QUESTION TOLAIN SUR LE CATÉCHISME
que valeur qui obtenait quelque succès. Il rencontra un Clontradicteur qui lui fit du mal; en d'autres termes, qui lui enleva la faveur populaire, laquelle suivit les galuches, enlevées par rapplaudissement de Tragaldiabas et de Barrabas. Ce contradicteur était un ciseleur nommé Démétrius; le catéchiste se nommait Paul, et il avait été instruit par Jésus-Christ. Les Ephésiens le trouvèrent court, peut-être immoral. Tout rhonneur du combat fut d'abord pour Démétrius. Mais ni la fortune de Démétrius, ni l'infortune de Paul et d^u Cjatéchisme ne durèrent longtemps. Fortune, infortune, fors une, dit le logogriphe savoyard. Fortune de plaire à Barrabas et à Tragaldabas, infortune d,e plaire à Dieu. Mais fortune, fors une, c'està-dire sa'uf celle )de dire la vérité ; et infortune, fors une, c'est-à-dire sauf l'infortune de trahir la vérité. La vérité reste, la vie lui revient et la fortune lui demeure!.
Malgré le sUcoès de Démétrius, renouvelé cent mille fois aUx applaudissements enthousiastes de Barrabas et de Tragaldabas, qui se croient toujours vainqueurs, Paul est toujours l'iVpôtre des nations et le catéchisme toujours leur maître. Elles reviennent à lui, lorsqu'elles sont lasses de n'avoir plus de paix et plus de pain.
Quelquefois, souvent même, non seulement le catéchisme a été hué et bafoué devant les Chambres, la presse et le peuple, mais encore proscrit, et déclaré immoral par les lois et par les tribunaux. Aupurd'hui M. Tolain aurait quelque peine à obtenir ce succès. En vînt-il là néanmoins, comme il l'espère et comme il y tend, ce ne serait encore qu'une farce de courte durée, dont le cours amènerait d'autres affaires auxquelles son génie et sa morale ne suffiraient pas. Ceci n'a pas besoin de démonstration. Il faut des catéchismes comme il faut dlu pain. Essayez donc de. vous passer de la morale du catéchisme et de trouver encore du pain, même pour vous !
Ce qui est admirable, c'est de voir comme ces affreux niais se prennent au sérieux. Ils viennent tous
à tout propos, n'importe de quel côté, crier que l'Eglise est immorale dans ses doctrines et dans ses enseignements; ils en apportent la preuve, qu'ils viennent de trouver après deux mille ans de recherches, et ils demandent qu'on leur réponde. Tout à l'heure, messieurs, quand on aura le temps, ou quand vous vous croirez assez forts pour proscrire cette Eglise, qui importune vos lumières et vos vertus. Alors vous vous mettrez à l'œuvre et vous répondrez vous-mêmes.
Bientôt vous en aurez assez et vous serez contents, et l'Eglise, son catéchisme à la main, viendra panser vos blessures.