Lettres du i" octobre 4842 et du 9 juillet
iti '• M. LOmS DE bOMÉr^IE.
c de reproches : Que devenez-vous? que faites- vons donc? « on ne vous voit plus? — Et je ne puis faire croire aux (( gens du monde que ma vie se passe ainsi tout entière, « de mon lit à mon bureau, de mon bureau à mon lit. » Il n'avait pas trop de tout ce temps pour écrire comme il l'entendait. « Vous connaissez, disait-il S ma a manière de travailler, vous m'avez vu passer des jours a entiers sur une page dont je n'étais pas content. Eh « bien, je suis toujours le même, et, tandis que je (( m'évertue à chercher le mieux, le temps s'écoule, la a nécessité presse, et il faut toujours que je finisse par « publier des choses dont je ne suis pas satisfait.... « Vous le dites bien : à quoi me sert-il de travailler (( comme un mercenaire pour joindre péniblement les (( deux bouts à la fin de l'année? En ce ternps-ci on ne « peut guère \ivre de sa plume qu'à condition de pro- « duire beaucoup, vite et facilement.... Je le sais : il fau- (( drait écrire à l'heure, à la toise, sans s'inquiéter de sera vir au public la vérité ou le mensonge, comme je vois « faire à tant d'autres qui tiennent plus à l'argent de la « foule qu'à l'estime des honnêtes gens. Quant à moi, je fi ne puis agir ainsi ; c'est en vain que la nécessité me tait lonne et que je pense aux mille besoins que je voudrais « satisfaire, pour vous encore plus que pour moi. Ma plu- € me se refuse absolument à marcher plus vite, ma conc science me force à raturer sans cesse, et mon esprit s'éc puise à la recherche d'un mieux qu'il n'atteint jamais. »