalité. Aussi Ton ^t porté à croire > en examinant les détails d'une organisation si compliquée , qu'il çxiste pour tous des équivalens. L'on se trompe alors , et l'on manxpie son but.

Ce n'étoit pas sans raison qiie les Législateurs de l'antiquité se disoient guidés par des inspirations divines : ils n'avoient aucun autre moyen de faire recevoir, eh î son entier, un système combiné.

Ces réflexions sont particulières aux Républiques ; car une Monarchie y même tempérée , est soumise à des lois d'équi^libre beaucoup plus simples ; et pour

( 3o6 ) If^Qi^uyernemei^t despotique , c'est avec deux ou trois coups de hache qu'on Farlange ^ et le modèle.

Noys le savons aussi. Les divers âmours-propres se touchent dans une République,, et les torts se grossissent par la promptitude de la réaction. Toutes les autorités , encore , sont près de leur source , et les empiétemens de pouvoir , difficiles à éviter , dégénèrent souvent en sujets de trouble.

Il n'en est pas de même de la Monarchie tempérée , le Roi , les Seigneurs, et la Chambre des G)mmunes sont trois autorités distinctement séparées, et qui, sans être en opposision, ne peuvent jamais s'entremâler. ^Is servent de défense à tous les autres pouvoirs, en même tems qu'ils en posent les limites : ainsi rien n'est trop près, rien n'est trop loin dans les forces diverses qui composent cette belle organisation.

( 3o7 ) Cest encore sous une Monarchie à la fois héréditaire et tempérée , que»

le Prince, avec les Pairs dont il est environné , présente la sûreté , la garantie d'un intérêt constant à Tordre établi 9 d'un intérêt toujours subsistant et toujours le même : au lieu qu'un Chef électif n'a de propriété que sa gloire ; et sous le Gouvernement d'une République, on voit toujours des hommes occupés d'un nouveau but , des hommes en route, des hommes en passage, et dont les sentimens se modifient avec la variété de leur^ situation.

C'est aussi la Monarchie tempérée qui environne la loi de toute la splendeur du trône , qui la rend éclatante sans imposer aucun effroi > et qui se fait assister de l'imagination mêfhe des hommes , pour obtenir d'eux, par les moyens les phis doux , le respect et Tobéissance. Au lieu que , dans une Ré-

publique , où tout est convention , tout est pacte , et d'égal à égal, la loi ne ressemble qu'à un raisonnement vigoureux ; et c!est par son âpreté qu'elle prend un caractère imposant : c'est par des punitions actives et sévères , que , dans une VBSte contrée , elle peut suffire au maintien de la subordination^

C'est de plus^ à la faveur d'une gradation de rangs , que l'opinion publique s'épure , et qu'elle devient digne de prendre place parmi les autorités tutélaires de l'Etat. Examinez en même tems le caractère de l'opinion publique au milieu d'une démocratie, elle s'y forme dans une société d'égaux, elle s'y développe sans obstacles, comme sans retenue; et de cette manière elle acquiert bien plus de mouvement et d'essor que de régularité et de correction.

Seroit-ce de la liberté dont on

( 309) voudroit uniquement que nous parlassions ? Elle peut être aussi parfaite sou6 une Monarchie tempérée que sous un Gouvernement purement Républicain; et rexemple de rAngleterre/deviendra la preuve de cette vérité , auprès des personnes qui auront étudié les Itris d'une Constitution , essentiellement consacrée à la. sauvegarde de là libert-é nationale.

L'esprit républicain veut S9,ns dputjg cette liberté avec autant de force j et c'est avec une même ardeur qu'il la çji^che et la provoque : mais lorsqu'une Rjépublique est fort« étendue, lorçque Je Gouvernement est un et indivisible^ la liberté n'y. ^st jamais assez bien expliquée , jamais assez nettement^ asf^ez clairement entendue , pour rendre ses principes évidens > ses limiteç. certaines. Delà cette confuiiion d'idées , qui .,.dans les parties éloignées du centre, politique, fait hasarder de petites vexati9n^ aujx autorités subalternes, et ^9P^' Wf p/eij-

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pie plus de mouvement pour changer de sort, que d estime paisible pour sa situation. Mais sous la Monarchie tempérée de l'Angleterre , la loi de liberté est tellement résonnante > que dans les plus petite [bourgs chafcUii la sait, Tobserve et- la iaît observer..

