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III. — LE NOUVEAU CABINET

23 mai 1874.

Personne n'aurait cru qu'on en viendrait à bout si vite. En sept jours cette féconde France nouvelle a fourni quatre ministres nouveaux et quatre remis à

neuf. M. Tailhand est nouveau, M. Caillaux aussi, M. *** encore, et M. de Cumont, quoiqrie déjà illustre, n'a pas servi. MM. de Cissey, Fourtou, Magne et Decaze, avec ces nouveaux, font un réchauffé qui paraît très présentable, et voilà qu'enfin M. de Goulard peut souffler sur la lanterne.

Les honorables nouveaux ont un mauvais moment à passer. Jusqu'ici, il leur a été permis d'ignorer qu'ils ne pourraient suffire; demain ils le sauront à n'en plus douter. Pénible compensation au plaisir qui leur est promis et sur lequel ils peuvent computer, d'être" bientôt anciens ministres. Ils ne sont guère que deux cents de cette catégorie.

Quant à leur signification actuelle, leur mérite est de n'en avoir pas. S'ils ne sont point insignifiants par nature, ce qui n'est le cas d'aucun Français, ils le sont par destination. A sortir de là, ils avanceront le jour où ils devront regretter d'être nés.

Ils se proposent, dit-on, de rester six mois sans parler des lois constitutionnelles. Ensuite, cessant d'être hommes d'affaires pour devenir hommes politiques, ils songeront à vivre, et feront leurs paquets.

C'est le dernier miracle du régime parlementaire, semblable à plusieurs autres qu'il a déjà faits et à beaucoup d'autres qu'il fera.

L'insignifiance est donc à l'ordre du jour; mais le péril est d'en avoir trop.

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