L'ENFANT DE CHOEUR
Rome.
Quel saint amour de Dieu l'embrase !
Frère, en passant, ne dites rien :
De l'enfant de chœur Adrien , Frère, ne troublez pas l'extase!
Sous ces nefs , toujours le dernier , A sa muette rêverie
Il s'abandonne tout entier , Sans penser que la confrérie Le trouve plus beau quand il prie.
Et rentre pour le voir prier.
Au cœur du jeune cénobite L'orgueil n'est pas encore éclos; Ses vœux ne passent point l'enclos Du tombeau sacré qu'il habite. Ici des plaisirs incertains, Des fausses gloires de la terre Viennent mourir les bruits lointains , Et nul souille mondain n'altère Ce lis qui fleurit solitaire Dans le cloître des Célestins.
Du siècle et de ses pompes vaines Jamais l'appât ne l'a tenté :
Est-il une autre volupté Oue de murmurer des neuvaines .
D'entonner laudes au réveil , D'aller d'une huile parfumée Remplir la lampe de vermeil , Oui brille toujours allumée Sous la madone bien-aimée Dont il rêve dans son sommeil?
D'un soin pieux sa main apprête Les vases brillants de rubis , L'étole dont le blanc tapis N'est déployé qu'aux jours de fêle.
11 va disputer aux essaims L'œillet, les jasmins et la rose, Pour embaumer de ses larcins Le lin sans tache qu'il dispose Sous le tabernacle , où repose La majesté du Saint des saints.
Comment peindre pendant l'ollice Son innocente gravité.
Quand le vin par lui présenté Vient rougir l'or pur du calice? Et quand Dieu descend sur l'autel Au bruit de la cloche argentine, Quel recueillement solennel !
Les mains jointes sur sa poitrine.
C'est l'enfant Jésus qui s'incline:
C'est un ange de Raphaël.
Du tribunal de pénitence Si la grille s'ouvre pour lui , On dirait que la foudre a lui , Tant il redoute sa sentence!
Il y confesse à demi- voix Qu'au sermon du prieur Césaire Il se fût endormi deux fois , N'était le bruit de son rosaire , Que , par pitié pour sa misère , Dieu fit glisser entre ses doigts.
La rougeur couvre encor sa joue Quel crime va-t-il confesser?
Il a... niais par ou commencer?
Doux Jésus, faut-il qu'il l'avoue!, Il a, sous l'or et le satin D'une chasuble étincelante , Scandalisé le sacristain , En imitant la marche lente , L'air contrit et la voix dolente Du révérend frère Augustin .
Souffre-t-il de quelqu'autre peine,
C'est lorsqu'il voit sur le vélin
Les tortures de saint Paulin ,
Le repentir de Madeleine.
Son front retombe sans couleurs ;
Et quelle grâce enchanteresse
Dans ses longs cils mouillés de pleurs
Dans ses yeux bleus que de tristesse,
Quand son cœur se fond de tendresse
Pour la Vierge des Sept-Douleurs!
Parfois quelques bons solitaires , Chauffant leur vieillesse au soleil .
Inclinent sur son teint vermeil Leurs barbes presque séculaires -, Et Ion voit son rire enfantin Dérider la grave assemblée , Comme le retour du matin Égaie une sombre vallée Où luit sur la blanche gelée Un rayon de la Saint-Martin.
11 dit au frère abbé, qu'il aime :
« Priez pour ce peuple ingénu ,
Qui dans les limbes retenu
N'a pas reçu l'eau du baptême.
Ils sont tristes dans leur bonheur
Comme l'hirondelle exilée ;
Priez, mon père, avec ferveur :
Et leur foule au ciel rappelée
En riant prendra sa volée ,
Pour s'abattre aux pieds du Seigneur. »
S'il désire, une fois l'année, Sortir de ce paisible lieu ,
C'est le jour où la Fête-Dieu
Revient de roses couronnée;
Où son bras , qu'il penche humblement ,
Vers la victime triomphante
Élevé l'encensoir fumant,
Et des fleurs que la terre enfante
Fait voler la pluie odorante
Sur la croix du Saint-Sacrement.