Et prenez garde ^ emx)re , que , sous une Môha^ehiè tiemp&^ei ce ne^sont pas seulement les individus qui prennent intérêt à la liberté, ce îont tous les Corps politiques : ils ont chacun leur rang ^, chacun leurs prérogatives ; et depuis le Juge de paix jusquesau Prince, ils ont des droits à garder y des usurpation* à 'prévenir. ^

Les sages limites j, les litaîtes successives et constitutionnelles, fcômposent la liberté ; c'est sous le despotisme qu'il n'y ^én a point. Elles composent la liberté , car elles nous servent à tous de garantiéi Eltôxomposent la liberté, car ell^

assurent la jouissance ; la pleine jouis' sance dé tout ce qu'on possède.

A p PS £ é s en ce mbmeiâ â compas rer énseinble deux sorées de Gouye^ nements ; et à lé feire aV«(rkHpaitiaiiti$; nous aurions tort de disilnibler- une. objection , dont on s'est servi pdUr contbattre le'i^ystéme d'uiieMonarchie teAf^ pérëe , et Son -introduction sur-tout *M sein de là France : cette objection avok frappé d^excellens esprU« dans rassemblée constituante ,- dans Une assemblée oh il y en avoit beaucoup ; et c'étoit au nom de la liberté qu'on ^à présentoit y car alors on Taimoit encore , cette liberté , et Y on parloit d'elle.

On disoit que les prérogatives , abso* lument nécessaires au Chef d'une grande Monarchie, favoriseroientles usurpations de l'autorité royale, si'l'oii n'adoptoit pas , en même tems, un plan- de réduc^tion dans l'étendue de l'armée.

.^»yABgleterïç » envirçnn^ jje la mer, âvoit,{«i le ia^rg,,paFç^ que des vais- »seaux de ligne suffîsoient à sa défense ;

JB^i%éi) ^jéf^caHtrgPfftt ^0 la^Frapce.

'^ •^$»4^c«f..cQj§Jig/çn^|^^ au, milieu de$ l^fejfraçbd^sb^Çgi^nçe? ^f-,rjÀirope , «txjgeffit iinp^?îêJ§^ej^.VeJ?ttretien d'j^ ^anc^.iîwtj^çgi (^.tçoftpes disciplinées , •«H'-doni:- fei§î»ÇîW3Jij^eflîent ,(ï^i ççpi^é g^^^h^rietiZEm- % ,M#<l-jde -telle?

3iôr/Qp|:càijS^.[c|i$p«3iJy)no(;M./MÊ«!^iÇ:Ses

ji iVw) jo j (luopijftad iinvB nj v {• -i..V,Q^i^§^ff^ N,3^we;pgps.jye}ion$ de «rsppqiJtçjç n'egt pas, déAii^rde fogden Jtient , maiSv'il ^' iaut^^a^ ^ l'eacagé^ ^er:^L^ loi f€0jaâtitutionnelLe,; sous \aie /Mpn^arcjue te^péfi^e,, .jfst^ssez forte ,po,ç^r résister 9^ tentatÏMeçusurpatrices , igi^ Ibn pçiyffOfit supposer au Gouverneraeftit. LeiJPrjnce n'a point de. revenus sans le consentement des deux Çhan^n

< 3i5 ) bres du Parlement , et ce consentement n'a de force que pour un 9n. Il faudroit que le Prince , en se servant de Famlëe pour^Êivoriser un dessein ambi-^ tieux y la mît. tout dé suite aux prises avec les habitans du pays^ et tous se vefuieroient à payer des tributs , auxquels ils ne seraient pas tenus par la loi , et dont la l^arée seroit matiifestement illégitime. . ' ' r ' r.

Il faudroity de plus ». Remployer des moyens nouveaux de contrainte^ au mi^ lieu même dei'armée^i puisque*, sous la Monarc^ tempérée , (et je prends tou«jours. l'Angleterre pour exemple) les iois martiales, qui fixent la discipline et .constituent traytoxité ^dës Chefs j sont renouvelées, tous .les, ans.

Une grande Puissance se déclareroit en faveur de la liberté constitutionoelle , ce seroit l'opinion publique. On ra^vuç,,§ou5 ùp: Gouvernement oîi les

limites de l'autoiité. semhkiiejlt inconnues , déployer cependant une force su* préme. Ne triompheroit-elle pas, ai-dée dés lois positives qui constituent une Monarchie lempérëeî'..y

En FIN, l'avantage d^qn pareil Goiv ¥ernement y^on' mérite particulier , est ^'attacher tous les corps et tous les pouvoirs au maintien de Tharmonie existante. Où trbuvaroit-on , en effet ^ autant <i'éclat ^ autant de moyens de réputaition que dabs; la Chambre des Com^ •muhes ? £t; là simple naissance peut^elle procurer un avantage plus» précieux que la Paiqe héréditaire , èùus une Monarchie tempérée ? ^EUe donne au titulaire, elle transmet.à sa Emilie le plus beau droit , le droit de Législation au sein -de sa patrie. Les honneurs attachés à la Pairie héréditaire sont la plus foihle partie des prérogatives qui accompagnent cette haute Magistrature > cette

C 5i5 ) importante dignité. Que peut -on '(demander , quand on est associé par hé^ritage à tarit de distinctions ?

