LE « JOUENAL DU LOIRET )) ET LA BÉNÉDICTION DU PAPE
loux, OU de M. le duc de Broglie, ou aux siennes, ou à celles de tous autres? Que ces messieurs, puisqu'il cite leur nom, le bénissent et nous maudissent, ou qu'un chien aboie pour ou contre nous à l'abri d'un' mur, c'est la même chose absolument. Nous écrivons de notre plein droit comme lui du sien, et comme il est notablement inférieur, c'est lui qui se trouve être notablement ridicule. Il n'a pas considéré ce point.
Pour conclure et lui rendre quelque service, nous l'engageons à mieux réfléchir sur la bénédiction et à se faire bénir lui-même. La bénédiction donnerait quelque crédit à sa parole. Il serait moins grossier, il sentirait moins le collège, il compromettrait moins ses amis. Car, quoi qu'il en dise, ce garçon est béni, mais en secret, ce qui ne vaut rien. Il est béni ou par un de ceux qu'il nomme, ou par un de ceux qu'il désigne, ou par un autre ; quand ce ne serait que par le petit caissier de son Loiret, il reçoit une bénédiction. On verrait cela s'il osait montrer ses papiers.
Combien la bénédiction publique de Pie IX, dont il se raille sottement, doit lui sembler plus précieuse I Voyons, mon ami, vous qui n'êtes pas béni pour tout de bon, et q;ui même ne pouvez pas l'être, comprenez a quelle élévation de ridicule vous parvenez lorsque vous vous moquez de la bénédiction de Pie IX et de ceux qui la reçoivent. Il n'y a pas de montagne dans tout Orléans qui puisse vous en donner une idée.
II. — IL n'y avait pas a se fâcher! l'anonyme du Loiret est seul.
4 avril 1874.
L'anonyme du Loiret qui nous a reproché d'avoir demandé la bénédiction du Saint-Père, et au Saint- Père de nous l'avoir donnée, prétend que nous l'avons
appelé un « chien », tout crûment. Ce serait une faute de goût, et nous nous flattons de savoir mieux à qui nous avons affaire. Notre homme est attaché, détaché, rattaché, il élève la voix, il mord; tout cela justifie une comparaison, sans constituer essentiellement « le chien ». Un chien n'est pas membre de l'Université, ne jouit pas d'un congé pour écrire dans les journaux, et ne s'irrite pas contre le Pape à propos d'une bénédiction. C'est là tm trait d'homme.
Du reste, l'anonyme en question s'abuse s'il croit qne nos réflexions sur l'irrévérence absurde qu'il a commise le regardaient beaucoup. Nous avions en vue la chose qu'il fait, non la chose infiniment médiocre qu'il est. Cette sottise, dans un autre lieu, sous une autre enseigne, n'aurait été ni remarquée, ni relevée. Un ouvrier de journal, le rien travaillant au rien, qui du sein de son implacable rien, dit une injure à la bénédiction pontificale passant au-dessus de lui, rien ne mérite moins l'attention. Maudissez, pauvre hère, et q^ue cela vous console de n'être pas vu!
Tout le mérite de l'homme du Loiret est d'être catholique libéral et de s'imprimer à Orléans. Voilà uniquement ce qui nous a fait signaler son vulgaire outrage. Après quelques jours d'attente, voyant qu'il n'attirait aucune répréhension, nous l'avons reproduit, comme l'indice d'un pas nouveau dans la voie libérale. C'était notre droit, et le but que nous voulions est atteint.
Le Journal du Loiret termine sa réponse en affirmant son « absolue indépendance ». Cela veut dire, quoique d'une façon embrouillée, que l'appréciation de la lettre du Saint-Père à VTJnivers est absolument son fait, que lui seul en a conçu l'idée, que lui seul l'a exécutée, et que personne du parti catholique libéral ne l'ayant dictée, personne ne l'approuve et personne n'en répond. Il est seul !
Alors nous convenons qu'il n'y avait pas de quoi se fâcher; mais il fallait le savoir.
Nous ne l'oublierons pas dans l'occasion, et nous