Ainsi coule dans la retraite Sa douce vie, et, chaque soir, Son ange gardien vient s'asseoir Sous les rideaux de sa couchette.
11 entend l'hymne matinal Des chérubins, qui sont ses frères, Au chœur lui donner le signal , Et croit sentir dans ses prières Le vent de leurs robes légères Passer sur son front virginal.
Chérubins, venez en silence, Venez baiser ses blonds cheveux.
Au Seigneur reportez les vœux De ce cœur qui vers lui s'élance , Pur comme l'air délicieux Où l'essaim des anges fidèles Balance son vol gracieux , Comme les sources éternelles De l'onde où vous baignez vos ailes Dans la Jérusalem des deux.
CHANT DEUXIEME
Si frais que soit l'abri qui cache leurs trésors. Le soleil est fatal aux lis de la vallée , Et sèche promptement leur coupe immaculée Que l'eau pure du ciel remplissait jusqu'aux bords. Relie, la fleur n'a plus la beauté reposée, Le charme virginal qu'elle eut sous la rosée ; Elle brûle, elle souffre, et pourtant on dirait , Emu par l'abandon de sa tête abattue,
Qu'elle trouve en souffrant un douloureux attrait A se laisser mourir de l'ardeur qui la tue.
Beaux rêves, paix du cœur, calme divin des sens,
Ainsi vous nous fuyez! ainsi nous est ravie
La candide fraîcheur du matin de la vie,
Quand s'allument les feux de nos désirs naissants.
Mais que ce trouble ardent qui charme et qui dévore
Est, dans sa volupté, plus dévorant encore,
Lorsque le chaste cœur , de sa fièvre agité ,
Soulève en palpitant la bure qui l'oppresse,
Et, sans pouvoir le fuir, repousse épouvanté
Le bonheur interdit dont il rêve l'ivresse !
Où sont, frère Adrien, ces jours si doux pour toi , Ces purs ravissements, ces extases de flamme, Ces visions du ciel qui noyaient ta jeune âme Dans des torrents d'amour, d'espérance et de foi? L'oisiveté te pèse, et le travail t'accable ; Tu te sens des remords, et tu n'es pas coupable ;
Tu te laisses surprendre à de vagues douleurs , Et dans ton regard morne attaché sur la pierre , Un sombre éclair parfois brille à travers les pleurs Qui se sèchent de honte au bord de ta paupière.
Tu ne vois plus frémir l'aile du séraphin
Sur ces fleurs , comme toi , dans le cloître captives.
Ces fêtes, qui jadis passaient si fugitives,
Traînent leur pompe sainte en des longueurs sans fin.
Ces chants dont l'harmonie a charmé ton oreille ,
Ils reviendront demain les mêmes que la veille,
Puis demain, puis sans cesse, et chaque instant nouveau
De chaque jour, que suit un jour plus monotone,
Goutte a goutte, pour toi, coulera comme l'eau
Qui tombe et tombe encor d'un pâle ciel d'automne.
Que te manque-t-il donc ? Sur tes cheveux bouclés Les ciseaux ont du prêtre arrondi Tauréole; Pour le monde a ta voix l'Agneau divin s'immole; Des portes du salut les mains tiennent les clés.
Courons : c'est lui qui prêche a la Trinité sainte . Et Ton court, et du temple on assiège l'enceinte, Et, pour ces flots d'élus pressés dans le saint lieu , Ta parole est du ciel la promesse vivante, Ou l'écho foudroyant des colères de Dieu , Qui fait passer sur eux un frisson d'épouvante.
Dans Tasile qui s'ouvre a nos remords secrets, (I n'est Romain si lier ni si noble Romaine , Que sous tes doigts sacrés le repentir n'amène , Qui ne courbe a genoux son front sous tes arrêts-, Du Vatican , dit-on , l'auguste confidence A déjà par deux fois consulté ta prudence. Quel triomphe ! pourquoi n'a-t-elle plus d'appas, La coupe où jeune encor tu t'enivrais en songe ? Pourquoi ? mais il médite et ne vous répond pas , C'est dans l'éternité que muet il se plonge.