Les Seigneurs Constitutionnels ; et il n'y en auroit point d'autres , les Seigneurs appelés à composer la première Chambre du Parlemeiït , verroient di»minuer leur crédit, et dans la Nation, et près du Roi , si le •Gouvernement , par un accroissement d'autorité , acquil^ rpit une plus grande indépendance. Et le Monarque lui-même n'est-il pas dédommagé des plaisirs imaginaires du despotisme , en jouissant de la sécurité que lui donne une Constitution régulière , une Constitution où le Pouvoîi* suprême a été rendu inviolable , par un système général de limites et de mch dératiqa l Enfin , le simple Citoyen qui demande uniquement aux lois politiques de protéger ses dfoits. et sa liberté^ ne verra-t-il pas ses vœux remplis , s*il est aussi fort devant la Justice que le Mo* narque lui-même?

( 3x6 ) . Je le croîs donc ^, la Monarchie tem- ^rée a non-seidemeiit tous Içs genres de soutien ; mais, dëplus , le Prince luil^i^p^tles autorités secondes^, les corps .j^itermédiaires , rie sont appelés par auifluja intérêt k sortk du cei^cle^. ^ sert 4fe liflijkteMà /lejur pouvait. •

I L est . tems , cependant , de. placer la

R^ubliqiie swt son meilleur terrain.

î Voici ce que diront: les partisans de ce

.gepre de Gouvernemeni;. Nous adôiet-

ifonsjqu'une Monarchie tempérée servi-

irôit'éfficàcement au maintien de Tordre

-et de. la liberté; mous supposerons en-

:Core^ nous croirons môme/ que, dans

lun grand payis^^èUe attéindroit ce but

' avec plus de c^titiide . que ne le feroit

une République; maSssous la Monarchie

tempérée, il faudra renoncer au bien

politique et socdal , dont nous sommes

le plus jaloux ,1 à Fégalitë parfaite , et

nous ne voudrions pas nous soumettre

à un pareil sacrifice.

le conviens, que ^ pour constituer uriô Monarchie tempérée , il faut un Mœ narque, il faut une famille Royale ; qu'il ÙLUt de plus, et nécessairement^ des Pairs héiéditaires , des grands Seigneurs et réputés tels dans Topinion; qu'il faut mémie appeler à la Chambre des Com-»

munes, cette seconde sectipn Législative, des homîmes un peu plus riches qu'on ne le feroit dans une République démocratique ; et j'ai expliqué le motif de ces diverses conditions. Il faut donc laisser là toute espèce de Monarchie , mêiiie la plus tempérée , dès qu'on ne peut souffrir le spectacle d'aucune distinction.

On supporte néanmoins, au milieu d'une République , les supériorités qui naissent des élections populaires; et ces élections tumultueuses sont^ comme la naissance et ses hasards , un composé de chances fortuites; et la part d'un individu au résultat heureux de ces mêmes

( 3i8 ) ebances est biea petite au milieu d'un»

immense population.

Je ne veux pas^ néanmoinsi disputer contre les effets de TimaginaticHi; mais je dirai pourtant, que , sous une Monarehie tempérée , les exceptions , au sys-tême de l'égalité , sont infiniment circonscrites. On a un Roi , sans doute ; mais y aux regards de la pensée^ cette suprématie unique est plutôt une idée abstraite quW sujet habituel de comparaison.

Il faut de plus des Pairs héréditaires; et dans notre projet nous avons borné le nombre à trois cents , dont un cinquième seroit pris dans les rangs ordinaires de la société. Quel petit espace ils tiendroient tous ensemble au milieu de trente millions d'ames ! On ne pourroit être blessé de leur éclat que par un sentiment chimérique. Et combien la jalousie doit s'éteindre en songeant

( 3x9 > que ces Pairs ont été inventés , ont dû Têtre , pour garder la liberté consti-* tutionnelle, et pour compléter la majesté du Prince; qu'enfin, nonobstant leurs augustes fonctions , ils n'ont cependant aucune exemption dans la dis* tribution des charges publiques ; et quie leurs enfans^ simples particuliers, courent avec tous les autres Citoyens la carrière des emplois , et se présentent auic élections du peuple pour obtenir une place dans la Chambre des Communes !

