LE " FRANÇAIS " PROPOSE LA PAIX
Nous sommes prêts dans les deux cas, sans considérer si un cas nous plaît plus que l'autre. C'est pour notre adversaire seulement q^ue la paix nous plaît mieux, puisqu'elle lui assure comme à nous un bien que la guerre, nous fût-elle contraire, ne pourrait ni nous ravir ni lui procurer.
Nous n'en dirons pas davantage sur la proposition du Français. Il désire la paix : la paix est faite, et elle durera tant qu'il voudra.
M. CLAUDIUS HEBRARD
2 juin.
Depuis plus de trente-cinq ans M. Hébrard s'est fait humblement, dans les lettres chrétiennes, une place qiui ne sera pas sans gloire. Il a été le poète très sensé, très honnête et quelquefois très éloquent des bonnes œuvres. S'il avait eu autant d'ambition qu'il a de talent, il aurait pu pousser assez loin sa fortune et donner à sa muse une couronne que les muses ont rarement dédaignée, je veux dire une couronne d'or. Mais, en vérité, ce ne sont pas ses affaires. Il est positivement désintéressé; tellement poète en ce point, je veux dire quant à l'or et quant à l'argent, qu'il semblerait ne pas appartenir à la race. Il en est cependant, et par l'inspiration et par le cœur, et même par la langue. Il fait de bons vers, bien nets, bien rimes, coulants et harmonieux et qui disent quelque chose. C'est même leur seul défaut. Pour tout avouer, il est classique de forme et de fond. Peut-être qu'il ne le sait pas. Il est classique d'instinct, voilà son travers. Jamais il ne via chercher midi à quatorze heures; jamais il n'a recours à l'étrange ni à l'excentrique. Cela ne lui vient pas ainsi. Il voit les choses comme elles sont, il les dit comme il les voit. S'il voulait les dire autrement, il croit peut-être qu'il n'y parviendrait pas; et s'il y parvenait, il est bien ca-