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LES REVU1<:S

lottes, ces bons mouvements et ce bon esprit dureront sept ans, ou tout au moins six, puisque l'Assemblée nationale l'a décidé. Donc pendant sept ans, tout au moins pendant six, l'Etat avec l'armée, l'armée avec l'Etat, ne faisant qu'un, et c'est assez, rempliront la mission qui leur est confiée. Ils assureront l'ordre et la paix publique et maintiendront partout « l'autorité de la loi et le respect qui lui est dû. »

Figaro, figurant le grand peuple des gens honnêtes et sages, la vraie France, répond par des cris de foi et d'enthousiasme. Si la foi peut remuer des montagnes, Figaro produira ce miracle. Il croit au septennat, comme tout le monde, mais plus. Il a la foi qui aime, les autres n'ont que la foi qui estime. Il voit le septennat vainqueur. Le dernier paragraphe de l'ordre du jour lui paraît le gage et le bulletin de la victoire que tout ordre du jour doit constater. Il s'adresse aux « partis extrêmes » (sous l'empire on les appelait les vieux partis) : Faites bien attention, leur dit-il, et marchez^ droit, et n'allez pas trop loin; ces dernières paroles constatent votre défaite.

Il leur fait entendre, à peine poliment, qu'il y a une épée et qu'elle pourrait sortir du fourreau. Assurément, ce n'est pas nous qui dirons le contraire. Il y a même plus d'épées que de fourreaux. Toutefois cet avis du Figaro est dur. On éprouve nous ne savons quoi de désagréable à penser qu'il vient des moments où le Figaro, dans les secrets des dieux, conseillera et interprétera les lois auxquelles devra céder le monde. Mais à quoi bon discuter? Quand ce n'était pas Figaro, c'était un autre, et ce serait un autre si ce n'était plus lui. Ainsi le veut l'ordre que l'on doit maintenir.

Seulement, ce qui est un peu ennuyeux, c'est que le Figaro entreprend de convaincre ceux qui ont quelque chose sur le cœur contre le septennat. Il veut leur prouver qu'ils raisonnent mal. On le trouverait plus doux s'il se contentait de régner. Ne sait-il pas q;ue la raison du plus fort est toujours la meilleure?

Selon lui, le septennat pourrait être la forme définitive des sociétés, principalement parce qu'elle est infiniment provisoire. Qui empêche qu'il y ait un septennat à vie, ou sept fois sept septennats, pour commencer, et ensuite septante fois sept septennats ? L'essentiel est gue le mot septennat s'y trouve. A force de l'entendre, on s'y habituerait, et l'on irait de septennat en septennat jusqu'à la consommation des siècles. Ces idées sont ingénieuses, mais il y a des esprits qu'elles importunent. Pourquoi violenter de pauvres citoyens, dont plusieurs sont aimables, en leur montrant tant et tant de septennats, lorsque la loi n'en impose qu'un et permet même de souhaiter qu'il ne reste pas sept ans. « Non, dit le Figaro, c'est criminel. Il y a là une agitation factice contre laquelle il importe de réagir vigoureusement. » Vigoureusement? Est-ce que vous jugeriez utile de les mettre au bagne ou de leur percer la langue? On vous trouverait sévères.

Nous pensons, nous gui supportons le septennat et qui voulons observer la lettre de la loi, quand elle sera faite, qu'il serait bon d'y insérer un article pour défendre aux amis du septennat d'exiger qu'on l'adore, et même d'en parler. Cet article ferait grand bien à l'institution.

Pour revenir à notre sujet, en terminant, et pour dire toute notre pensée sur la revue et les revues futures, nous croyons aussi, dans les conditions où se trouve la France, qu'il serait bon et séant que les revues eussent lieu sans tambour, ni trompette, sans drapeau, ni bulletin. Des revues en deuil conviennent à une nation battue. Car nous sommes une nation battue, très battue, dont l'ample défaite a payé les anciennes gloires et qui a payé amplement sa défaite.

Il nous semble que cette armée qui a versé tant de sang, couchée encore sur son lit d'ambulance, mutilée comme elle l'est, ne devrait pas être soumise à l'humiliation de sonner des fanfares.

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Nous souhaiterions aussi, et même davantage, qu'on ne la fît pas parader le dimanche et qu'on lui laissât ce jour-là quelque liberté d'aller à la messe. C'est son devoir d'aller à la messe le dimanche; qu'elle ait au moins la possibilité de le remplir. Nous pensons que la loi récente, qui a voulu lui procurer cet avantage, est investie de la même autorité et a droit au même respect que celle par laquelle est institué le septennat. M. le maréchal de Mac-Mahon ne serait pas moins honoré parce que son gouvernement saurait, en cela du moins, honorer Dieu.

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