Quelle différence ! mais on n'y prend pas garde, quelle différence entre une pareille institution politique et l'existence des nobles sous l'ancien régime français !

Aucun but social ne pouvpit se découvrir dans leur multiplicité , dans leur accroissement journalier, dans leurs exemptions, dans leurs franchises , dans leurs privilèges de tout genre' : et la supériorité qu'ils s'adjugeoient dans le monde , ëtoit une offense continuelle au reste

dé la Nation, et sur-tout à la partie de là société la plus près d'eux ; une of* £ense d'autant plus pénible que rien n'étoît fixe , rien n'étoit distinct dans leurs prétentions : on ne savoit jamais s^Hs exigeoiént tout , ou é. on leur accordoit suffisamment ; et . leur retenue composée, qui n'offroit aucune prise à la contestation et à. la revanche , perpétuoit cet empire muet dont on ne pouvoit ni se plaindre ni se défendire^

Un levain d'irritation restoit, au fond du cœur d'un nombre considérable de Français , admis au spectacle journa^ lier d'un pareil triomphe; blessés qu'ils étoieijt , et dévoient être ^ de se voir déclarés inférieurs par une opinion factice , et dans le tems encore oîi le progrès des lumières rapprochoit , de plus en plus, les hommes susceptibles d'éducation*

Qu'on ne s'étonne donc point , si la Nation Française^ en entendant des

hommes

hommes éclairés faire si souvent Tëloge de la Monarchie tempérée, ne se réunit point à leurs hommages. Les mots de Pairs . et de Seigneurs héréditaires lui rappellent , sans distinction , tous les anciens nobles; et ce souvenir Teffraye, elle croit voir te retour de tout ce qui lui a déplu si longuement. Ce n'est pas ia €hose, il s^ea faut bien, mais une ressemblance.

Ne cachons pas même , dans nos observations dédiées à la vérité et à la vérité toute entière , que des Pairs de haute naissance, comme il les faudroit en France pendant long-tçms, étendroient Téclat de leur dignité sur toute leur famille , sur une grande circonfé^ rence sociale. Il n'en est pas de même eii Angleterre oîi un grand nombre de Pairs d'illustration nouvelle ne prennent qu'un petit espacQ hprs de leoc Magistrature. /. . ' .-

Je ne «ais s'il y a de la philosophie à s'approcher ainsi des calculs de la vanité, à y mettre du sérieux; mais ce n^est pas , en dédaignant ces Calculs , qu'on les fait disparôître. Je ne connois aucun sentiment personnel avec lequel on ne doive traiter au 'grand jour : autrement il agit dans Fombre , il travaille sous terre; et, dans un moment d'ex« plosion , il fait sauter l'édifice.

Prêtons, cependant, aux Républicains des idées plus grandes , et plus pro« près à balancer les raisonnomens que nous avons employés en faveur de la Mpnarchie tempérée. Ils n'ont aucun avantage sur les partisans de ce dernier système pplidqtfô , quand ils se bornent à parler de la liberté : ils en ont uii , fffLis dont l'imagination compose la principale force , quand ils parlent de Péga- Ulé ; mais on les écoute avec intérêt, quelquefois mémi^ avec une sorte à%

respect , lorsqu'ils s'exaltent à Tidëe d'une vaste société marchant d'un vœu cominun vers un même but. Une République, se mouvant avec ordre, nonobstant son étendue et sa nombreuse population , animée qu'elle seroit par un sentiment antique de patriotisme et de liberté , et recevant, par degrés , du progrès des lumières , cette tettapérance qui parfait toutes les institutions politiques : la perspective est belle! le tableau doit séduire les esprits élevés et les grands caractères! mais ce sont là des spéculations auxquelles l'expérience ïi*a pas encore mis son sceau , et jusqueslà , toute confiance est incertaine, toutç espérance est confuse.

Nous devons continuer notre route; et nous le ferons , peut-être , avec plus de difficultés ; car nous allons rencontrer les choses et leur fixité. Nous serons, d'ailleurs , inévitablement conduits à des

idiscussions délicates^ ej; devant lesquelles; pourtant , nous ne songerons pas à reculer, encouragés que nous sommes par leur importance et par l'utilité dont elles peuvent être, un jour ou l'autre, à une {Ration qui n'a pas besoin, sans doute, de nos conseils ; mais qui ne repoussera pas, nous l'espérons, notre intérêt et

nos VGBUX.

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