DON CARLOS A LOUIS VEUILLOT
Don Carlos nous a fait l'honneur de nous adresser la lettre suivante. Nous sentons qu'elle est moins pour nous q^ue pour tous ceux qui ont en ce temps le glorieux privilège de servir la cause de la religion et de l'ordre européen, dont cet admirable prince est le magnifiq;ue représentant. Nous la publions comme une pièce (Jui ne nous appartient pas, et que nous ne pouvons garder sans priver l'âme publique d'un grand secours. Elle va aux hommes qui aiment la justice et qui comprennent la grandeur ; elle est faite pour récompenser infiniment leur bonne volonté.
Les actes et les paroles de don Carlos d'Espagne sont d'un roi catholique. Dans un monde que la trahison du pouvoir et les fortunes de la sédition font également égioïste et stérile, son épée est le roc qui peut rendre aux âmes leur généreuse fécondité. Les héros se lèvent et grandissent autour de lui. En renouvelant la race des chefs, il a ressuscité celle des grands et nobles soldats. En peu de mois, il a créé une armée où vivent les belles et saintes énergies du bien.. Le pressentiment et l'allégresse des choses illustres se répandent à son nom. Ses bataillons de volontaires ont le sens de la bonne gloire. Ils offrent leur vie avec joie pour que l'autel, la patrie et l'honneur
ne périssent point. Un drapeau s'est levé enfin sous lequel l'obéissance est pleinement juste et pleinement glorieuse. Si notre âge obtient ce bienfait, c'est à don Carlos après Dieu qu'il le devra. Il aura donné l'exemple et fourni le modèle.
« A Monsieur Louis Veuillot.
» Il y a des écrits qui valent des batailles : les articles de VUnivers en faveur de ma cause sont autant de victoires à inscrire dans les annales de la lutte que j'ai engagée contre la Révolution.
» Vous avez compris que je ne poursuis pas seulement la revendication de ma couronne, et que la guerre que je fais est une guerre de régénération.
» La religion persécutée, la patrie agonisante, le droit méconnu, ont dicté l'attitude que j'ai prise, et que je maintiendrai, vis-à-vis de l'impiété, des erreurs, de la spoliation.
» Dieu qui, dans sa clémence, m'a donné jusqu'à ce jour la force de surmonter les épreuves semées sur mon chemin, voudra, j'en ai la confiance, m'accorder le triomphe que je lui demande dans l'intérêt de l'E glise catholique, des institutions sociales et de la monarchie.
» Vous m'avez vaillamment sontenu dans cette entreprise. Je vous en remercie.
» Carlos.
» Durango, 23 mars 1875. »