JNon , non , ce temps n'est plus ; non , c'est la liberté Qu'il dévore en espoir, qu'avec l'air il aspire ;
C'est l'air vaste, où se meut tout être qui respire. Qu'il l'end d'un vol de feu dans son immensité. Plaisir et peine, espace, et chaleur et lumière, Tout est a lui : sa proie est la nature entière. Comme un phénix nouveau, qui, du trépas vainqueur, S'élève en secouant la poudre de sa tombe , Libre, il monte, il est libre!... il s'éveille, et son cœur Du haut du firmament sous sa chaîne retombe.
Par sa chute meurtri, ce cœur est sans pitié :
Son acre désespoir, sa chasteté jalouse.
Fait d'un bonheur permis un reproche h l'épouse
D'un idolâtre excès accuse l'amitié.
Il sent qu'il est injuste, il rougit, il se blâme ;
Mais à qui confesser les troubles de son âme!'
Au plus inexorable il veut les dévoiler ;
(1 choisit le vieillard que le moins il redoute,
Et, prêtre, le seul tort qu'il venait révéler,
C'est le seul qu'il dérobe au prêtre qui l'écoute.
Sacrilège, il s'effraie : « A Dieu seul j'appartiens; Arrière, tentateur! se dit-il a voix basse;
Va-t'en, femme, va-t'en; ton faux respect me lasse; Ya-t'en, mes yeux baissés ne cherchent pas les tiens. Pourquoi, dans la ferveur d'une humilité feinte, De mes pieds sur le marbre avoir baisé l'empreinte? Et ce marbre, où depuis je n'ose m'arrêter, D'où vient que pour le fuir vainement je recule, Que défaillant j'y tombe, et le sens palpiter Sous mes genoux tremblants qu'il attire et qu'il brûle
« Femme, que t'ai-je fait, et que veut ton orgueil ? D'un serviteur de Dieu troubler la paix profonde ? Ces fragiles attraits, où tant d'orgueil se fonde. Tu crois les relever par tes voiles de deuil. Tes yeux sont plus ardents sous ces noires dentelles, Tes mains, et tu le sais, tes blanches mains plus belles. Je les brave, démon!... Non, tout est pur en toi : La foudre sur ton front n'a pas laissé de trace : Le ciel est dans tes yeux ; détourne-les de moi ; Grâce, ange de beauté, je te demande grâce! »
Au fond de sa cellule il fuit ce front , ces yeux Ces lèvres de corail qui troublent sa prière;
11 veut s'y consumer de sa ferveur première .
Revoir les chérubins quitter pour lui les cieux.
0 bonheur ! les voila , ces formes enfantines !
Ils viennent, mais privés de leurs ailes divines.
Ils n'ont rien de céleste-, ils sont sa chair, son sang ;
Ces enfants sont les siens; ils le nomment leur père,
Et le prêtre égaré crie en les repoussant :
« Je la retrouve en eux, c'est elle, c'est leur mère! »
Le long des cloîtres saints, comme un spectre, à minuit,
Toujours suivi par elle , il (raine ses tortures ,
Va fouler l'herbe humide, entre les sépultures.
Offrir sa tête nue aux vents froids de la nuit.
Elle est la , toujours la , belle et demi-voilée ;
Il laisse choir son corps au pied d'un mausolée;
11 s'y couche éperdu pour y finir ses maux,
Pour y figer son sang dont l'ardeur est un crime,
Pour y glacer son cœur, sa vie, et des tombeaux
La pierre qu'il réchauffe entre ses bras s'anime.
Au prêtre qui t'implore accorde ton appui , Toi qui voulus, grand Dieu, que toute créature
Obéit, hors lui seul, au cri de sa nature!
Dieu, prends pitié du prêtre : étouffe l'homme en lui !
