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V. — LE « VOL » DES PAPIERS CABRERA

23 mars 1875.

IM. d'Aulnay revient longuement sur le vol des papiers de M. Cabrera. Il ennuie son monde, et fait voir quelque chose de cet esprit de vertige et d'erreur par lequel les puissances h'amaines annoncent qu'elles sont sur le point de décamper.

Le ... mars, entre onze heures et midi, on nous a remis non pas deux épreuves, mais deux exemplaires IMPRIMÉS de la proclamation aux carlistes, portant le nom de l'imprimeur, ce qui ne se fait pas sur les épreuves. Nous en avons encore un. Nous en avons fait faire bien vite la traduction hâtée et abrégée, ain&i que nous avons pris soin d'en avertir. M. Cabrera est verbeux comme tous les hommes qui ont quelque chose de difficile à expliquer, et le temps nous manquait. On nous avait dit que le ballot serait expédié le lendemain, peut-être le soir même, et il nous plaisait de devancer l'expéditeur.

Sans doute la traduction n'est pas parfaite. Le traducteur travaillait sous nos yeux, et nous le pressions d'abréger : 1° parce que nous conservions la pièce et que nous avions tout le temps d'y revenir ; 2° parce que nous donnions plus qu'une analyse exacte

et complète. Qu'importaient les phrases où M. Cabrera exalte la pureté religieuse et patriotique de ses motifs ? Notre traduction française n'était pas destinée aux Espagnols, et elle contenait d'ailleurs tout ce qui pouvait les intéresser, fidèles ou traîtres, puisqu'elle leur faisait connaître les conditions et les prix du marché.

M. d'Aulnay voudra bien remarquer en outre que la proclamation s'adressait à nous : nous sommes carlistes. Il est vrai que si l'adresse avait manqué, nous l'aurions imprimée tout de même pour la rendre aux amis de l'auteur.

Un reste, un faible -reste d'intérêt nous porte à engager M. d'Aulnay à briser sur cette question, où il risque la faveur de M. de Villemessant. Il s'est montré maladroit comme apologiste, malheureux comme reporter, compromettant dans le passé et dans l'avenir ; le patron n'aime pas tout cela ! La prudenoe lui conseille d'oublier que Cabrera l'a joué indignement en lui fournissant les éléments d'un rapport dans lequel il a paru trop peu au courant des affaires d'Espagne. Ce héros est un ami négligent. Ne vient-il pas de lancer une nouvelle proclamation qu'il a omis d'envoyer au pauvre M. d'Aulnay ?

Eperdu de ces navrantes aventures et mécontent du genre humain qui ne donne pas assez dans toutes les nasses qu'on lui tend, M. d'Aulnay finit par dire que M. Veuillot vient de commettre tout simplement des infamies. C'est bien gros ! Nous ne croirions pas téméraire d'en conclure que les 4,200 abonnés ecclésiastiques branlent au manche.

La lionne, la tigresse, la poule et les autres bêtes connues pour bien défendre leurs petits, n'offrent qu'une faible image de M. d'Aulnay chargé de garder les nourrissons ecclésiastiques de M. de Villemessant, mais il est ennuyeux.

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