DOM GUERANGER LOUE PAR PIÉ IX
12 avril 1875.
La mémoire de dom Guéranger, récemment loaée par la noble éloquence de Mgr l'évêque de Poitiers, reçoit aujourd'hui un témoignage plus haut. Le Saint- Père lui donne avec éclat l'ineffaçable témoignage jde l'Eglise. Désormais le grand abbé de Solesmes est placé dans les honneurs de. la postérité au rang de ceux dont les œuvres ont bien mérité de la patrie chrétienne.
« ^lE IX.
» Four que la mémoire en soit conservée.
» Parmi les hommes de notre époque qui dans l'Eglise se sont le plus distingués par leur religion et leur doctrine, par leurs efforts et leur zèle à promouvoir les intérêts catholiques, il est de toute justice d'inscrire Notre cher fils Prosper Guéranger, abbé de Saint-Pierre de Solesmes, et supérieur général de la Congrégation bénédictine de France. Doué d'un génie puissant, riche des trésors d'une érudition rare et d'une science bien connue dans les matières canoniques, il s'appliqua constamment, pendant le cours de sa longue vie, à défendre avec un très grand courage, dans des écrits de la plus haute Importance, la doctrine de PEgnse
catholique et les prérogatives du Pontife romain, à briser les efforts des adversaires et à réfuter leurs erreurs. Et lorsque, aux applaudissements du peuple chrétien, Nous avons, par un décret solennel, confirmé à la sainte Mère de Dieu le céleste privilège de sa Conception immaculée; lorsque, plus récemment, avec l'approbation du très nombreux concile qui réunissait les prélats de l'univers catholique tout entier. Nous avons sanctionné le dogme de l'infaillibilité du Pontife romain enseignant ex cathedra^ Notre cher fils Prosper n'a pas, dans ces circonstances isolennelles, failli au devoir de l'écrivain catholique; il publia alors des ouvrages tout remplis de foi et de science, qui furent une preuve nouvelle de son grand génie et de son dévouement inébranlable à la chaire du bienheureux Pierre. Toutefois, l'objet principal de ses travaux et de ses pensées fut de faire rentrer en France la liturgie romaine, qui en avait été pour ainsi dire exilée. Il a su, dans ses écrits, conduire cette œuvre avec une telle constance et un zèle si intelligent, que c'est à lui plus qu'à tout autre qu'il faut en rapporter le succès, si bien qu'avant de quitter ce monde il a pu voir les rites de l'Eglise romaine embrassés par tous les diocèses de France.
» La gloire d'une vie ainsi consacrée tout entière à procurer le bien de là religion catholique rejaillit sur la Congrégation bénédictine de France et ajoute à cette congrégation déjà célèbre à d'autres titres, une nouvelle splendeur, qui semble exiger que Nous aussi Nous lui donnions un gage nouveau de Notre bienveillance.
» Comme donc les souverains Pontifes, Nos prédécesseurs, Nous ont laissé de nombreux exemples à suivre par cette attention constante qu'ils ont eue d'octroyer certaines distinctions et faveurs aux membres de plusieurs familles religieuses, dans le but d'animer leur courage à servir la religion, à poursuivre la glorieuse conquête de la sagesse, à s'exercer aux vertus chrétiennes. Nous de même, après avoir absous ceux en