NI CATHOLIQUE, NI CHRETIEN
27 mai 1874.
Un freluquet de soixante-trois ans, jadis pair de France en vertu de l'hérédité, mort depuis longtemps, vient de confier sa précieuse dépouille aux enfouisseurs civils conduits par M: Gambetta (1). Sur ses soixante-trois ans de présence à la surface de la poussière, cette seigneurie en a bien employé quarantecinq à méditer de tels coups d'éclat Un seul a réussi. Du haut de la tribune, il s'avisa de proclamer, sans nécessité laucune, luniquement par gentillesse, qu'il n'était ni catholique ni chrétien. Ll'effet fut grand et le coula. C'était sous Louis-Philippe, en face de Montalembert, son contemporain, qui ne le haïssait pas et tâchait sans fruit de l'amender. Il appartenait aux deux aristocraties, ne manquait ni de fortune, ni de brillant, ni de vices, ni d'ambition. Tout ne servit à rien. Les anciens de la pairie philippienne, qui certainement ne désiraient pas de mourir pour la Trinité, néanmoins n'agréèrent point son mot. Ils trouvèrent que cela sentait trop le faquin et la perruche, qu'ils étaient trop vieux pour l'entendre, que ce morveux de condition ne devait pas prendre le droit de les encanailler ainsi. Leurs murmures lui rabattirent le