‹ Derniers mâelangesChapitre 133 sur 208 · DON CABRERA REPARAIT · texte numérisé non relu

DON CABRERA REPARAIT

que je crois avoir trouvé trois voies différentes pour y aboutir. La première voie a été déjà tracée. Si nous n'y arrivons par cette voie au bout de deux mois, nous nous engagerons dans la seconde voie. Si la seconde nous faisait défaut, arrivé à bout de patience, j'aurai recours à la force. {Note du correspondant : Cabrera voulait sans doute dire par là cfu'il prendrait le commandement en chef.)

» J'ai eu du malheur dès le oommencement de mon entreprise. Quand j'ai donné à une imprimerie de Paris le projet de convenio, je n'ai pas pu penser que M. Veuillot corromprait les ouvriers typographes pour (Ju'ils lui livrent un exemplaire. Si mon projet n'avait pas été divulgué, je serais déjà arrivé à mes fins. C'était une ruse de ce clown que je n'ai pas pu prévoir. Croit-on en Allemagne que j'ai la volonté et le pouvoir de mettre fin à notre misère? (Note du correspondant : Je lui répondis : Mon général, on V espère, mais on doute très fortement de la durée de la monarchie alphonsiste.)

» — C'est justement, reprit-il, ce qui me cause des soucis. Je n'ai pas renié mes principes, je suis toujours très conservateur. Je suis profondément affligé que le petit-fils de mon ancien maître soit incapable de comprendre ses intérêts. Autant j'ai d'estime pour sa femme, autant peu j'en ai pour lui. De là son inimitié. Cela me répugne de publier la preuve que depuis deux ans il s'efforce de gagner ma personne à sa cause. J'étais trop intimement convaincu qu'il ne réussirait pas pour ne pas plaindre les gens qui se sacrifient pour lui.

» On met en doute les sympathies que les peuples navarrais et basque professent pour moi. Je pourrais pourtant le prouver. Non seulement j'ai les officiers généraux carlistes pour moi, mais j'ai aussi la conviction que les fils de ceux qui ont combattu à mes côtés m'acclameraient si je mettais le pied sur le territoire espagnol.

» Certes, l'armée carliste a prouvé sa valeur réelle à Oteiza, mais elle succombera à la force numérique. »

On peut comparer ce langage à celui de don Carlos que l'on vient d'entendre.

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