Tombe, fraîcheur de l'aube, et qu'a la voix divine
Tes pleurs vivifiants humectent sa poitrine -,
Rends-lui cette candeur qu'au lys fané tu rends :
Ou plutôt de la grâce, ineffable rosée ,
Descends, lave son âme, et viens sous tes torrents ,
Viens éteindre les feux dont elle est embrasée!
CHANT TROISIEME
LE YENDHEDl SAINT.
C'est l'heure où la nature, a son Sauveur unie. Et qui sembla du Christ partager l'agonie, Dans un saisissement d'horreur et de respect
Suspendit ses lois a l'aspect
De cette douleur infinie :
Où, déchiré d'un coup, le rideau du saint lieu,
Que d'invisibles mains tirèrent.
Des combles au pavé s'ouvrit par le milieu .
Où du mont Golgotha les rocs, qui s'ébranlèrent, Jusqu'en leurs fondements tremblèrent Sons le dernier soupir d'un Dieu.
Cest l'heure où la lumière aux ténèbres fit place, Où des formes sans nom traversèrent l'espace ; Cest l'heure où le soleil, du crime épouvanté,
Se roula dans l'obscurité
Un voile sanglant sur la face ; Où je ne sais quel froid glaça l'air et les vents
Quand les sépulcres se fendirent, En laissant s'échapper de leurs débris mouvants Le peuple enseveli qu'a ce monde ils rendirent.
Et dont les morts se confondirent
Avec le peuple des vivants.
Heure où se consomma le sacrifice immense! Heure de dévoûment, de fureur, de clémence, Où d'un autre chaos l'univers fut tiré. Comme un vieillard régénéré
CHANT III. s<r>
Dont la jeunesse recommence!
L'homme Dieu, sans se plaindre, à la mort se livra.
Et, laissant sur la croix immonde Le corps inanimé dont il se sépara, Après le long travail de cette mort féconde.
D'où sortit le salut du monde,
Penchant la tête, il expira.
Ce triomphe et ce deuil, Rome, tu les célèbres En cachant tes autels sous des crêpes funèbres. Ta chapelle Sixtine est un tombeau sacré,
Et les chants du Miserere
S'y prolongent dans les ténèbres.
Ces prophètes divins, ces damnés en lambeaux ,
Tout ce vain peuple de fantômes, Qu'une main de géant peignit en traits si beaux, Semblent, mêlant leurs cris aux cris mourants des psaumes,
Pour le roi de tous les royaumes
Entonner l'hymne des tombeaux.
Le pape est descendu sous la sainte coupole; Il y vient adorer la croix où Dieu s'immole,
Et dont la nuit qui tombe a , dans ses profondeurs ,
Suspendu les mornes splendeurs .
Du salut douloureux symbole.
C'est la qu'après la mort, sur sa tombe incliné,
Chaque pontife est en prière ; I )u pontife vivant le néant couronné , Comme un marbre de plus, prend place dans Saint-Pierre,
Et devant la croix de lumière
Reste immobile et prosterné.
Adrien, qui succombe a son saint ministère . Juge en son tribunal les fautes de la terre. Incliné vers la grille, il la rouvre ; o terreur!
De ses sens, que trompe une erreur,
Kst-ce le crime involontaire ?
Won, c'est elle, a genoux, qui vient lui demander
La paix qu'en vain lui-même appelle.
L'œil humide, a parler n'osant se hasarder , Elle a le front couvert d'une pâleur mortelle,
Et son juge, aussi pâle qu'elle,
L'écoute sans la regarder.
en \v\ ni. 9i
De sa raison qui fuit reprendra-t-il I lisait-.'
Une sueur glacée inonde son visage ;
Tremblant, il ne voit plus; mais son cœur, il lenieml
Battre dans son sein haletant ,
Comme pour s'ouvrir un passage.
Il flotte entre l'horreur, la joie et le courroux -.
Penché sur des cheveux d'ébène , Enivré , malgré lui , par le poison si doux D'une haleine de feu mêlée à son haleine .
Il recule, et murmure a peine .
■ 0 ma fille. confesse/-vous !
« l'itié, mon père!
C'est ma faute, ma faute! Ah! pardonne, ou de moi
Je désespère!
J'aime, et celui que j'aime est prêtre comme loi.
» J'ai choisi L'heure où sans murmures Le Christ a quitté ce séjour.
Pour que le sang de ses blessures Se répandit sur les souillure*
Que ma douleur expose au jour.
En vain je prie, en vain je pleure; Je veux fuir et cherche à toute heure L'objet de mon fatal amour.
» Sur le siècle quand sa voix tonne , A l'effroi qui glace mon sang Se mêle un charme qui m'étonne; Et quand, plus tendre, il s'abandonne Aux pieux transports qu'il ressent , Ivre du plaisir de l'entendre , Mon cœur vole pour se suspendre A ses lèvres d'où Dieu descend.
» Pitié , mon père !
C'est ma faute , ma faute ! Ah ! pardonne, ou de moi
Je désespère !
J'aime, et celui que j'aime est prêtre comme toi.
» Pour ma passion adultère La suprême félicité
iYest pas, quand j'aurai fui la terre.
Dans sa beauté que rien n'altère L'aspect delà divinité; C'est le sien , c'est son œil de flamme Dans mes yeux répandant son âme Pendant toute l'éternité.
» Mais entre nous s'ouvre un abîme :
En ce monde, son saint devoir, Plus tard , les maux dus a mon crime Le séparent de sa victime ; Maux sans fin , et mon désespoir N'est pas d'en souffrir la torture , Sans fin , sans repos , sans mesure , Mais de la souffrir sans le voir.
» Pitié, mon père!
C'est ma faute, ma faute! Ali! pardonne, ou de moi
Je désespère !
l'aime, et celui que j'aime est prêtre comme loi.
» Juge à quel excès je l'adore :
Sa robe un jour vint effleurer Ce voile qui me couvre encore ; Depuis, je sens qu'il me dévore.
Et je ne peux m'en séparer :
Sous ce doux et cruel cilice Je meurs, et c'est avec délice Que je m'en laisse dévorer.
» De quel crime , ô ciel , suis-je avide!' Et, dans ma honte, où me cacher !' Quand je vois cette coupe vide Du vin céleste encore humide , Dont son souffle vient d'approcher, Dût mon corps mortel se dissoudre En tombant frappé par la foudre , Mes lèvres la voudraient toucher.
» Fitié , mon père !
C'est ma faute, ma faute! Ah! pardonne, ou de moi
Je désespère!
J'aime, et celui que j'aime est prêtre comme toi.
n I le ce cœur foule aux pieds la cendre, Que brûle un exécrable l'eu ; Mais suspends encor pour m'entendre Le juste arrêt que tu vas rendre ; Je n'ai pas tout dit, et mon vœu , C'est que mon âme criminelle Cède a ton souille qui l'appelle Et s'exhale avec cet aveu :
» Il a ta voix, celui que j'aime; Il a ta ferveur en priant; S'il sourit, sa grâce est la même ; Dans les yeux de celui que j'aime Tîrille ton regard foudroyant; En lui c'est toi que je redoute ; C'est toi qu'en l'écoutant j'écoule, Toi que je vois en le voyant.
» Frappe, mon père!
J'aime... prête à parler, Dieu m'arrête, et de moi
Je désespère !
J'aime, et celui que j'aime, ô mou père... c'est toi! »
Quel silence ! il ressemble au calme de l'orage , Quand la foudre en éclats va sortir du nuage. D'un muet tremblement l'homme de Dieu frémit;
La pénitente qui gémit
Dans ses mains cache son visage.
Gomme un condamné meurt sous le coup qui descend ,
Avant d'être atteint par le glaive, Elle meurt de l'arrêt que sa terreur pressent ; Son châtiment enfin du ciel tombe, et l'achève :
Adrien pousse un cri , se lève ,
FA s'enfuit en la maudissant.
CHANT QUATRIÈME